Robert Mugabe, ce Héros Africain

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On peut faire une typologie sommaire des sorts que la crapuleuse internationale du capitalisme  dominé par l’Occident réserve aux dirigeants des nations non-occidentales – plus précisément aux Africains et aux Arabes – dans leur volonté égoïste de surveiller et punir, dominer et piller.

1. La Toutouïfication : c’est le fait de faire d’un dirigeant un toutou serviable ; et dans ce cas, ils lui trouvent toutes les qualités du monde, grossissent ses traits avantageux et passent sous silence ceux qui le sont moins. Ces recrus de la toutouïfication sont légion et sont plus ou moins célèbres. En apparence leurs images relatives peuvent dépareiller les unes par rapport aux autres, mais elles s’unifient sous le rapport du service unique qu’ils rendent à l’occident : vigiles et serviteurs locaux de ses intérêts.

A n’en pas douter, le paradigme le plus réussi de ces toutous est Nelson Mandela, dont la bonté et la bonne volonté ont été savamment manipulées, abusées. Ce qui a permis de faire avaler des couleuvres aux Sud-Africains pour perpétuer la domination du capitalisme occidental, c’est-à-dire blanc dans ce pays qui prétend avoir mis à bas l’apartheid, alors que le racisme qui l’inspire reste actif et vivace. C’est dire que, quelque part, le démantèlement supposé de l’apartheid en Afrique du Sud n’est pas sans ressembler à la soi-disant vague des indépendances qui a balayé l’Afrique dans le sillage de la fin de la deuxième guerre mondiale et des résolutions éthiques qui en découlèrent, que contredit la logique de prise en main qui prédomine aujourd’hui. Parmi ces toutous secondaires, citons le bestiaire présidentiel domestiqué du système Françafrique composé des Ouattara, Biya, Bongo et autres  Eyadema ou Sassou N’guesso, tous autocrates ou voleurs d’élections mais dont l’Occident, si prompt à baptiser ses ennemis, ne dispose pour eux d’aucun qualificatif particulier en stock.

2. L’Assassinat : c’est le sort réservé au récalcitrant pris dans un jeu géopolitique où l’Occident estime qu’il a la voie libre pour donner libre cours à sa barbarie viscérale historique. On a tué Sankara ou Kadhafi parce que c’étaient des récalcitrants géopolitiquement à découvert, solitaires. Mais on n’a pas pu tuer Robert Mugabe parce qu’il avait l’avantage d’appartenir au giron culturel, politique et historique de l’Afrique du Sud, une zone très sensible aux intérêts du capitalisme occidental et où la moindre incartade crapuleuse pourrait mettre le feu aux poudres.

3. La Dictatorification : c’est une forme classique de diabolisation politique. Parce que le coût politique de son assassinat était trop élevé, les Occidentaux ont laissé vivre Mugabe, mais non sans l’avoir décrété ou fait dictateur, comme en son temps ( de la guerre froide, où il jouissait de la couverture de l’URSS), ils ont décrété et fait dictateur le grand héros de la résistance africaine qu’est Sékou Touré. Dans le même temps, ils osaient qualifier leur ludion régional Houphouët Boigny de sage de l’Afrique, entendez la sagesse de donner ses frères et pairs africains intègres à l’abattoir implacable du néo-colonialisme français.

4. La Cépéïfication : C’est la mise en jeu de la CPI dans l’élimination d’un dirigeant politique gênant ou récalcitrant. C’est donc une sorte d’élimination politique. Ce sort est surtout réservé à certains récalcitrants dont le degré avancé d’aliénation culturelle donne l’espoir que la prison pourrait les amener à résipiscence, et adoucir la hargne initiale qu’il mettait dans la lutte pour les intérêts de leur peuple. Cette intervention permet de faire place nette pour l’entrée en scène d’un toutou.

Cette typologie délibérément fantaisiste dans ses dénominations, rend raison du sort qui est fait à l’image d’un grand Héros de la cause nationale zimbabwéenne et africaine comme Robert Mugabe, qui vient de mourir à 95 ans, et que l’Occident dans son impénitence congénitale qualifie de « dictateur qui a ruiné son pays », alors qu’il y a poussé grandement.

