
Votre excellence, c’est avec un réel plaisir que nous vous écrivons. En notre qualité de Président de l’Association des Amis du Nigeria (AAN). Notre association est née depuis bientôt une dizaine d’années, dans le but d’amplifier dans l’espace francophone du monde mais surtout d’Afrique, la voix du Nigeria. L’initiative de la création de l’AAN est partie du Bénin, pays dont je suis originaire, et fondée sur trois constats.
Primo, le Nigeria est le pays le plus peuplé du continent africain, formé par une pluralité d’ethnies qui vivent ensemble tant bien que mal, dans la poursuite du bonheur et de la fraternité.
Deuzio, Le Nigeria, premier producteur africain de pétrole au monde, est aussi la première économie d’Afrique.
Tertio, Situé en Afrique de l’Ouest, le Nigeria qui est un pays anglophone, est entouré exclusivement de pays francophones. Certains de ces pays comme le Bénin d’où je viens, parlent nombre de langues nationales parlées du Sud jusqu’au Nord de votre pays, et entretiennent ce fait, d’étroits liens pluriséculaires de culture et de fraternité que la division coloniale a peut-être affectés sans jamais dissoudre
C’est pour cette raison que les Amis du Nigeria se sont fixés pour objectif d’être la voix francophone du Nigeria, afin que la compréhension et l’échange d’informations entre lui et ses voisins francophones soient plus nourris et plus effectifs.
Dans cet ordre d’idées, nous avons été très impliqués dans les dernières élections générales du Nigeria qui ont conduit à la victoire de l’APC et vous-mêmes comme Président de la République Fédérale du Nigeria. Nous nous en félicitons car, comme nombre de Nigérians qui vous soutiennent, nous pensons que vous êtes un digne fils de l’Afrique, un homme de volonté et de sagesse, résolument tourné vers la libération africaine : libération de la pauvreté des masses, libération des tares sociales et morales, libération de l’injustice sociale que constitue la corruption sous toutes ses formes ; mais aussi libération au sens où le comprenaient certains de vos illustres prédécesseurs, comme Ousman Dan Fodio, Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba, Nelson Mandela, et Thomas Sankara.
Et c’est justement en regard de l’héritage de ces illustres hommes que je me permets de vous écrire pour vous éclairer sur la mise en danger de l’indépendance du Bénin, un pays si proche du Nigeria et si solidement arrimé à lui.
Monsieur le Président, ce n’est pas un secret que des deux grands colonisateurs historiques de l’Afrique que sont la Grande Bretagne et la France, ce dernier se montre encore très prédateur sur le continent, malgré ses belles paroles sur les Droits de l’Homme, et la Liberté des Peuples. Cette prédation qui consiste essentiellement à imposer des dirigeants africains acquis à ses intérêts — comme si l’essence de la vie politique africaine est de sauvegarder les intérêts français — passe par des élections truquées, et l’imposition d’un régime installé à coup d’argent par l’achat de votes et des consciences.
L’exemple du Burkina Faso, qui a réussi à chasser son dictateur et conduire une transition réussi vers l’élection d’un nouveau président pour la première fois démocratiquement choisi, montre à quel point la France tient la dragée haute à ses anciennes colonies. Sous des formes diverses, ce harcèlement perfide a inscrit sa marque dans l’histoire politique des pays francophones, De la Cote d’Ivoire au Gabon, en Passant par le Togo et le Bénin. Une simple observation montre que dans ces pays Francophones, et sous la protection de la France, des Dictateurs sont restés au pouvoir pendant trois décennies au moins pour la plupart ! Chose impensable dans la zone anglophone de l’Afrique où la Grande Bretagne se montre bien moins entreprenante.
Au Bénin, en ce moment, nous nous acheminons vers la fin du gouvernement de Monsieur Yayi Boni, qui aura exercé le pouvoir en deux mandats consécutifs d’une durée de cinq ans chacun. Le premier mandat était le fruit d’une élection spontanée, sans fraude significative. Mais le second mandat était le résultat d’une élection truquée, qui n’a respecté aucune des règles constitutionnelles et éthiques standards en la matière, mettant en danger sans états d’âme le cohésion et l’unité nationales du pays. Le Nigeria de Monsieur Jonathan avait alors participé à ce coup honteux en faveur de son cor-religionnaire Yayi Boni. Mais inutile de vous dire qu’en amont et en aval, cette élection était le fruit vénéneux de la prédation politique française en Afrique francophone. La France veillait à ses intérêts. Le président Yayi Boni étant réputé nourrir une haine incompréhensible à l’endroit des hommes d’Affaires Africains, et plus particulièrement Béninois, auxquels il préfère instinctivement des Français. C’est ainsi par exemple que, après avoir dessaisi un opérateur Béninois dans le Projet de construction de la voie ferrée Niamey/Cotonou, Monsieur Yayi Boni en a octroyé le bénéfice à un homme d’affaires français, du nom de Vincent Bolloré, bien que les propositions techniques de ce Français ne favorisent pas la circulation directe des trains entre le Nigeria et le Bénin, en raison d’un écartement conformes aux normes françaises.
