Appel à l’ONU pour une Mise à Jour des Critères d’Appréciation de la Condition Humaine

Blog1

L’Afrique est enfermée dans une farce d’assujettissement permanente, basée sur un anachronisme conceptuel savamment entretenu.  Les organisations internationales, l’ONU en tête, apprécient la condition des états et des peuples à partir de données, de considérations formelles et de définitions datant d’une époque ancienne. Elles considèrent ces références comme immuables,  figées de toute éternité dans le marbre des conventions internationales.

Ainsi, pour l’ONU, les Africains du 21ème siècle que nous sommes ne sont pas colonisés, encore moins des esclaves. Pourquoi ? Parce que pour elle, la colonisation pour autant qu’elle soit condamnable, c’est lorsqu’une nation plus puissante s’en impose à une autre, la domine, l’administre directement par ses  administrateurs appelés des colons. La colonisation c’est donc ce qui se faisait au 20ème siècle, et qui est censé avoir pris fin en Afrique dans les années 60. Alors, il y avait des gouverneurs blancs, une administration animée par des colons blancs qui réglementaient la vie des Africains dans ses moindres détails, exploitaient l’Afrique dans leur intérêt, la privant de son droit à l’autodétermination.

C’est ce rapport qu’a réprouvé l’ONU, en approuvant dans sa charte le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. En cela,  elle a aidé les nations africaines à accéder à l’indépendance, c’est-à-dire leur libération du joug colonial. Bien avant la colonisation, et toujours en Afrique, pratiqués par les mêmes puissances occidentales, il y avait l’esclavage et la traite négrière. La traite négrière se définissait alors par le fait que des Blancs allaient en  Afrique provoquer, encourager ou alimenter des guerres ou des conflits, à l’issue desquels ils récoltaient les prisonniers qui en résultaient pour aller les vendre dans les Amériques. L’esclavage étant alors la nouvelle condition faite à ces prisonniers une fois revendus en Amérique à des maîtres ; ceux-ci avaient sur les esclaves droit de vie et de mort comme sur des bêtes ou des objets. En attestent les dispositions du fameux code noir qui considère le Noir comme un bien meuble de son maître.

Pour l’ONU, bien qu’elles soient historiquement situées, hors de ces définitions, il n’y a pas péril en la demeure,  pas de quoi fouetter un chat. Et puis, comme on sait, dans la nuit de l’oppression,  tous les chats sont   gris pour ne pas dire noirs. Or si le monde évolue, la disposition maléfique des hommes elle ne change pas ; elle persévère dans son être par adaptation aux nouvelles conditions du monde. On a soi-disant mis fin à l’esclavage, et le colonialisme en a pris le relais. Sous leur différence apparente, en vérité il n’y a aucune différence de fond entre les deux systèmes : ils sont animés par la même intention maléfique, le même racisme et la même cupidité. La même intention maléfique, le même racisme et la même cupidité sont à l’œuvre de nos jours dans les rapports de l’Afrique avec l’Occident.

Dans ces conditions,  l’ONU ne peut pas se contenter  d’apprécier la condition humaine des Africains à partir de critères datant d’une époque qu’elle sait révolue. Pour autant qu’elle soit soucieuse de l’effective justice internationale et du droit des peuples à véritablement disposer d’eux-mêmes, elle doit faire son aggiornamento en procédant à une mise à jour des concepts et des critères d’appréciation de la condition humaine. Faute de quoi, elle apparaîtra comme complice, sinon le bras institutionnel de l’esclavagisme occidental en Afrique dont l’un des modèles décriés est celui connu sous le nom tristement célèbre de Françafrique.

Adenifuja Bolaji

copyright5

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s