De ce grand Héros Africain irréductible qui vient de nous quitter voilà ce qu’écrivait il y a quelques années, Phathekile Holomisa, l’actuel secrétaire d’État sud Africain à la justice. Une appréciation dont la pertinence n’a pas pris une ride.


Pourquoi Mugabe est un Véritable Héros Africain

par Phathekile Holomisa

Blog1.jpgPeu de temps après la clôture des élections législatives au Zimbabwe le mois dernier, je suis tombé sur un article de journal sud-africain, dont le titre m’a fait m’émerveiller devant la témérité du président Robert Mugabe dans sa détermination à renverser l’héritage du colonialisme.

L’intitulé suggérait que le Zimbabwe allait acquérir de force des mines dans d’autres pays – et pour une raison quelconque, je pensais que ces mines étaient en Europe. En lisant l’article intitulé « Le Zimbabwe expose un plan pour saisir les mines étrangères », il est apparu que le journaliste parlait de la politique du pays consistant à acquérir 51% des actions de sociétés étrangères ayant des intérêts miniers au Zimbabwe. Le journaliste pense que les mines qui se trouvent au Zimbabwe peuvent être considérées comme étrangères.

Cette rubrique m’a rappelé une banderole brandie par des citoyens américains qui protestaient contre l’invasion armée de l’Irak par leur pays. La bannière a crié: « Que veut notre pétrole sous leur sable? »

Il n’y avait pas de meilleur moyen d’expliquer la véritable raison de l’attaque non provoquée des États-Unis contre l’Irak. Le pétrole sous terre irakienne appartenait aux États-Unis et le refus de Saddam Hussein de le mettre à la disposition du président George W. Bush était une justification suffisante de l’invasion.

Je me suis toujours intéressé aux développements économiques sociopolitiques au Zimbabwe. Les politiques de réforme agraire et d’indigénisation économique du pays me fascinent. Ma fascination est partagée par d’autres Africains. Il existe une admiration secrète et envieuse pour ces politiques. C’est secret parce que les propriétaires de capitaux étrangers s’opposent à l’indigénisation.

L’admiration est envieuse parce que Mugabe a le courage d’affirmer que la terre et les ressources naturelles appartiennent au Zimbabwe – une conviction qui a cruellement besoin de courage dans le reste du continent africain. C’est la raison des applaudissements retentissants que l’apparition de Mugabe évoque à la fois auprès de ses collègues chefs d’État et des Africains lors de rassemblements publics.

Les critiques de Mugabe parleront abondamment de l’état déplorable de l’économie. Ils parlent longuement du déni des droits politiques et des droits de l’homme dans ce pays.

Pourtant, depuis 1980, année de l’indépendance, élection après élection, les Zimbabwéens votent pour que Mugabe revienne au pouvoir. Il a 89 ans et beaucoup de gens ont souffert sous son règne. La question à laquelle il faut répondre est de savoir pourquoi les Zimbabwéens veulent toujours qu’il règne. Mettez de côté le discours sur la crainte de la brutalité des forces de sécurité et de la manipulation des élections – les membres des forces de sécurité sont des citoyens du pays et ne sont pas à l’abri des privations causées par l’état de l’économie.

Je n’ai pas encore entendu ces critiques exprimer leurs points de vue sur les politiques d’indigénisation du parti et du gouvernement Zanu-PF de Mugabe. Tout ce que j’ai entendu, c’est que ces politiques effraient les investisseurs. Les luttes anticoloniales et de libération au Zimbabwe, comme dans d’autres pays, ont été menées dans le but de récupérer des terres et des ressources naturelles volées par des colons.

La conclusion de ces luttes a été l’obtention de la liberté et la restauration des terres et des ressources naturelles à leurs propriétaires. L’obtention de la liberté sans la restauration de la terre et des ressources naturelles ne suffit pas. Tout mouvement de libération qui décide de se reposer sur ses lauriers avant la réalisation du deuxième objectif de la lutte trahit l’esprit de ses fondateurs.

