Publié dans Essai, Ghana, nigeria

Présidence Nigeria/Ghana, une Histoire Parallèle

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Similitude Troublante entre l’Histoire Politique du Ghana et du Nigeria des Dix Dernières Années

 Il y a un peu plus de six ans, précisément le 5 mais 2010, décédait le Président Umaru Yar’Adua du Nigeria. Après des tractations tumultueuses, son vice-président lui succéda. Il s’appelle Goodluck Jonathan. C’est un homme politique jusque-là inconnu urbi et orbi.   L’intérim de cet chrétien du Sud sud qui passe pour Docteur ( en zoologie) durera une année. A la suite de quoi, il se présentera aux élections, et sera élu Président en titre du Nigeria. Fonction qu’il exerça jusqu’en 2015 où en avril de cette année-là, il perdit les élections présidentielles face à un certain Muhammadu Buhari.

Le bien nommé, en 2015, se présentait aux élections pour la quatrième fois consécutives. Les trois précédentes fois avaient été infructueuses, et il lui a fallu faire montre de patience pour décrocher le titre, à plus de 72 ans passé..

Un autre pays anglophone, de la même zone ouest-africaine, allait connaître avec un léger décalage, le même scénario politico-électoral. Il s’agit du Ghana, le pays de Rawlings et de Kwame Nkrumah.

Dans ce pays voisin du Bénin, en 2012, le président élu John Atta Mills décède le 24 juillet. Ce même jour, son vice-président, un certain John Dramani Mahama lui succède. La même année, il y eut un les élections présidentielles que John Dramani Mahama remporta d’un cheveu face à un candidat vétéran et opposant de longue date, M Nana Akufo-Addo.

Quatre années plus tard, John Dramani se représente aux élections présidentielles, face à l’infatigable Nana Akufo-Addo, candidat à la présidentielle pour la troisième fois. Et,  à l’instar du sort qui sourit à Buhari, le vétéran Nana Akufo Adda, âgé lui aussi de 72 ans comme Buhari lors de sa victoire, vient de gagner les élections présidentielles.

 A voir ces deux histoires politico-électorales de ces deux nations africaines anglophones sœurs et presque limitrophes, si on fait abstraction des deux villages francophones qui au lieu de s’unir, sous les noms de Togo et Bénin cultivent leurs terres nationales que rien ne distingue, il y a comme un troublant effet de miroir. Certes dans le détail, on dira que le vétéran musulman d’un pays est le vétéran chrétien de l’autre, que le victorieux nordiste d’un côté correspond au victorieux sudiste de l’autre. On pourra aussi faire remarquer à juste titre que si au Ghana la transition intérimaire a été automatique et sans heurt, elle fut tumultueuse et tendue au Nigeria. Mais ces différences mineures tiennent aussi aux différences historiques majeures entre les deux pays. L’un, le Nigeria, étant une fédération, qui de fait amplifie les effets du régionalisme, tandis que l’autre par l’originalité de sa politique sociale et territoriale a su au contraire réduire ou dompter les revendications identitaires.

D’une manière plausible et visible à l’œil nu, ce qui est arrivé au Nigeria semble avoir servi à chaque étape de propédeutique et de modèle à ce qui arrive au Ghana. Le mimétisme, même involontaire en politique et dans l’histoire n’est pas un vain mot. Si l’histoire ne repasse pas les plats, elle les transmet, d’une gargote à l’autre.

 Alan Basilegpo

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