Bénin : Pourquoi la Françafrique a Reculé

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En Afrique Francophone, il y avait trois élections présidentielles dans le même mois de mars 2016 ; élections sur lesquelles planait, comme on peut s’en douter le spectre vicieux de la Françafrique. Ces pays sont : le Niger, fournisseur d’uranium à la France via AREVA ; le Congo-Brazza, terre de vol et de pillage du pétrole par la France via Total, et enfin le Bénin, base d’appui vers le Nigeria, « Quartier latin de l’Afrique » via Lionel Zinsou.

Faire le grand chelem aurait été mal vu, et montrerait de manière flagrante la mainmise de la France sur la vie politique de l’Afrique francophone. Au demeurant, comme en Côte d’Ivoire et contrairement au Burkina Faso, la France reste implacable dans son action là et seulement  là où ses intérêts sont à la fois vitaux et mesurables. Ce qui n’est pas le cas du Burkina Faso ou du Bénin. D’où la facilité du retrait tactique français sur le front béninois, suggéré in fine par la lettre ouverte de Monsieur Monchau à ses amis Béninois, lettre dans laquelle, outrepassant la réserve propre à son statut, l’ancien ambassadeur de France au Bénin a réglé ses comptes avec Yayi Boni reflétant au passage la position de son pays dans la joute électorale béninoise. Ce retrait tactique de la France au Bénin lui permet de mieux sévir en toute quiétude dans les deux autres pays où ses intérêts son plus vitaux, sans que le soupçon de sa hantise en Afrique francophone ne dégénère en accusations tonitruantes.

Cette réalité doit conduire les Béninois qui pensent avoir remporté une victoire sur ses velléités néocoloniales, à avoir le triomphe modeste car la France, qui convoite toujours le Bénin, en rapport avec le Niger et le Nigeria, n’a reculé que pour mieux sauter.

Atinpahun Barthélémy

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