
Quand je pense que ma patrie, devenue par la force des choses Bénin, était prête à faire la guerre au Niger, ou plus exactement à servir de couvert et de tête de pont à une intervention française au Niger aussi illégale que crapuleuse, non seulement je suis sidéré, et honteux, révolté et abattu. Je me demande à quoi ont servi tous mes sacrifices, tout mon combat. A quoi a servi ma mort en exil. Et me retournant dans ma tombe, je me demande tout bas :
« Mes successeurs soi-disant présidents n’ont donc pas de personnalité ? C’est donc bien vrai qu’ils ne s’appartiennent pas ? Qu’ils n’ont pas de volonté propre ? Qu’ils sont incapables de prendre en compte les intérêts vitaux de leurs peuples ? La mise hors jeux des peuples dans les régimes africains auxquels les Blancs accordent volontiers le label démocratique est-elle si vraie que ça ? Ces soi disant dirigeants sont-ils là seulement pour servir les Blancs ? »
C’est pour ça que depuis 60 ans d’indépendance ils ne trouvent rien à redire à la langue Française imposée à nos enfants et qui les aliène, au franc CFA qui fait d’eux des esclaves sur notre propre terre. On croirait rêver !
Africains, Dahoméens, Béninois debout ! Mieux vaut être un lion mort qu’un chien vivant ! L’Afrique, enfin libre ou la mort, nous vaincrons !
Ahoponù Bernard
