Publié dans Essai, Haro

Les Lycéennes de Chibok ou l’Inquiétante Dévalorisation de la Vie Humaine au Nigeria

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Le succès du rapt des lycéennes de Chibok par Boko haram apparaît à première vue comme l’expression de l’irresponsabilité du soi-disant plus grand État noir du monde. Mais au-delà de cette irresponsabilité, transparaît le peu de cas qui est fait de la valeur de la vie humaine au Nigeria, prise au prisme  de l’altérité, où chacun se défausse sur des raisons identitaires pour laisser faire, laisser mourir, faire périr, saisir, violenter, détruire l’autre.

Quand on a informé le Président Jonathan que des lycéennes de Chibok avaient été kidnappées, au mieux il n’a pas ajouté foi à l’information, et au pire, il l’a prise pour un jeu de violence régionaliste du Nord musulman à visée politicienne, pour embêter le président chrétien sudiste qu’il était. Et quand il a fini par se sortir de cette double perception idiote, le mal était déjà fait.

Et, la prospérité démographique du pays n’est pas en reste dans cette perception dévalorisée de la vie humaine, au travers de laquelle le poids de chaque vie est perçu comme l’inverse de la masse démographique totale ; et où les crimes de sang, les meurtres, les tueries de masse, les morts accidentelles sans nécessité,  les sacrifices humains plus ou moins rituels, constituent autant d’exutoires sinon à l’angoisse du grand nombre, du moins à l’assurance du trop plein démographique.

Alan Basilegpo

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