Publié dans Essai, Haro

Nigeria : Où l’on Reparle de l’Implication Active de Français aux Côtés de Boko Haram

Sambisa: Captured Frenchman repairs APCs

Une thèse géopolitique soutient que Boko haram est utilisé par les grandes puissances dont la France pour déstabiliser le Nigeria, qui est une Nation trop grande dans une Afrique qu’elles souhaitent morcelée.

Cette thèse ne relève pas entièrement d’un délire associatif  à l’état pur. Dans le dossier Boko haram, l’implication de la France est un mélange d’impudicité politique et de troublantes incidences. Impudicité politique parce qu’on ne sait pas pourquoi la France s’immisce dans la lutte contre la secte terroriste ouest-africaine, sous prétexte qu’elle veut aider à la combattre. Pourquoi toujours la France et non pas la Grande Bretagne, puissance coloniale, ou même l’Inde, la Chine ou la Russie ? Cette intrusion française dans les affaires intimes de l’Afrique est une obscénité éprouvante.

Les pays Africains sont conviés et vont comme des moutons à Paris parler d’une menace qui sévit chez eux, à plus de 4000 km du lieu de leur réunion insolite et surréelle. Pour lors et comme toujours, la France se plaît à jouer les pompiers pyromanes.

La France joue les pompiers parce qu’elle a planté son pénis colonial dans le cul des Africains depuis toujours et, comme sous le coup d’un pénis captivus, elle se refuse à l’enlever, en dépit des nombreux charivaris des patriotes africains qu’elle n’a pas réussi à chloroformer comme les Ouattara et autres Bongo….

La France joue les pompiers mais, à peine dans l’ombre, elle jette le masque et apparaît sous son réel jour de pyromane, enferrée dans une logique de égblémaku. En effet, si le Nigeria est resté le pays Africain le plus peuplé et le plus riche aujourd’hui, ce n’est certainement pas à la France qu’il le doit. Au contraire, la France a activement aidé à enflammer la division du Nigeria par la guerre du Biafra. En manipulant son ludion ivoirien de l’époque, le triste sire Houphouet Boigny, la France a apporté son soutien militaire, diplomatique et logistique aux sécessionnistes. Mais, diabolique,  l’entreprise  a lamentablement  échoué, même si ce fut au prix de centaines de milliers de morts et d’affamés. Après l’échec, toute honte bue, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la France s’est positionnée sur les mêmes rangs des profiteurs de l’économie pétrolière du Nigeria, en plaçant ses sociétés et en développant ses affaires sans vergogne ni scrupule.

Mais son plan stratégique de recolonisation de l’Afrique a la vie dure. La France a frappé fort en Côte d’Ivoire en éliminant Gbagbo, considéré comme un empêcheur incontrôlable de coloniser en rond, un embrouilleur de son œuvre néocoloniale. Gbagbo fut accusé d’être un dictateur voleur d’élection, une accusation que d’une manière imbécile un simplet politique comme Obasanjo, qui lui-même avait essayé en vain de se maintenir au pouvoir, a popularisée au Nigeria. Gbagbo voleur d’élection ? Même si ce prétexte est sujet à caution, il est tout de même curieux que de tous les dictateurs francophones qui depuis la nuit des temps néocoloniaux volent les élections et se maintiennent au pouvoir, ce soit seulement Gbagbo qu’il urgeait de dégommer. Et du reste si cette urgence était fondée, bon dieu qu’est-ce que la France à avoir dedans pour autant que les pays africains fussent un tant soi peu indépendants ou que la France ne soit pas une pays pédophile obsédé de stupre néocolonial ?

Au Nigeria, en Côte d’Ivoire, en Lybie où elle joua un rôle décisif dans l’élimination politique et physique de Kadhafi, ou ailleurs, la France joue les pompiers pyromanes sinon les assassins à visage découvert. La France ne place son espoir de survie que dans la colonisation de l’Afrique, et elle vend ce concept géopolitique prédateur aux Occidentaux dont elle se fait volontiers la représentante des intérêts en Afrique. La France place son espoir de survie dans le braconnage colonial. Pour elle la colonisation ce n’est pas un crime du passé  mais une affaire actuelle et un business d’avenir. Il n’y a qu’à voir les termes du contrat d’indépendance qu’elle passa avec ses possessions d’hier et d’aujourd’hui pour s’en convaincre. La redevance en devise sur le CFA, que les pays africains payent annuellement, et le pacte colonial qui leur impose la passivité consumériste des rebuts de la production française, tout cela constitue autant de preuves de cet investissement diabolique de la France dans la domination symbolique et matérielle de l’Afrique, domination perpétrée sans vergogne ni scrupule, au mépris des règles élémentaires de la vie internationale dont elle se dit souvent le chantre bien pensant. Oui, la France a résolument planté son pénis colonial dans l’anus de l’Afrique et en pédophile impénitent, elle ne veut et n’entend démordre.

