
Le type qui dirige la Commission Électorale Indépendante du Nigeria (l’INEC, l’équivalent de nos CENI ou CENA) arbore fièrement le titre de Professeur. C’est ainsi que nombre de diplômés africains – qui ne se sont battus plus ou moins honnêtement pour ces parchemins pompeux qu’à cette fin honorifique – se font qualifier dans l’espace social : Prof., Docteur, Maître, Ingénieur, et tutti quanti…
Or voici les prouesses affligeantes de ce héros africain de la bêtise qui se dit prof. Non seulement il n’est pas fichu de mener à bien la tâche d’organisation des élections pour laquelle il est payé dans le temps imparti et dont la répercussion de l’exactitude sur la vie de ses concitoyens n’est plus à démontrer, mais il est incapable de faire savoir son échec avant le jour des élections, ne serait-ce que pour en limiter les dégâts et les inconvénient pour ceux-ci.
Ou bien on a voulu l’instrumentaliser à des fins frauduleuses et il démissionne en sortant la tête haute de ces intrigues machiavéliennes, ou bien il se tait et il est complice ; ou bien il est incompétent et fait payer son incurie à tout un pays.
Et vous appelez-ça Prof ? On a beau se faire appeler Professeur, on demeure un Africain, car malheureusement, aussi choquante que soit cette vérité, ce qui est arrivé au Nigeria hier ne peut arriver qu’en Afrique !
Aminou Balogun
