
Si on supprime les Blancs de la terre jusqu’au dernier, les Asiatiques – tous autant qu’ils sont dans leur diversité – feront tourner la boutique du monde pendant un demi-siècle. Et, un beau jour, l’inspiration reçue de leurs modèles occidentaux s’épuisera. Alors, les Asiatiques tourneront en rond encore pendant un autre demi-siècle ; puis, à hauteur d’un siècle de solitude sans les Blancs dans la copie desquels ils sont passés maîtres, ils s’en retourneront à leur génie artisanal.
Dans le même temps et si en plus des Occidentaux, on avait aussi supprimé les Asiatiques, les Noirs ou les Africains consommeront les produits que ces deux groupes anthropologiques fabriquent selon un mode de division du travail bien concerté – les uns concevant plus que les autres ne dupliquent. Puis, ayant épuisé ces choses infiniment variées qu’ils ne se sont jamais souciés de fabriquer par eux-mêmes, les Noirs s’en retourneront à leur nature fruste, à la lisière de l’histoire qu’ils n’ont jamais été pressés de faire, assis sur des terres regorgeant de richesses dont ils n’ont cure de savoir que faire.
Le masque de notre passivité historique déchiré, notre identité usurpée d’homo faber nous apparaîtra au grand jour. Et nous ne pourrons même plus avoir honte, parce qu’il n’y aura personne d’autre que nous comme témoin de notre triste épiphanie.
Aminou Balogun
