Afrique : Des Autres et Nous

Tous les fléaux africains tombent-ils du ciel comme des criquets ? La plupart des travers qui minent ou qui ont miné l’Afrique ont toujours eu l’air d’être exogènes. Ce qui nous conduit à nous complaire dans l’accusation des autres pour ce qui est de nos malheurs. Certes dans nombre de ces malheurs, les autres ne sont pas de tout repos, mais l’Africain lui-même n’est pas et n’a pas été en reste.

Chacun de nos malheurs dont nous attribuons sans nuance les causes aux autres a souvent commencé par nous-mêmes. Ils sont des vices endogènes que les autres, les Blancs  – Européens chrétiens et Arabo-musulmans –, ont eu à récupérer, à transformer, à exploiter et à aggraver le cas échéant.

Tel est le cas de l’esclavage que nous n’avions attendu ni les Arabes ni les Européens pour pratiquer. Tel est le cas de la colonisation qui n’est qu’une forme d’esclavage et que les différents rapports de soumission entre royaumes, de vassalisation, de contrainte au paiement de tribut, de dépendance en tout genre illustrent bien.

Tel est aussi le cas des guerres qui déchirent le continent aujourd’hui mais qui existaient avant leur instrumentalisation géopolitique par les Blancs dans le cadre du colonialisme ou du néocolonialisme..

Enfin, que dire de  la mauvaise gouvernance et de la corruption sinon qu’elles sont d’abord et avant tout des travers endémiques à l’Afrique.

Par exemple, dans les années 90, si les Blancs ont décidé de remettre la démocratie au goût du jour en Afrique alors que, jusque-là, c’étaient eux-mêmes qui créaient et parrainaient des régimes dictatoriaux pour protéger leurs intérêts matériels et idéologiques, c’est parce que ces régimes dictatoriaux en étaient arrivés à faire pire que le Blanc pouvait imaginer dans ses pires cauchemars – que ce soit en matière de répression des peuples comme de corruption ou de mauvaise gouvernance. Si on considère par exemple le fléau de la corruption, si les Occidentaux qui pillent nos ressources sont obligés de retourner dans nos pays les sommes volées par certains dictateurs, ou saisir des biens mal acquis et poursuivre leurs détendeurs, c’est parce qu’ils se rendent compte que nous donnons dans la démesure dans l’art de nuire à nos propres pays, à nos propres peuples et qu’eux-mêmes n’en attendaient pas tant.

Ainsi tout le monde sait qu’il a été de l’intérêt de la France que M. Ouattara remplaçât Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire, et elle n’a pas hésité à exercer toutes les violences politiques, diplomatiques et militaires imaginables à cet effet. Mais aujourd’hui pourtant, il n’est pas sûr que la France approuve la folie du troisième mandat de Ouattara.

Les exemples sont légion qui montrent à suffisance qu’en définitive le malheur africain est d’origine africaine ; et que l’accusation systématique et commode des autres fait aussi partie de ce malheur dont il tend à subvertir par dénégation la structure causale.

Adenifuja Bolaji

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