Mandela Libéré : 32 ans Déjà !

Nelson Mandela et Winnie. Trevor SAMSON/AFP

Le 11 février 1990, après 27 années et 190 jours de prison, le Sud-Africain Nelson Mandela qui avait été condamné à la réclusion à la perpétuité au plus fort de la période de ségrégation raciale, retrouve la liberté. Retour en cinq questions sur les circonstances et les conséquences de cette libération dont les images avaient fait à l’époque le tour du monde. Entretien avec Jean Guiloineau, biographe (1) du dirigeant historique noir et futur président de l’Afrique du Sud démocratique et multiraciale.

Jean Guiloineau : L’évènement principal dont la sortie de prison de Nelson Mandela n’était qu’une des conséquences, c’était l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir à Moscou. Les réformes engagées par ce dernier ont conduit à la chute des régimes communistes en Europe. C’est la fin de la guerre froide et la fin de la politique internationale fondée sur les rivalités entre les deux superpuissances qu’étaient alors les États-Unis et l’Union soviétique. L’Afrique du Sud était l’un des principaux alliés de Washington sur le continent africain pendant la Guerre froide. Or dans les années 1980, avec les signes d’essoufflement du communisme, cette alliance était devenue encombrante pour les États-Unis, d’autant que la majorité noire, victime de terribles violences policières, était proche de l’explosion. Sous la pression de Washington, Pretoria n’avait d’autre choix que de négocier avec le Congrès national africain (ANC) et notamment avec son dirigeant Nelson Mandela, qui s’était imposé comme le leader incontournable de la majorité noire du pays. Les négociations ont commencé dès 1987 sous le président Pieter Botha et ont été menées à leur terme par Frederik de Klerk qui annonça au Parlement le 1er février 1990 la décision de son gouvernement de libérer Mandela. Lapartheid sera officiellement aboli en juin 1991. À mon avis, rien ne symbolise le changement de paradigme politique à l’époque que l’incident qui a eu lieu au début des négociations. Mandela qui est encore en prison était invité à prendre le thé à la présidence par le couple présidentiel. A l’entrée du salon où Pieter Botha et sa femme attendent leur invité, le ministre de la Justice qui est en quelque sorte le geôlier en chef de Mandela et qui l’accompagne, se rend compte tout d’un coup que les lacets des chaussures de Mandela étaient défaits. Qu’est-ce qu’il fait ? Le ministre s’agenouille pour faire les lacets du plus célèbre prisonnier du monde sous sa charge. Tout un symbole !

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