Tous ces faits d’acharnement contre l’Afrique élue proie géopolitique naturelle des Blancs créée par Dieu pour leur vie, prouvent si besoin est la thèse de la participation française au soutien de Boko haram. Le but lointain de ce soutien est la division du Nigeria, comme jadis la France en fut une fomentatrice active durant la guerre du Biafra. Le but immédiat est de faire du chantage au Nigeria et l’anesthésier politiquement pour que si géant en Afrique de l’Ouest il y aurait, ce ne soit pas un pays anglophone…

En 2015, avec l’arrivée de Buhari au pouvoir, l’offensive militaire dans le nord du Nigeria changea de camp. Sept Français combattants aux côtés de la secte Boko haram avaient été faits prisonniers au Cameroun.

La France, par l’intermédiaire de Laurent Fabius, alors Ministre des Affaires étrangères, dans une déclaration comminatoire a exigé que ses ressortissants lui soient rendus pour être jugés chez elle. Le ton avait alors monté ; le Cameroun, se souvenant tout à coup d’être un pays indépendant, avait répondu qu’il n’était pas le boy de la France et disposait d’une justice et des lois à même de décider du sort des prisonniers français en toute indépendance. Mais cette scène de ménage néocoloniale pour le moins surréelle fit long feu et se limita aux simples tirades. Le temps passa sur les événements. On n’entendit plus parler des sept prisonniers français, pas plus qu’on ne sut si le Cameroun resta un pays indépendant comme se plurent à le dire véhémentement ses autorités.

Maintenant, avec la déroute de la secte Boko haram dans la forêt de Sambisa au Nigeria, on entend à nouveau parler de mercenaires français. L’un d’eux aurait été arrêtés par l’Armée nigériane et serait en train de se mettre à table. Mais les autorités nigérianes, sous la menace française, dont on est perplexe de savoir à quelle point elle peut les terroriser, se refuse à révéler l’identité du prisonnier blanc de Boko haram, pour des raisons prétendument diplomatiques. Peut-être que s’il ne respectait pas les désidérata français dans cette affaire, le Nigeria n’aurait plus droit à l’attention bienveillante de l’UE dans l’aide au pays, particulièrement aux déplacés de l’intérieur ? Peut-être que la France frapperait-elle plus fort, qui sait ? Toujours est-il que les autorités nigérianes, se font discrètes sur l’identité du prisonnier français, alors qu’elles n’auraient certainement pas fait de manière ni se scrupules si le prisonnier avait été un Ghanéen ou un Gambien…

La peur, l’incapacité des Africains d’assumer et de payer le prix de leur indépendance se cachent toujours derrière des excuses diplomatiques. Et pour ce que cette diplomatie nous a apporté depuis 60 ans d’indépendance, on ne voit pas en quoi elle est à ce point sacralisée. La récurrence de la présence des Français dans les troubles qui affectent les Africains, que ce soit en amont ou en aval de leurs dégâts, que ce soit avant ou après la colonisation formelle, du Rwanda en Côte d’Ivoire en passant par la Libye, cette récurrence têtue, montre bien leur détermination à nous assujettir. Pour la France, la domination de l’Afrique est un business d’avenir. Pour cela, ses mercenaires de tout poil sillonnent le continent noir en quête des théâtres de troubles et de violence.

De ces mercenaires français qui se font prendre au Cameroun ou au Nigeria en train de combattre aux côtés de Boko haram ou de leur apporter du soutien logistique ou technique, la France peut arguer qu’il ne s’agit que d’aventuriers, libres individus qui n’ont  rien à voir avec sa volonté officielle de pays où d’État. Mais les ancêtres des colons d’hier, qu’étaient-ils sinon des aventuriers et des mercenaires, d’anciens prisonniers incités qui prétendument se lançaient à leurs risques et périls dans ce qu’on appellera ensuite la découverte de l’Afrique ?

Adenifuja Bolaji

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