Talon et la Justice : Toute une Histoire

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L’incarcération politique sans jugement, opérée de façon spectaculaire et au mépris des procédures judiciaires d’un état de droit, notamment la présomption d’innocence, sans parler du droit fondamental de l’individu à la liberté, cet abus de position et de la puissance publique à des fins de contrôle politique et d’affirmation de sa puissance personnelle sur fond d’humiliation de l’autre – opposant politique ou concurrent en affaires – est une entorse préjudiciable à la bonne santé de la Démocratie.
Mais hélas, au Bénin depuis plus d’une dizaine d’années, cette entorse se répète, devient une mode et un mode de fonctionnement politique au risque de mettre à mal la démocratie, la dénaturer, la changer en son contraire, une autocratie théâtrale qui arbore des formes trompeuses pour abuser de la conscience citoyenne.
Sous Yayi Boni, on a vu la manière spectaculaire et autoritaire dont le Député Séfou Fagbohoun a été jeté en prison, pour en sortir après plusieurs mois sans jamais avoir été jugé. Et voilà maintenant, le gouvernement Talon qui, dans cette manie de marquer son territoire et de montrer qui est plus fort que qui, en un tournemain, embastille Laurent Métongnon. La raison de l’incarcération est tout aussi ridicule que la méthode. Et pourtant Laurent Mètognon n’est pas un inconnu de l’espace sociopolitique du Bénin pour que, sur de simples accusations portant sur moins de trois millions de francs, on attente à sa liberté au mépris de la présomption d’innocence. L’homme dont il est question est un syndicaliste courageux, engagé dans la lutte pour le progrès de la justice sociale, le bien-être de la population et la défense des intérêts de la nation béninoise.
Cette arrestation crapuleuse fait suite à l’échec de la tentative de mise hors jeu politique du Président du Patronat béninois, M. Sébastien Ajavon. Là comme dans le cas de Laurent Métognon, la justice est maniée comme un outil de contrôle politique.
Troublante répétition d’un même travers, d’un même coup rude porté à la liberté du citoyen, au respect des procédures judiciaires dans un Etat de droit. Dans ces trois cas, sous Yayi comme sous Talon, le pouvoir instrumentalise la justice pour sévir contre un individu perçu comme une menace à sa quiétude politique, son empêcheur d’entourlouper en rond.
Même si les affaires sont distinctes sur le fond et ne doivent pas être confondues, la propension à user de la justice pour éliminer un individu au mépris de la loi est la même. Or quand on sait que, au moment où Séfou Fagbohoun se faisait jeter en prison par Yayi Boni, ce dernier et Talon étaient comme cul et chemise ; quand on sait que c’est Talon qui concoctait les premiers gouvernements de Yayi dans leurs moindres détails, en ce temps jadis avant, bien avant leur brouille historique, on comprend tout naturellement que le même Talon réédite aujourd’hui sa compulsion autoritaire, dans le seul but de protéger ses intérêts et d’assurer ses arrières.
En clair, le fil rouge qui relie les problèmes judiciaires de Fagbohoun, Ajavon et Mètognon, porte un nom : Talon!

Bɛɖéglá Àklàmàsɔ

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