Quatre Achille et un Talon

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Les quatre hommes assis autour de la table ronde n’étaient pas n’importe qui. Car nés le jour de la sainte Achille, ils étaient là depuis plus d’une heure déjà dans le cadre de la fête de leur anniversaire commune. Le bar s’était vidé peu à peu. Dans l’alcôve où se trouvait la table ronde, une paisible lueur bleue répandait sa pénombre tout autour d’eux. Sur la table trônaient quatre verres et trois bouteilles dont deux de whisky. La première bouteille de whisky avait été vidée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, comme par des assoiffés surgis d’un désert d’airain. La deuxième, à l’instar des verres posés devant eux, était à moitié vide.
L’alcool déliait les langues. « Parler de Talon Chez Achille, ah, il faut le faire ! dit celui qui ne buvait que de l’eau. » Sa remarque souleva l’hilarité générale. Achille Hodonou faisait allusion au nom du bar où ils se trouvaient, « Chez Achille », situé dans le quartier Zogbo, à quelques encablures du Stade de Kouhounou, tout juste après le carrefour Don Bosco. Ils avaient choisi ce bar parce que selon eux, il n’y avait pas meilleur endroit pour se réunir à cette occasion. Les trois amateurs de whisky étaient en costumes trois pièces à l’européenne et donnaient l’air d’akowé très sérieux. Il y avait parmi eux, deux hommes politiques dont un — Achille Okérésiwa — qui était député et que les autres appelaient Honorable. A en juger par la manière dont l’un parlait, on sentait qu’il n’était pas seulement un homme politique, mais qu’il faisait partie de ces défenseurs stipendiés du régime en place. Enfin, Achille Hodonou et Achille Aïna, selon toute vraisemblance étaient des professeurs de haut niveau. En parlant, quoiqu’étant des amis de longue date, ils s’appelaient par leur nom et prénom, se donnaient du « Monsieur », du « Professeur » ou de l’« Honorable » ce qui donnait l’impression d’une assemblée de gens fort courtois.
Le plus âgé, Achille Aïna avait plus de 60 ans. Il arborait une large cravate bleu turquoise sur une chemise d’une blancheur étincelante et une veste noire. Ses lunettes, marque distinctive de sa profession, lui descendaient sur le nez, et quand il parlait, il se forçait à baisser la tête et regardait ses interlocuteurs en tournant des yeux nus et globuleux. Le deuxième ami, Achille Kpengla, avait une cravate vert olive, sur une chemise jaune clair et une veste noire. Ses lèvres épaisses dégageaient une impression de sensualité qui allait de paire avec sa fougue juvénile, bien qu’il frôlât la quarantaine. Il avait une manie ridicule de dire nous au lieu de je, comme s’il parlait au nom d’un collectif. Le troisième akowé portait une cravate rouge cramoisie sur une chemise bleu ciel, assortie à sa veste bleu marine. Ses lunettes aux montures discrètes, étaient d’une transparence qui donnait à voir ses yeux pétillants de malice. Les autres l’appelait « Honorable », désignation qu’il engrangeait avec un sourire en coin. Enfin, l’homme sobre, qui ne buvait que de l’eau, paraissait la grosse tête de tous au sens propre comme au sens figuré. Sa tête volumineuse et oblongue se tenait droit sur son cou planté au milieu de ses larges épaules. Il portait de grosses lunettes qui cadraient bien avec son large visage. La cinquantaine passée, Monsieur Hodonou, ajoutait à la singularité de sa sobriété le fait de ne pas porter de costume européen trois-pièces bien que selon toute vraisemblance, il fût un professeur. En effet, il était vêtu d’une tunique majestueuse de couleur jaune clair avec des raies noires régulières, qui rappelaient des motifs de la savane africaine. Quand il parlait, M. Hodonou se ramassait sur lui-même comme un ourson, tenait une de ses mains dans l’autre et se penchait vers ses interlocuteurs en signe de déférence. Ses propos dégageaient d’autant plus de pertinence qu’il les arrosait à l’eau plate.
