L’Occident et ses Rebelles

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Rebelles en Côte d’Ivoire, hier

Rebelles en Libye naguère,

Rebelles en Syrie et en Iraq maintenant

Rebelles au Mali toujours

Auréolés des lueurs de la combativité démocratique et de la soif de liberté face aux dictatures rétrogrades et obscures, sanguinaires et barbares. Ils n’ont jamais de compte à rendre à la CPI, et dans la guerre juste qu’ils mènent contre les dictateurs, ils ont toujours à cœur, du moins faut-il le supposer, le respect des Droits élémentaires de l’homme.

Ces héros prétendus de la liberté savent œuvrer de conserve avec l’Occident dans un éclectisme qui laisse pantois.

Ils fleurissent plus facilement là où il y a du pétrole ou ses variantes, plutôt qu’ailleurs ; ou bien là où l’Occident judéo-chrétien antimusulman inavoué se bat pour imposer son agenda idéologique, avec en toile de fond la sanctuarisation d’Israël, et la mise hors jeu des puissances arabo-musulmanes qui la menacent dans son aveuglement hégémonique, son insolent refus d’équité qui, de stratagèmes en entêtements dilatoires, dure depuis plusieurs décennies, aux dépens du peuple palestinien.

Pas de rebelles au Togo, comme par hasard, pas de rebelles au Cameroun où sévissent des autocrates  ou des dynasties héréditaires depuis plusieurs décennies. Pas non plus au Maroc. Bref, partout où l’Afrique a besoin de rebelles pour faire avancer sa cause et la faire sortir des rets de la domination néocoloniale, du vol de ses ressources, du viol permanent de sa conscience, et de l’aliénation culturelle, il n’y a jamais de rebelles. Même au Burkina où le peuple a dû se prendre en main quelque temps pour chasser son dictateur, qui durant trois décennies n’eut pas droit à ses rebelles, commis qu’il était à en fabriquer à ses voisins, même au pays de Sankara, disons-nous, la révolte n’avait rien d’une rébellion organisée ; elle était populaire, endogène et spontanée, l’expression d’un ras-le bol qui avait été servi par la sensibilité de gauche au pouvoir en France.

Au contraire, comme l’a déploré Bob Marley, l’Occident n’a de cesse de tuer, ou de se faire complice de la mort biologique ou politique de nos prophètes, nos rebelles, nos leaders authentiques ; qu’ils aient nom : Patrice Lumumba, Ruben Um Nyobé, Sylvanus Olympio, Marien Ngouabi, Thomas Sankara, Mouammar Kadhafi, Kwame Nkrumah, Sekou Touré, Laurent Gbagbo, etc… souvent accusés d’être des dictateurs, si ce n’est plus….

 Alors, que dire, sinon que la supercherie de la passion de l’Occident pour ceux qu’il appelle pince sans rire rebelles, que ce soit hier ou aujourd’hui, en Afrique ou ailleurs sur le théâtre brûlant du monde, cette sinistre menterie est grosse comme le nez au milieu de sa figure. Et la grande majorité des peuples opprimés du monde y est rebelle.

Aminou Balogun

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