Publié dans Essai

Affaire Ajavon : le Choix Faussement Cornélien de Talon

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Ce sont des gens ( si ce n’est quelqu’un de précis) ayant intérêt à salir conjointement et solidairement Talon et Ajavon, qui ont monté l’affaire. Dans la forme, Ajavon est innocent en ce que l’Affaire est montée, mais cela ne dit rien sur son innocence de fond, quant au trafic de cocaïne ou autres produits illicites, derrière le paravent commercial d’importateur de volailles et produits congelés.

Le geste des monteurs du coup est enraciné dans la certitude de cette distinction. Obnubilés par le désir de nuire à la réputation des deux pôles majeurs de la majorité au pouvoir, et au régime de la Rupture, les monteurs du coup n’ont pas regardé après les détails, commettant au passage un certain nombre d’impairs et d’illogismes qui laissent perplexe quant à la vraisemblance de l’accusation recherchée.

Face à cette offensive, qui arrive après l’affaire abracadabrantesque d’accusation par M. Yayi de tentative d’empoisonnement, et le ternissement fatal de son image qui s’ensuit, que voulez-vous que Talon fît lorsqu’une affaire de cette sorte venue d’on ne sait où pointe le bout de son nez ? Qu’il se précipitât et usât du bouclier présidentiel pour protéger celui que tout le monde sait être son allié politique au risque de tomber dans le piège des monteurs du coup ?

A l’entame de l’affaire, on a entendu M. Ajavon, en des propos à peine voilés, pointer le doigt accusateur en direction de Talon, considéré comme la main invisible derrière le piège dans lequel on essayait de l’enfermer. Mais peut-être ont-ils déjà en l’espace de quelques mois suffisamment de mésentente politique pour en arriver à s’éliminer. Mais quel intérêt a Talon à y procéder d’une manière aussi grossière que risquée politiquement ? Tout porte à croire que l’accusation de Talon, ou plus exactement sa culpabilisation dans l’affaire est stratégique. Elle traduit de la part de M. Ajavon, une déception du fait que son statut d’allié méritait mieux qu’une indifférence de la part du pouvoir; et qu’au contraire ce statut chèrement conquis impliquait de la part de Talon, Président de la République, une obligation de solidarité et de protection. Or, en se laissant porter  par la pente naturelle de la solidarité politique, Talon sait qu’il donnera raison à ceux qui ont monté le coup, compromettra sa propre image, et dans la mesure où l’affaire a une dimension internationale indéniable, s’aliénera la bienveillance des milieux diplomatiques, politiques, et financiers internationaux.

Malgré les apparences, le choix de  Talon, aussi difficile soit-il, n’avait rien de cornélien. Si Ajavon, bien qu’il n’en crût rien, s’est permis d’insinuer sa responsabilité afin de faire un chantage pour sauver sa peau, pourquoi Talon à son tour, pour sauver sa propre peau, ne feindrait-il pas l’indifférence ? Pourquoi ne choisirait-il pas de laisser la justice suivre son cours ? C’était le seul choix qui laissât sauf son honneur et sa quiétude politique de Président de la République qui, contrairement à ce dont ne se doute pas l’opinion nationale, se négocient plus à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays.

 En fin de compte, Talon préfère apparaître comme celui qui est la main invisible dans l’affaire Ajavon plutôt que celui qui d’instinct volerait à son secours.

 Adenifuja Bolaji

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