« Parler de Talon Chez Achille, ah ! Ah ! Voilà qui est bien vu » avait dit M. Aïna sur un ton professoral. Après le rire, un épais silence s’établit troublé seulement par la descente des gorgées de whisky dans les gosiers. »
« Il faut dire les choses comme elles sont, dit M. Kpengla qui rompit le silence. L’heure est grave, ajouta-t-il sur un ton dramatique.
— Ah, bon ? firent les trois autres en chœur
— Oui, renchérit l’orateur aux lèvres lippues, l’heure est suffisamment grave pour le Bénin. »
Après un bref silence Achille Kpengla desserra sa cravate comme pour mieux libérer sa voix.
« Oui, l’heure est grave dit-il. L’heure est tellement grave que nous qui sommes proches du gouvernement, des leaders politiques et des opérateurs économiques de premier rang, après les avoir écoutés et entendus, après avoir séparé le bon grain de l’ivraie, après avoir ramené la situation du Bénin à l’échelle du monde, nous pouvons dire, je peux vous dire que la candidature de Talon ainsi que des autres opérateurs économiques, des capitalistes qui ne fondent leur système que sur le salut individuel, le chacun-pour-soi-Dieu-pour-tous, la corruption à haute dose, les corrupteurs de premier plan, les corrompus de premier ordre, le clientélisme, le sabotage économique, la gestion réflexive, c’est-à-dire tout part de nous et tout aboutit à nous, nous trouvons que qu’une telle candidature est extrêmement dangereuse et nous courons de gros risques ; et l’histoire de part le monde nous donne raison de ce que les opérateurs économiques qui prennent le pouvoir conduisent le peuple au soulèvement, c’est pour le sabotage de l’économie nationale. Ils n’ont qu’à laisser la politique aux politiciens, la course aux élections aux partis politiques. Aujourd’hui, ils disent qu’ils viennent parce que les partis politiques sont médiocres, alors que ce sont eux qui ont utilisé leurs milliards pour émietter les partis politiques, pour saboter les convictions politiques. »
« Regardez un peu ce Talon, dit Achille Kpengla après un brève pause. » Il apostropha directement M. Hodonou. « Vous qui parlez de Talon Chez Achille. Quelle est le modus operandi de son enrichissement depuis plusieurs années, y compris sous Kérékou ? Réquisitionner les sociétés nationales, bénéficier de passe-droit de la part du gouvernement et empocher des milliards sans jamais créer lui-même la moindre société. Avoir le Coton, les intrants, le PVI, la SODECO, et tutti quanti. On dit que Yayi Boni a poussé les opérateurs économiques à l’exil, mais est-ce que c’est Yayi qui a voulu empoisonner Yayi ? Est-ce que c’est Yayi qui a chassé Martin Rodriguez de ce pays ? A qui a profité l’exil de Martin Rodriguez ? Ne voyez-vous pas comment l’économie béninoise s’est améliorée depuis que Talon est mis hors jeu ? Vous voyez, depuis longtemps, ce Talon a son grain de sel dans toutes les sauces frelatées de la cuisine politique béninoise. C’est ça, la vérité ! Et qu’un tel homme veuille prétendre présider à nos destinées ? Nous allons droit dans le mur… Autant mettre officiellement le loup dans la bergerie.