C’est pour continuer dans ce double esprit servile et anti-africain que Monsieur Yayi, dans le cadre de son départ prévu pour le avril 2016, veut se faire remplacer par un ressortissant français afin de perpétuer son régime. L’homme dont il s’agit est né en France d’un Père béninois et d’une mère française. Il est resté toute sa vie jusqu’à ses 60 ans actuels en France où il a fait toute sa carrière. Il fut directeur de la Banque Rothschild ainsi que d’autres organismes financiers européens. Dans les années 80, il fut même membre du cabinet français sous Monsieur Laurent Fabius, l’actuel Ministre des Affaires étrangères. Pour vous donner une idée de l’étrangeté politique du dauphin que Monsieur Yayi Boni est en train de choisir pour le Bénin si rien n’est fait pour l’en empêcher, vous qui le cas échéant ne ratez aucune occasion de vous exprimer en hausa sur BBC Afrique, sachez que l’homme dont il s’agit, le nommé Lionel Zinsou, ne peut parler aucune langue nationale du Bénin ! Ce n’est pas étonnant, jusqu’à sa récente arrivée dans le cabinet de Monsieur Yayi Boni comme premier Ministre de façade, en vue de son acclimatation politique à sa prochaine fonction de Président de la République, l’homme n’a jamais séjourné au Bénin au-delà de quelques jours, à titre touristique ou technique. Il n’a jamais été maire d’aucune commune, jamais été conseiller municipal ou départemental, jamais exercé un mandat électif dans le pays, jamais été Ministre. Et c’est cet homme que votre collègue, M Yayi est en train d’imposer comme président du Bénin, pays voisin et frère du Nigeria !
Excellence Monsieur le Président, alors évidemment, on peut se dire que puisque ce Monsieur est de nationalité béninoise, il a le droit de se présenter aux élections présidentielles ; que la seule candidature à l’élection présidentielle n’est pas synonyme d’élection en tant que président. Et que, s’il était toutefois élu, on pourrait le considérer comme l’expression démocratique de la volonté du peuple.
Mais en fait, il n’en est rien. En 2011, Monsieur Yayi s’est maintenu au pouvoir, grâce à la France et au Nigeria, dont le Président de l’époque, votre prédécesseur, Monsieur Goodluck Jonathan, est venu mettre en garde les Béninois de toute protestation, leur conseillant la docilité aux nom de la paix au Nigeria. En 2011 Monsieur Yayi n’était pas l’expression de la volonté démocratique du peuple béninois. Et, en 2016, avec son candidat français, il s’est placé dans la même logique de fraude et de voie de faits politique. L’une des preuve de cette affirmation est que le dauphin a déjà été imposé candidat du parti au pouvoir de Monsieur Yayi en violation flagrante des règles de ce parti, dont l’une exige de l’élu qu’il soit un membre et militant du parti, ce qui n’est pas le cas du dauphin imposé.
Un proverbe yoruba dit que si l’éléphanteau se propose d’avaler d’énorme bouchées c’est qu’il a confiance en sa gorge. Si Monsieur Yayi viole les règles de son propre parti, pour imposer son candidat, c’est qu’il est sûr qu’il bousculera pareillement les règles électorales dont le système est entièrement aux mains de ses amis et subordonnés politiques. La corruption électorale, l’achat de vote et des consciences qui ont déjà commencé dans le pays, viendront créer l’atmosphère de vraisemblance médiatique des résultats truqués à l’avance.
Excellence Monsieur le Président, voilà donc l’homme que le régime finissant sous la direction de Monsieur Yayi Boni s’apprête à mettre à la tête du Bénin. Signalons à titre d’information, que cet homme entièrement acquis aux intérêts français, est un chantre de la monnaie néocoloniale, le FCFA, que la France utilise depuis 55 ans pour bâillonner monétairement ses anciennes colonies. Prêt à pendre la tête d’une croisade francophone bienpensante contre toute autre monnaie ayant cours en Afrique de l’Ouest et à terme dans toute l’Afrique, ce Français de naissance, de biographie et de culture, va préconiser la substitution du naira et du cedi par le FCFA. Le but visé étant de court-circuiter l’émergence programmée d’une monnaie unique ouest-africaine par la CEDEAO et dont le naira serait le pivot.
Excellence Monsieur le Président de la République Fédérale du Nigeria, voilà donc la situation politique inquiétante qui prévaut au Bénin, que les Amis du Nigeria ont décidé de soumettre à votre haute attention. Comme l’a évoqué l’ancien président du Bénin, Monsieur Nicéphore Soglo qui s’en inquiète, ce projet anti-anti-africain risque de susciter la révolte au Bénin, et donc d’y faire le lit du terrorisme. Vous qui avez dans un rapide effort sans précédent et dans la concertation internationale, amené le Nigeria aux portes de la victoire technique sur la secte Boko Haram, souffrez que vos efforts ne soient compromis par les extravagances indignes d’un de vos collègues. Souffrez qu’à vos frontières, ne se développent les germes du grossissement des troupes de Boko Haram maintenant aux abois.
La meilleure guerre est celle qu’on a évitée. Le Nigeria n’a aucun intérêt à laisser faire ce qui se prépare actuellement au Bénin, et qui risque de nuire à sa dignité et à son unité nationales. Parce que le Bénin est un pays frère, intimement lié au Nigeria, ce qui nuit à la dignité et à l’unité du Bénin nuit aussi à la dignité et à l’unité du Nigeria.
Pour toutes ces raisons, Excellence Monsieur le Président, nous Amis du Nigeria, vous supplions de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour assurer l’indépendance et la dignité du Bénin.
Dans l’espoir d’une suite effective, nous vous prions Monsieur le Président, de croire à l’expression de notre amitié agissante et de notre plus haut respect.
Anjorin Bello
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Honte à vous, auteurs de cette lettre.! Qui êtes-vous pour oser en appeler à l’aide du Nigéria pour intervenir au Bénin et assouvir vos soifs d’opposants à un seul candidat ? Vous avez perdu votre dignité et le sens de la morale et de l’éthique citoyenne. En quoi vous êtes les amis d’un pays dans vitre propre pays ? Honte à vous, d’étaler à la face d’un autre pays, des soucis qui ne sont que le reflet de vos propres rêves conceptions ou imaginations. Et attendriez-vous du Nigéria une invasion du Bénin à l’irakienne sur ke Kowéït ?