Afrique, Elections Présidentielles : Micro-Macrons et Macronmania

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Le Syndrome de Macron est en vogue en Afrique actuellement. Depuis l’élection du « plus jeune président de la République de l’histoire de France », partout en Afrique l’ambition présidentielle se déclare parmi les jeunes. Ceux-ci se réveillent après un long sommeil résigné. Le modèle de Macron qui lui-même n’était qu’une subtile imitation d’Obama  fait rage dans les pays africains, qu’ils soient francophones ou non. Aux élections qui se succèdent, des figures émergentes de la jeunesse mettent leurs pas dans le sillage de Macron.

Le Sénégal, pays où depuis au moins Senghor l’on imite la France comme on respire, a déjà son représentant. Il se nomme Ousmane Sonko, force tranquille, métis de Mandela et de Sankara, martyr de Macky Sall, et qui menace comme Macron  en France en son temps, d’être la révélation des prochaines élections de février 2019 au Sénégal. Sa candidature fait rage sur les réseaux sociaux et soulève beaucoup d’enthousiasme parmi la jeunesse sénégalaise, férue de mimétisme aliéné et  déçu de Macky Sall.

De même au Nigeria, une noria de jeunes candidats se présentent aux élections. Les plus en vue sont Omoyele Sowore, homme de média et fondateur de la plateforme d’information en ligne Sahara Reporters, et l’économiste et fonctionnaire international Kingsley Moghalu, ex-Gouverneur adjoint de la Banque Centrale du Nigeria.  Le premier avec ses 47 ans toise la cinquantaine, tandis que le second a franchi ce seuil depuis cinq ans. Tous se revendiquent jeunes, excipent volontiers des exemples français et canadiens pour légitimer ou justifier leur démarche. Pour eux, ce qui a été possible en France doit pouvoir l’être au Nigeria – il n’y a pas de raison, estiment-ils  avec un candide aplomb typiquement africain. Pourtant, ce syllogisme passablement incantatoire laisse à désirer. Si l’argument de la jeunesse est valable dans un pays où l’âge médian est  inférieur à 19 ans, il reste que la mentalité politique n’est pas la même en Afrique qu’en Occident, dans un pays pauvre à majorité analphabète ou exophone que dans un pays riche, instruit et endophone.

L’autre réflexion qu’inspire cette frénésie mimétique naturalisée c’est de se demander si l’Afrique a une vocation simiesque ou de suiviste ; si elle doit tout le temps jouer les queues de comète, attendre l’émergence des modes et des modèles chez les autres pour les copier ou les imiter. Si nous avons un problème d’adéquation générationnelle  dans la direction politique de nos pays, pourquoi attendons-nous un signe d’autres pays, qui n’ont du reste pas les mêmes problèmes que nous,  avant de nous prendre en mains ?

Donc outre l’hétérogénéité culturelle et sociologique de la source de ce modèle présidentiel qui en rend l’imitation sujet à caution, se pose le problème de l’autoréférentialité et de l’originalité sans lesquelles la réussite de l’action politique et l’émancipation d’un peuple laissent à désirer.

Adenifuja Bolaji

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