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Programme élémentaire pour libérer l’Africain de la cage de sous-humanité dans laquelle le Blanc l’a implacablement enfermé depuis des siècles

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Mes chers frères et sœurs africains, point besoin d’être longue ni faire de la grammaire inutile dans la langue du Blanc.

C’est un programme en trois points que voici :

  1. Commençons très vite par parler nos langues nationales, à les écrire et à les utiliser dans tous les aspects de notre vie intellectuelle et culturelle. Arrêtons d’infliger à nos enfants la violence symbolique consistant à appréhender le monde non pas à travers la langue de leur mère mais de l’étranger ; la langue de l’autre qui, à travers l’histoire, ne s’est pas montré tendre envers leurs ancêtres et dans le présent continue sans états d’âme d’opprimer, de dominer et d’asservir leurs parents, et par-là eux-mêmes, d’exploiter les richesses matérielles et humaines de leur terre et de leur société, et par-là les leurs.
  1. Revenons aux fondamentaux de nos valeurs, religieuses, éthiques et morales. Accordons de l’importance à la pensée, une pensée produite par nous-mêmes. Évitons de tomber dans les pièges du manichéisme ou du fantasme de l’âge d’or, et prenons de façon intelligente ce qui est bon chez les autres peuples, nations et continents, et évitons comme nous le faisons depuis des décennies ce tropisme du colonisé qui consiste à ne prendre chez les blancs que leurs défauts et leurs vices.( sinon pourquoi y aurait-il des homosexuels africains mais pas d’avions africains ?)
  1. Opérons de toute urgence notre retour dans la grande famille de l’homo faber dont nos ancêtres furent d’illustres précurseurs et les porte flambeau au cours des âges. Pour ce retour, fixons nous des objectifs d’étapes ; par exemple en nous imposant de fabriquer dans un premier temps le centième de ce que nous utilisons, puis le cinquantième, puis le vingt cinquième, puis le quinzième, puis le dixième, à terme. Laissant le reste aux échanges commerciaux sains inévitables et même souhaitables entre communautés humaines, au lieu de l’impérialisme commercial actuel.

Africains, Africaines, Chers frères et chères sœurs, n’oublions pas que si les Blancs ont tué Sankara, et Kadhafi, s’ils ont jeté Gbagbo en prison, c’est qu’ils ont fait le tour de notre psychologie collective, et savent que nous n’allions pas broncher. Or ces trois leaders  pour ne citer qu’eux, quel que soit ce que nous pouvons leur reprocher par ailleurs, étaient nos timoniers, nos hérauts et nos héros, ceux qui pouvaient encore tenir haut le flambeau de notre espérance. Leur existence et la réalisation de leurs rêves étaient pour les Blancs un cauchemar, source d’angoisse. Ces leaders africains, et d’autres que l’Occident a toujours éliminés d’une façon ou d’une autre ont compris le bien fondé de ces trois points fondamentaux. Si sur le chemin de cette prise de conscience, nous leur emboîtons le pas, nous aurons quelque chance de nous mettre sur la voie d’espérance pour nos enfants et nos petits-enfants. Sinon, abana ! Le processus de chute dans l’esclavage dont la mise à mort biologique ou politique de nos héros est le signe avant coureur deviendra alors irréversible.

Ameyo Juliette Kujalé

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