Les Zimbabwéens sont un peuple intelligent et instruit. Mugabe, qui a sept diplômes, est un Africain sans complexe qui connaît les habitudes du Blanc comme le sien. Contrairement à d’autres Africains éduqués, dont la sophistication sert à compliquer encore les choses, il parvient à simplifier les problèmes pour la compréhension de l’homme du commun.

Appelez-moi son griot, si vous voulez, mais l’écouter raconter l’histoire des luttes anticoloniales et de libération, dévoiler les machinations des nations occidentales grâce à leurs principes et politiques économiques égoïstes, est un plaisir à vivre.

Lorsque les gouvernements britannique et américain de Tony Blair et de George W. Bush ont renié l’engagement pris par leurs prédécesseurs respectifs, Margaret Thatcher et Ronald Reagan, de verser des fonds pour indemniser les anciens rhodésiens dont les terres devaient être restituées aux Zimbabwéens, le gouvernement de Mugabe a réformé sans le versement d’une indemnité. Son gouvernement n’avait pas l’argent et les Zimbabwéens ordinaires avaient pris l’initiative de récupérer les terres par eux-mêmes.

Vous voyez, ces communautés pouvaient toujours identifier les vestiges des huttes dans lesquelles se trouvaient leurs terres avant d’être déplacées de force.

Les terres restaurées ont été divisées en plusieurs catégories pour l’établissement de communautés et l’agriculture de subsistance, l’achat d’exploitations par des personnes pouvant accéder à des prêts, la préservation des domaines pour assurer une production alimentaire durable, des terres stratégiques à des fins publiques, ainsi que des réserves de gibier pour les préservations de la faune. À la suite de cette intervention décisive, vous avez maintenant au Zimbabwe une communauté paysanne possédant des terres, qui exploite ces terres de manière productive, malgré le manque d’investissements étrangers. S’ils s’associaient avec des investisseurs étrangers, ces Zimbabwéens feraient honte aux agriculteurs établis.

Les politiques d’indigénisation dans le secteur minier ont ajouté à la classe moyenne possédant des terres en créant des entrepreneurs miniers. Ce sont des personnes qui ont profité de la disponibilité des actions de l’État dans des sociétés à capitaux étrangers. D’après ce que je comprends de cette participation, l’État, en tant que propriétaire des ressources minérales, a droit à 51%. Une partie de ces 51% appartient à la communauté sur laquelle les minéraux sont trouvés. Un autre pourcentage est dû aux employés de l’entreprise. Un autre est mis à la disposition des entrepreneurs qui peuvent les acheter. Le reste est utilisé par l’État au profit du pays.

Les Zimbabwéens ne doivent pas simplement être des employés de sociétés étrangères exploitant leurs ressources naturelles, ils doivent également être copropriétaires de la richesse, richesse qui est utilisée pour construire des écoles, des cliniques, des routes et d’autres commodités. Les Zimbabwéens ne sont pas seulement des partenaires de ces investisseurs, ils sont également des partenaires principaux dont les capitaux propres sont leurs ressources naturelles.

Le fait que certains corrompent le système ne peut pas être entièrement imputé à Mugabe. Ce qu’il faut faire, c’est que la société civile intensifie sa campagne visant à éradiquer la corruption afin de s’assurer que les objectifs de la politique ne soient pas vaincus.

L’argent généré par leur mise en œuvre rationnelle et sans corruption pourrait suffire à ouvrir de nouvelles industries et à revitaliser celles qui ont été contraintes de s’effondrer par l’imposition de sanctions par les pays occidentaux opposés à la politique de Mugabe.

L’Occident doit maintenant cesser de gaspiller ses énergies en cherchant un changement de régime face aux souffrances des Zimbabwéens. Les minéraux sous terre zimbabwéenne appartiennent au Zimbabwe et tous ceux qui en ont besoin doivent rejoindre les Zimbabwéens sur cette base. Un tel changement d’attitude aiderait les timides à avoir l’audace de mener à bien la révolution.


Amandla Bitokhile

Obasanjo Rend un Vibrant Hommage à Mugabe, Chargé d’Histoire

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