— Excusez-moi de vous interrompre Monsieur Kpengla, dit Okérésiwa avec son éternel sourire en coin. Je crains que vous ne soyez en train de nous balancer le dernier discours en date de Martin Rodriguez, que vous vous fassiez à votre corps défendant son vuvuzela. Mais sans vouloir défendre M. Talon, il faut rappeler comment les choses se sont passées pour que Martin Rodriguez en vienne à s’exiler. Car, comme on le dit en yoruba, la vérité ne refuse pas qu’on la dise. Souvenez-vous, on peut reprocher beaucoup de chose à Kérékou, et je suis parmi ceux qui le font, mais force est de reconnaître que c’est sous lui qu’a été créée la Cspr (La centrale de sécurisation des payements et de recouvrement). C’est une structure chargée de recouvrer les créances chez les égreneurs afin de payer les producteurs, cette structure avait pour administrateur feu Bernard Adikpeto. La seconde structure est l’Aic (l’Association inter professionnelle de Coton). Elle était présidée à sa création par monsieur Martin Rodriguez. Les problèmes ont véritablement commencé quand la Cspr a exigé, face aux difficultés de recouvrement, que tout acheteur dépose une caution de 40% de la valeur de la quantité de coton voulue, (fonds d’allocation) ; monsieur Martin Rodriguez (Président de l’Aic) avait opposé un refus catégorique. C’est ainsi que pour la campagne 1999-2000, Monsieur Martin Rodriguez refusa de formuler son besoin à adresser à la Cspr. Bénéficiant de son influence politique du moment et cautionné par certains leaders, les producteurs des régions de Nikki, Kalalé et autres ont été pris en otage par le blocage de leur chargement pour alimenter l’usine d’égrenage de Monsieur Rodriguez implantée à Nikki. Mais entre autres, il a mis en place des structures parallèles pour se soutenir. Dans sa politique de terreur, Monsieur Martin Rodriguez a dû dans la foulée 03 milliards francs Cfa aux producteurs sans défense. Dans le même temps, la Sonapra aussi devait 03 milliards et les usines du groupe Talon 400 millions d’où la colère du Général Mathieu Kérékou qui a mis sur pieds la commission Yacouba Fassassi. Cette commission est allée jusqu’à fermer l’usine de Monsieur Martin Rodriguez et voyant son arrestation imminente, Monsieur Martin Rodriguez a pris la clef des champs et a quitte le Bénin ! Telle est la vérité, mes chers amis, dit l’honorable Okérésiwa, en s’arrêtant pour s’envoyer une chaude gorgée de whisky. Ses interlocuteurs, comme médusé, l’imitèrent mécaniquement, en avalant chacun sa gorgée.
— Oui, dit Achille Kpengla d’une voix lasse, votre rappel historique ne manque pas de pertinence. Mais il faut ajouter que les choses ont changé quand l’homme de foi et de conviction, avec méthode et esprit de suite, avec ténacité et application est arrivé au pouvoir en Avril 2006. Il s’agit du docteur Yayi Boni. Il s’est investi corps et âme dans la conception, la planification et la conduite du règlement des problèmes que Monsieur Martin Rodriguez et consorts avaient causé à la filière coton.
— Oui, dit Okérésiwa, qui reprit le cours de son explication, c’est dans cet ordre d’idées que 14 milliards ont été injectés en 2006 dans la filière coton, rien que pour régler les arriérés dus par la Sonapra et Mci de Martin Rodriguez. Les usines du groupe Talon ayant réglé leur dette à temps. Mais entre temps, Monsieur Martin Rodriguez a saisi la justice pour des dommages que la fermeture de son usine par la commission Yacouba Fassassi lui aurait créée, d’où la décision judiciaire du payement par l’Etat béninois de la somme de 72 milliards. Voilà, chers amis la vérité et toute la vérité. Et cette vérité est définitivement archivée dans l’histoire. Elle ne peut être occultée ou effacée par aucune affabulation, aucune imposture ou escroquerie intellectuelle.
— Ce qui prouve comme je le disais que Yayi Boni n’est mêlé ni de près, ni de loin à l’exil de Monsieur Rodriguez qui, à en croire les dernières déclarations de l’intéressé est volontaire. »
L’homme sobre, se pencha vers ses amis. « Revenons à l’essentiel, dit-il » Comme un modérateur, il essayait de cadrer le débat.
