Afrique : Les Enjeux de nos Valeurs

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Maintes valeurs et traditions africaines contiennent des richesses humaines incomparables. Celles-ci,  comme l’or, parfois sont retenues dans une gangue  de pratiques et de croyances moins dignes de fierté, et qu’il faudrait écarter pour accéder à leur pleine vertu. Ce travail de revalorisation – véritable orpaillage – doit faire partie du programme de renaissance  africaine. Celle-ci devant comporter un volet politique et économique (Intégrations régionales et Union continentale, Monnaie unique et ou commune) ; un volet  culturel (Résurrection active de nos langues, adoption d’un système d’écriture idéographique qui, à l’instar du système chinois, sur la base d’une unité de signifiant et de signifié préserve la diversité phonétique et identitaire des langues africaines.

Et,  bien entendu, un volet symbolique et axiologique, qui remet les religions ancestrales au centre de nos croyances, et donne toute leur importance aux valeurs africaines endogènes.  Un exemple de ces valeurs endogènes est donné par le post de notre ami Alao Bissiriou concernant la différence entre le gari et le pain, non pas d’un point de vue nutritionnel mais d’un point de vue social en rapport avec l’acheteur. Alao Bissiriou attire notre attention sur le fait que l’acheteur du gari peut goûter au gari avant de (voire sans) l’acheter, alors que s’il goûte au pain c’est qu’il l’a déjà acheté. Il y a donc en Afrique des choses auxquelles on peut goûter avant de les acheter contrairement à ce qu’il se passe en Occident ou avec les objets ou produits occidentaux. Ceci va de pair d’ailleurs avec l’habitude du marchandage, un art qui requiert une certaine compétence. Derrière cette différence en apparence banale se profile un système de valeurs qui en dit long sur notre humanité en Afrique.

De même en Afrique, l’argent en tant que concept  exogène médium d’échange de toute chose a beau pourrir les mœurs et les pratiques des Africains par rapport aux modes d’échange endogènes d’antan, on continue toujours de bénéficier dans l’espace culturel africain de la priorité donnée à la gratuité des spectacles d’art, de danse et de chanson traditionnels, et ce conformément  aux valeurs transmises par nos ancêtres pour qui l’art et le commerce relevaient de deux domaines distincts ; ce qui est au principe des fêtes et réjouissances familiales, communautaires et populaires.

Puissent ces pratiques et valeurs qui nous distinguent en Afrique continuer à exister comme pierre de touche de notre  humanité, dans un monde où les mystères qui environnent la pandémie du Covid-19  nous laissent deviner à quelle extrémité de déshumanité une minorité des hommes piaffe d’impatience d’embarquer la grande majorité des hommes.

Adenifuja Bolaji

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