Publié dans Essai, nigeria

Nigeria : Buhari Prépare Méthodiquement sa Réélection

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Au Nigeria, les élections de gouverneurs sont d’importance capitale pour l’élection du prochain président de la République. En effet, pour être élu Chef de l’État Fédéral du Nigeria, il faut l’avoir été dans un certain nombre d’États imparti par la constitution. Or, il est plus facile pour un candidat d’être élu Président de la République dans un État dont le gouverneur est membre de son parti. D’où la course effrénée au plus grand nombre de gouverneurs, qui est l’indice de l’espérance électorale de tout candidat sérieux à la présidence.

A commencer par le premier d’entre eux, le président en exercice. Pour autant qu’il n’en a pas effleuré la possibilité constitutionnelle, l’acharnement que met le Président à s’investir dans cette course en dit long sur son désir d’un second mandat.

C’est le cas de M. Buhari qui prend très au sérieux l’événement et l’avènement des  élections de gouverneurs. Il y a quelques semaines, il avait accueilli le passage de témoin entre l’ancien gouverneur de l’État d’Edo, le camarade Adam Oshiomonle, cacique de l’APC avec le nouveau gouverneur Obaseki. Pour lors, Buhari qui ne quitte en principe Abuja que pour des sorties internationales est allé mouiller le maillot à Benin city, la capitale, pour soutenir celui qui deviendra le nouveau gouverneur APC de l’État d’Edo..

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Cette semaine, c’est le tour de l’élection du prochain gouverneur de l’État yoruba d’Ondo. Et, comme naguère, M. Buhari fait une sortie remarquée à Akure, la capitale de l’État. Mais, ici, il ne s’agit pas d’une promenade de santé car l’enjeu est de taille. L’ancien gouverneur, Mimiko Olusegun est PDP, et il s’agit pour le pouvoir actuel de le déposséder du privilège d’un passage de flambeau. C’est pour cela que M. Buhari jette son poids personnel dans la balance en faisant le déplacement malgré un calendrier très serré. Il faut dire aussi que dans son camp, le choix du candidat gouverneur, M. Rotimi Akeredolu, a été dramatique au point de diviser la section locale du parti entre les partisans de M. Oyegun le Président du Parti APC, et les partisans du leader national du parti, M. Ahmed Tinubu, lui-même yoruba, actuellement en froid avec M. Buhari. Sa préférence ayant eu le dernier mot, il était normal que le Président Buhari fasse taire toute division et recolle les morceaux.

Mais toutes ces tractations et prises de position de Buhari, seules n’auraient pas suffi à réaliser son rêve de main basse politique sur les États. Une certaine influence du pouvoir sur les (sinon une instrumentalisation  des) institutions arbitrales ou organisatrices des élections ne doit pas être passée sous silence. Car les succès récurrents du parti au pouvoir dans les nombreuses délibérations de ces institutions laissent songeur. Cette instrumentalisation ou influence peut rendre raison du bonheur électoral de l’APC dans maintes confrontations électorales ou judiciaires avec le PDP, que ce soit dans l’État de Kogi avant-hier, dans celui d’Edo hier et dans l’État d’Ondo dans les jours qui viennent. Pour ajouter foi à cette éventualité, il n’y a qu’à voir comment la justice  a mis son doigt entre l’arbre et l’écorce des divisions qui font rage au PDP dans l’intérêt de l’APC.

Dans tous les cas, le body langage de Buhari est très éloquent : il dit clairement sa volonté d’y aller pour un second mandat ; besoin fort compréhensible malgré son âge avancé, quand on voit les grands chantiers qu’il a ouverts, et sa volonté de quitter un Nigeria sans récession, chose qui est loin d’être garantie dans les deux années qu’il lui reste au pouvoir.

 Adenifuja Bolaji

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