« Oui, parlons de Talon Chez Achille, dit Achille Aïna en prenant la parole. Moi je voudrais dire ce que j’en pense. Talon n’est certainement pas le seul opérateur économique à vouloir se présenter aux élections ; mais compte tenu de tout ce que l’on sait sur ses démêlées avec Yayi Boni ces dernières années, et surtout de sa fortune qui est de loin la plus imposante, nous pouvons dire que pour l’interrogation qui est la nôtre, il en est la figure paradigmatique, la référence, le modèle positif ou négatif de l’opérateur économique qui se lance dans les élections présidentielles. Pourquoi pas ? Après tout n’importe quel citoyen béninois a le droit de se présenter à la magistrature suprême. Aussi Patrice TALON en a bien le droit comme tous les autres candidats déjà déclarés et ceux qui se tapissent encore dans l’ombre. Mais par delà ces supputations, la question méritent d’être posée.
Aussi, je poserai le problème différemment. En quoi une possible candidature « TALON » peut se différencier des autres candidatures déclarées ou potentielles ? Un peuple pauvre a des cadres pauvres. A part quelques rares candidats qui sont venus à la politique après s’être enrichis sous d’autres cieux, la quasi-totalité des autres sont « tuteurés » par les anciennes puissances coloniales ou certains magnats locaux. Ainsi ce sont ces personnes de l’ombre ou ces puissances qui désignent les candidats qui sont bons pour leurs pays et elles leur donnent la manne financière nécessaire pour se faire élire. Si tout cela était vrai, pourquoi continuer de financer une tierce personne qui n’aurait même pas la reconnaissance du ventre et ne pas se présenter soi-même aux présidentielles ? Patrice TALON est suffisamment intelligent pour se poser cette question.
Mais plus sérieusement quelles sont les raisons qui légitiment la candidature de Talon ?
Primo Il n’est interdit à aucune catégorie socioprofessionnelle de se présenter à une élection quelle qu’en soit la nature dès lors qu’il jouit de ses droits civiques. Si des Généraux, des Banquiers, des Fonctionnaires Internationaux ou des Professeurs se présentent aux élections présidentielles qu’est-ce qui disqualifierait un opérateur économique comme Talon, surtout lorsque, plus que le citoyen lambda, il connaît toutes les arcanes du pouvoir avec une expérience très utile pour une meilleure sinon une autre gouvernance ?
Deuxio. Une campagne électorale coûte de l’argent, ce qui fait de nos gouvernants des chiens en laisse des bailleurs de fonds occidentaux qui prennent soin de sélectionner les plus dociles malheureusement les plus nuls pour la fonction. M. TALON doit en savoir quelque chose. Par voie de conséquence on peut penser qu’avec Patrice TALON, sa surface financière qu’il lui arrivait de mettre à disposition des politiciens non reconnaissants le mettrait plus à l’abri des chantages de l’ancienne puissance coloniale. Cela pourrait être le début d’une politique de coopération équilibrée avec prise en compte des intérêts des pays du Sud. Mais cela sera surtout bénéfique pour le budget national béninois car on peut penser que celui qui n’a plus beaucoup soif ira moins souvent « boire à la rivière ».
Tertio. Par ailleurs, un candidat comme Patrice TALON issu du monde de l’entreprise comprendra mieux que quiconque qu’un État a besoin de ses propres citoyens chefs d’entreprise surtout ceux qui ont réussi, pour construire leur pays et accompagner les projets de développement.
Enfin, un candidat à la présidence de la République qui n’a pas de parti couvrant l’étendue du territoire gagnerait à avoir une notoriété incontestable et soit connu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Patrice TALON ayant fait ses preuves dans le domaine du coton notamment et autre PVI avec la création de milliers d’emploi n’est pas un inconnu des forces vives et actives du pays. Les centaines de Béninois qui ont perdu leur emploi n’attendent que son retour. Il y a sans doute d’autres raisons qui rendent légitime une candidature TALON. »

Monsieur Aïna finit sa plaidoirie argumentée par la formule rituelle « I reste my case » des tribunaux anglo-saxons ; ce qui prouve qu’il devrait être un Professeur de littérature anglaise ou quelque chose du même genre. Cela résonna comme un clin d’œil au second professeur de la table ronde qui prit la parole tout aussitôt.
