Verbatim : Discours d’Adieu de Rosine Soglo, l’Immortelle

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Je suis revenue de Paris en bonne santé, Dieu merci ! Vous savez, l’âge est là, j’ai 84 ans passés. Je ne suis plus une jeune fille, et je sais que je dois me modérer. J’ai écouté en arrivant l’interview de Monsieur Joël Aïvo sur la révision du code électorale. Il a fait le tour de la question, il a tout dit, je suis d’accord à 100% avec lui. Talon, je ne sais pas ce qui le prend dans notre pays, je constate avec tristesse et surtout avec regret qu’au lieu d’avancer comme dans certains pays, de faire des petits pas comme le disait Aimé Césaire, nous régressons. C’est dommage car c’est le peuple qui souffre. Nous avons affaire à une oligarchie, c’est vrai, l’argent n’a jamais autant circulé. Et on a entendu la population dire : «  si tu ne me paies pas, je ne voterai pas pour toi ». Nous en sommes là aujourd’hui. Pendant ce temps, ce qui m’importe le plu moi, c’est la population, le niveau de vie de mes compatriotes. Comment ils sont, c’est ça qui m’importe le plus. Toutes les lois électorales du monde n’empêcheront rien du tout. Le jour où le peuple souverain se mettra en marche que deviendront toutes ces lois concoctées juste sur mesure personnelle ? Tout est personnel avec ce régime. Si on prend une loi c’est pour nettoyer quelqu’un, c’est contre quelqu’un, mais où est l’intérêt général ? Hélas, je ne le vois pas. Je suis aveugle, mais j’entends ce qu’on me rapporte, comment le peuple vit actuellement, dans qu’elle misère il croupit. C’est l’état du peuple actuellement qui m’importe, tout le reste n’est que de la « parole verbale »

Je vais terminer en disant ceci : j’ai écouté ce que mon collègue Guy Mitopè a dit à l’Assemblée Nationale. Je n’ai pas un mot à rajouter à ce qu’il a dit : Bravo ! Le jour où le peuple souverain va se mettre en marche, ce qui va arriver – que je ne souhaite pas et contre lequel je prie de toute mon âme – c’est la guerre civile. On nous oblige à sortir de nous-mêmes.

On a eu beaucoup d’espoir à l’avènement de Monsieur Patrice Talon. On s’est dit, il sait gérer une entreprise, mais un pays ce n’est pas u ne entreprise, il appartient à tout le monde. Dans une entreprise, vous pouvez mettre quelqu’un à la porte, même si la loi vous oblige à l’indemniser. Mais vous ne pouvez mettre personne à la porte de son pays. Quand j’entends qu’on enlève les passeports, mais qu’est-ce que c’est que ça ?On est citoyen d’un pays ou on ne l’est pas. Je suis Dahoméenne/Béninoise et on ne me l’enlèvera pas. On est tombé sur la tête : on enlève ceci, on te fait des redressements par-ci, on te met en prison par-là. C’est le goulag ! On est retourné à Staline ! Il semble que les Russes en sont sortis, on a vu comment.

Moi, je ne peux plus hélas ! Je suis trop vieille, je suis aveugle, je suis impotente. Je suis comme on dit, un cadavre ambulant. Mais je suis capable encore de parler. Et je dis : « Peuple Béninois, mes Frères, mes Sœurs, mes Enfants !  Ecoutez-moi bien ! » Personne ne peut venir à votre secours. Si vous croyez ça vous vous trompez. Il n’y a vous seuls qui pouvez vous sauver vous-mêmes. On vous traite de poire, j’ai fini par croire qu’on a raison. Alors, debout les Enfants. ! On ne peut pas être libre sans y mettre un peu de  soi-même. La liberté se paie très cher, l’indépendance aussi. Alors, debout, mes Enfants et commencez à dire « Non, on ne veut plus de ça ! » C’est la vieille dame qui vous le dit. Et n’oubliez pas. Demain, je vais mourir, peut-être mais je serai toujours là. Je viendrai i tous les jours à l’Assemblée nationale, partout dans le pays, vous entendrez parler de moi car Dieu le voudra. Il y a une justice immanente. Dieu est juste, il voudra cela. Je crois que j’ai déjà tout dit. Je me suis encore énervée comme d’habitude, mes Enfants. Mais c’est peut-être la dernière fois que je parle à ce pays. On m’a déjà enterrée. Je ne sais quel journal a annoncé ma mort. Mais  je suis encore vivante, parce que Dieu le veut. J’ai l’impression que dans ce pays  les gens oublient qu’il y a Dieu. Moi j’ai foi, alors mes Enfants, ayez foi, ayez confiance en disant que tout dépend de vous. On ne peut rien faire sans vous. On ne peut rien faire à votre place. On refuse ça ! En vous souhaitant bonne chance et beaucoup de courage, car la lutte va être dure, mais j’ai confiance en vous, j’ai foi en vous. Alors debout les Enfants ! Hommes, Femmes et Enfants et mettez-vous en branle pour dire « Non ! Non à des lois scélérates ! » Personne n’est maître  de votre destin. Vous seuls êtes maîtres de votre destin et Dieu. Alors, je vous souhaite du courage et surtout bonne chance ! Tout marchera très bien. Merci  beaucoup les Enfants !

A bientôt !

Rosine Soglo

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