Adrien Houngbédji, un homme sans valeur

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Robert Musil, dans son roman fleuve inachevé, Der Mann ohne Eigenschaften a dressé le portrait de « l’Homme sans qualités ». Mais le titre français entretient une ambigüité négative qu’il convient d’éclairer. En effet le portrait que dresse Musil est celui d’un homme sans titres, surtout pas ceux de Docteur ou de Professeur avec lesquels nos hommes politiques nous embobinent, nous mystifient pour finalement nous jeter comme des épaves dans la morne vallée de leur médiocrité congénitale, entourée de falaises de crimes superbement impunis.

Un homme comme Adrien Houngbédji, est tout sauf un homme sans qualités. Puisqu’il est au moins maître. Mais maître de quoi ? De l’inconstance viscérale ? Des coups fourrés ? De la mesquinerie ? De l’intelligence artificieuse, toujours à côté de la plaque ? Du cynisme à contretemps, et à courte vue ?

Voici en effet un homme qui va brandissant le diplôme d’État de victime du holdup électoral. Et donc à ce titre, il s’adjuge le droit d’en faire aussi, et par-là de faire une autre victime. Cette victime, comme lui, le moment venu, s’adjugera le droit inaliénable de faire un holdup, suscitant à son tour une autre victime. Et la série des actions et réactions de violence antidémocratique, dans sa fausse légitimité, tournera comme une vis sans fin.

Mais où est la sagesse dans ce parti-pris cynique ? Car la sagesse est la capacité de se soustraire au cycle de la bêtise, y compris et surtout en payant de sa personne.

En cela le jugement sur Adrien Houngbédji, faute d’être sociologique est axiologique, car pour l’histoire, Adrien Houngbédji restera un homme sans valeur.

Agossou Barthélémy

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