« Merci, Professeur et cher collègue, dit Achille Hodonou en se penchant vers Monsieur Aïna. Vos arguments ne manquent pas de poids et son cohérents logiquement, mais la logique et l’éthique ne font pas toujours bon ménage. C’est pour cela que, très modestement, moi je voudrais jouer les whistleblowers et les éclaireurs. Depuis quelque temps en effet, le principal sujet de discussion au Bénin, c’est la décision qu’auraient prise certains des plus importants hommes d’affaires béninois d’être candidats à la présidentielle de 2016, au lieu d’en être les bras financiers dans l’ombre comme ils en avaient l’habitude. Il faut le dire tout de suite, et le répéter à : ceci est parfaitement leur droit aussi longtemps qu’ils jouissent de leurs droits civiques. Mais il faut dire également, et le répéter : le bon citoyen n’est pas celui qui tient à jouir de ses droits quoi qu’il en coûte, notamment à sa communauté. La preuve ? C’est qu’à la suite d’un procès gagné contre l’Etat béninois, M. Talon déclare avoir renoncé à plusieurs milliards de FCFA (je dis bien plusieurs milliards de FCFA) parce qu’il a pensé que cela ne ferait pas du bien à notre pays, le Bénin.
»Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où il est plus que probable que la victoire éventuelle d’un homme d’affaires à la présidentielle de 2016 aura des conséquences nuisibles pour lui-même et pour la jeune démocratie béninoise. En effet, il est très difficile d’imaginer comment un homme d’affaires pourrait gagner la présidentielle prochaine sans être automatiquement perçu par ses compatriotes comme ayant purement et simplement acheté sa victoire à coup de milliards de FCFA. De fait, la réalité crue est que ce qui fait que ces candidatures sont prises au sérieux, c’est essentiellement la surface financière de ces hommes d’affaires et le fait que par ce biais, ils « tiennent » tels ou tels acteurs politiques. Un tel homme d’affaires élu Président de la République ne devrait tirer aucun mérite personnel d’une telle victoire et il s’il n’a pas de problème de légalité, il devrait pourtant souffrir d’une légitimité de Président fortement entachée, pour ne pas dire d’une absence de légitimité. Pire, la victoire d’un homme d’affaires à la présidentielle de 2016 porterait un coup supplémentaire à la jeune démocratie béninoise qui, pourtant, en a déjà reçu beaucoup d’autres ces dernières années. Au Bénin, actuellement, à peine parlez-vous d’une institution que l’on vous rétorque qu’elle est déjà « achetée », sous contrôle. La victoire d’un homme d’affaires à la présidentielle de 2016 serait très probablement perçue par les citoyens comme la preuve fatale que la démocratie béninoise (i.e. ses acteurs politiques, ses institutions et les citoyens avec) a un prix qu’il suffit de payer pour l’avoir en poche.
» A quoi servirait-il d’aller à une élection si non seulement l’on ne pourrait ni ne saurait tirer aucun mérite de la victoire, mais encore si cela devait porter un coup particulièrement rude à notre démocratie ? Je pense que la débauche d’argent détruit et pourrit la démocratie. Non pas que l’argent ne jouera aucun rôle dans l’élection de celui qui sera prochainement élu Président de la République en 2016, mais il y a quand même une sacrée différence ! »
Maintenant vu l’état dans lequel ils sont et l’heure avancée, devinez lequel d’entre eux aidera les autres à rentrer saint et sauf chez eux, après cet anniversaire pour le moins bien arrosé !
Achille Bidouzo

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