Publié dans nigeria

Nigeria : Osinbajo, Pdt par Intérim ou Coordonnateur des Affaires Nationales ?

blog1

Suspicion au Sommet Lorsque Buhari Évite le Terme de Président Par Intérim et Désigne Osinbajo Simple Coordonnateur des Affaires Nationales

Dans la lettre qu’il a écrite à l’Assemblée et au Sénat, M Buhari n’a pas clairement dit que le Vice-Président assurerait la présidence par intérim. Il a plutôt dit que M Osinbajo « cordonnera les affaires de la nation, pendant [son] absence ».

Formule qui prête politiquement à confusion. Un député de l’opposition a mis en cause la formulation de M. Buhari, en estimant que le président aurait dû bien préciser que M. Osinbajo serait le Président par intérim en son absence.

Contestation bottée en touche par le Président du Sénat, M Saraki, après que le chef de la majorité au Sénat, M Ahmed Lawan eut pris la défense de M. Buhari, en citant l’article 145 de la constitution nigériane de 1999 qui stipule :

« Toute fois que le président transmet au président du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite faisant état de son intention de prendre des vacances ou de ce qu’il est dans l’incapacité de s’acquitter de ses fonctions, jusqu’à tant qu’il leur transmette une déclaration écrite affirmant le contraire, ces fonctions seront exercées par le vice-président en tant que président par intérim. ».

A la lecture de l’article on déduit que quelle que soit la formule utilisée par M. Buhari, tant qu’il sera en séjour médical au Royaume- uni, son vice président, c’est-à-dire M Osinbajo, est bel et bien  le président en exercice.

Mais la question qu’on peut se poser est de savoir pourquoi les trois précédentes fois où Buhari a dû s’absenter du pays pour raison médicale, sa formulation avait été claire et sans ambigüité ? Pourquoi avait-il jusque-là toujours déclaré qu’Osinbajo serait le Président par intérim en son absence ?

Et c’est là que les regards se tournent vers la clique de l’entourage de M. Buhari qui spécule déjà sur le pire, et est prête à exploiter, le cas échéant  toute ambigüité afin d’imposer ses vues dans l’hypothèse d’une vicissitude quelconque. Car au Nigeria plus qu’ailleurs en Afrique de l’Ouest, la sensibilité à l’alternance régionale et religieuse à la présidence du pays est un casus belli. Et dans ce sport national, le Nord qui est la région la plus pauvre du pays, pour des raisons à la fois narcissiques et historique, a conçu de la politique sa seule voie de salut. D’où l’importance accordée à l’accession à la présidence par cette région, et la difficulté à la quitter, même lorsque les conditions constitutionnelles y obligent.

Akinola Bidemi

copyright5