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Assurément, il faut qu’il y ait moins de haches ou de couteaux, et plus de livres ou d’ordinateurs dans nos universités. L’université n’est pas un champ clos de violence permanente ou de batailles sordides d’un autre âge. Elle n’est pas non plus une zone de non droit, ni le théâtre d’un obscurantisme politiquement motivé ou justifié. C’est un espace institutionnel de lumière et de liberté.
Si l’acte est en soi consternant dans une démocratie chèrement conquise, le grand émoi soulevé par la suspension des associations universitaires, dans la mesure où il trahit des arrière-pensées politiciennes tranchées, laisse perplexe. Car cet émoi sans appel ni concession trahit la prise en otage politique de la jeunesse. Et pourtant, bon Dieu, l’essence de l’université n’est pas l’association mais l’étude, la formation, l’illumination intérieure. L’association a beau être un droit légitime, elle n’est qu’un moyen d’existence sociale dont l’université n’a ni l’éminence ni l’exclusivité. La réorganiser pour le bien de tous n’est donc pas un crime.
Tous ceux qui poussent des cris d’orfraie contre la suspension décidée des associations universitaires, ainsi que le gouvernement à l’origine de cette décision digne d’un État d’urgence, ont plus de choses à dire qu’ils n’en donnent l’air ; ils ont des raisons cachées qui n’ont rien à voir avec les grands airs de la vertu démocratique offensée des uns et le souci de l’ordre et du droit des autres…
Agbopanzo Balthazar
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