
La citoyenneté peut se concevoir d’une manière légale comme la qualité de citoyen qui permet à un individu de participer à la vie politique d’un pays.
Selon cette définition, M. Lionel Zinsou est sans équivoque citoyen béninois. En revanche et, dans le contexte historico-politique de notre pays, il n’y a pas de nationalité béninoise lato sensu.
La nationalité béninoise serait comme une fonction définie sur un ensemble étendu mais qui ne prend ses valeurs que ramenée à ses parties. Autrement elle n’est pas une fonction continue. En somme, être de nationalité béninoise revient à appartenir de façon univoque à un ensemble fini de groupes ethniques Ḝ = {Fon, Goun, Yoruba, Bariba, Somba, Nago, Aja, Aïzo, Anii, Anufo, Batamariba, Busa, Dendi, Igbo, Mina, Itcha, Waama, Kabyè, Ewé, Zarma, Tem, Sohandi, Gourmantché, etc.}.
L’univocité de cette appartenance est importante, et signifie qu’elle relève d’une identité territoriale bien définie, ou peut s’y référer légalement. En clair, être Yoruba signifie appartenir au groupe ethnique Yoruba et être natif mettons de Porto-Novo, de Sakété, etc.
Ainsi être de nationalité Béninoise c’est être Fon, ou Bariba ou Goun, ou Aja, ou Yoruba, ou Somba, ou Aïzo, etc. et être natif de ou pouvoir se référer légalement à l’une des localités du Bénin. Et être Fon implique de parler le fongbé.
Avec cette définition qui ne souffre d’aucune ambigüité et dont la clarté saute aux yeux même de l’aveugle , il apparaît et on peut établir que Patrice Talon, Abdoulaye Bio Tchané, Pascal Irénée Koupaki, Sébastien Adjavon, pour ne citer que ces quatre principaux candidats à l’élection présidentielle de mars 2016, ont, à un moment donné ou à un autre, fait la preuve de leur nationalité Béninoise.
Tel n’est pas le cas de Monsieur Lionel Zinsou, qui aggrave sa situation d’étranger politique par celle d’un étranger culturel qui n’est capable de parler aucune langue du pays.
De même que pour faire la preuve qu’on est Européen, il faut établir qu’on est Français ou Allemand ou Belge ou Suédois, etc. non seulement par la preuve juridique de la citoyenneté mais aussi et surtout en parlant le français ou l’allemand ou le flamand ou le wallon, ou le suédois, etc., on doit aussi pour prouver sa nationalité béninoise, parler couramment le fon ou le yoruba ou le bariba, etc.
Et jusqu’à tant que M. Lionel Zinsou fournisse cette preuve contraignante, sauf le respect que l’on doit à son talent dont on nous promet qu’il va éclairer la face de notre pays de la lumière de ses lampions solaires, sauf le respect pour sa citoyenneté béninoise que personne ne met en doute, il ne peut être considéré comme étant de nationalité béninoise. Or c’est une contradiction voire un paradoxe éthique qu’un individu qui n’a pas une nationalité donnée puisse prétendre diriger cette nation.
Agada Balanpo
![]()