Éthique et Étiquette : Quand la Tradition Africaine Fout le Camp

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zinsou michèle 1Cet article  sur les codes de salutations japonais rappelle les Us et Coutumes africains en la matière qui  variant d’un pays a l’autre du continent, visent toutes a instaurer dans les communautés et même dans certaines sociétés dites modernisées,  des codes de salutations que l’on peut résumer comme suit :

Dans les communautés:

1. Le fléchissement du genou en baissant la tête est un signe de respect.

– Salutation du Pater Familias

Les enfants saluent le Pater Familias en fléchissant le genou droit et la tête vers le bas.

la Femme aussi incline légèrement le genou et la tête devant son mari.

– Salutation de la Mère, la Mama

Ni le mari ni les enfants ne fléchissent le genou devant elle, sauf les femmes âgées et gardiennes des traditions reçoivent allégeance de tous.

– Salutation des parents autres que la famille nucléaire et des autres membres de la Société:

les Anciens, les oncles et les tantes ont droit a une allégeance des autres membres de la famille tête baissée et tous sexes confondus parce qu’ils sont considérés comme les gardiens des traditions du Patriarcat et du matriarcat.

A toutes ces salutations sont données des réponses bien précises comme pour apprécier le dégrée de politesse de chacun.

2. Les formes de salutation suprême/respect aux têtes couronnées, aux  Hommes Politiques et aux illustres visiteurs sont faites a travers chants et danses traditionnels, sons de tam-tam dont la résonance et la durée varient selon l’importance de la personne.

Il y a également des instruments de musique qui ne sont joués que pour les têtes couronnées et les illustres hôtes pour les saluer et dire leurs louanges car l’Africain vante les hauts faits de ceux qui ont le pouvoir et le plus souvent en les appelant par leurs noms forts qui décrivent leurs qualités et valeurs intrinsèques.

Thomas Sankara a salué François Mitterrand en lui remettant à sa descente d’avion un magnifique mouton blanc…pratique utilisée pour les hôtes de grande marque au Burkina Faso, cela ne lui a jamais été pardonné.

Les tenues d’apparat, les pagnes portés par les femmes ont leur langage dont certains font partie du rituel de salutations.

En Afrique, le Code des salutations est intimement lié au Code du savoir-vivre et depuis des temps immémoriaux, les autres continents ont toujours été frappés par la variété des marques de civilités réglant les rapports sociaux entre les africains : expressions verbales, expressions gestuelles propres  à attirer et entretenir la sympathie, mais aussi, première articulation de la communication  sociale qui crée le contact, favorise l’agrégation a un groupe.

C’est comme cela que l’Africain pendant les échanges de salutations en général plus longs qu’ailleurs, apprend a connaitre les intentions de son interlocuteur et sa disposition d’esprit.

Aujourd’hui, la communication a beaucoup perdu de son alliée la bienséance, car on salue tête haute avec la main tendue a son interlocuteur et avec des mots empruntés à l’anglais, langue universelle ou en français, avec des claquements de doigts et des embrassades et parfois têtes collées l’une a l’autre comme au Sénégal.

Dans nos sociétés dites modernisées, les enfants saluent leurs parents, leurs professeurs, leurs camarades de classe en les appelant par leurs prénoms.

La jeunesse ignore tout des lois qui gouvernaient les sociétés traditionnelles mais excelle dans les technologies modernes de la communication ou tout va très vite même les codes de salutations.

Les femmes sont affranchies et saluent la tête haute, trop haute parfois pour certains, alors qu’il n’y a pas longtemps encore, quand un homme croisant une connaissance féminine sur son chemin, répondait sans s’arrêter pour ne pas la regarder dans les yeux.

C’est la marche du monde…

Mais ne marchons-nous pas sur la tête parfois ?

 Alors que dans la plupart des pays asiatiques, et dans la vie publique, les codes de salutation ancestraux ont été gardés intacts, nous singeons les pratiques françaises en la matière, ce qui nous ridiculise malheureusement d’autant plus que nous le faisons dans notre langue maternelle d’emprunt.

Chez nous en Afrique, il  n’y a plus d’éthique ni d’étiquettes… propres a notre civilisation, nous utilisons celles de l’envahisseur.

Michèle Abègnonhou

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