Le Peuple Béninois Doit Formuler une Double Exigence

image

La conservation du pouvoir par Yayi Boni au-delà des limites constitutionnelles est un vaste complot ourdi contre la démocratie. Car pour Yayi Boni, la démocratie se limite à l’organisation d’élections truquées ; sinon, elles ne sont pas organisées, elles coûtent cher et sont un luxe, etc.. Yayi Boni ne croit pas à la Démocratie, et pour une raison ou une autre, il a fixé un rapport d’éternité royale avec le poste présidentiel ; il aurait espéré être confirmé dans ce parti-pris égoïste par des précédents et des exemples africains. Mais les événements de Burkina Faso sont venus infliger un coup de massue à son projet. Toutefois, ce projet était si avancé dans son organisation, si déterminé dans sa volonté, qu’en dépit de cet assommoir burkinabè, M. Yayi est loin d’y avoir renoncé tout à fait.

Pour lors, les conséquences de la mise en œuvre du projet, même dans l’hypothèse d’un renoncement sincère, placent la classe politique devant un imbroglio. Et Yayi Boni compte sur ce désordre pour rebondir. La fameuse décision de la cour constitutionnelle qui impose la LEPI comme liste électorale exclusive est, à elle seule, une cause de blocage et d’inertie stupide. Cette décision scélérate, qui est partie intégrante du complot, n’avait aucune nécessité, et sa justification, comme dans mainte décision de la Cour depuis 2006,  est purement rhétorique et concoctée.
Tout cela montre la nature criminelle du projet et les responsabilités institutionnelles multiples qui y ont été engagées.
Le peuple béninois qui s’est montré étonnamment indulgent vis-à-vis des crimes divers de Yayi Boni depuis 2006 se réveille, enfin.
En espérant que ce réveil n’est pas tardif, le peuple doit formuler une double exigence. Non seulement il doit exiger le démantèlement par Yayi Boni de la superstructure et des infrastructures de son projet criminel–ce qui suppose bien sûr l’organisation rapide des élections communales et des autres qui vont suivre, à bonne date ; mais aussi, en rupture avec la culture d’impunité propre au régime dit du renouveau démocratique, le peuple doit exiger une réparation pour ce crime de très haute trahison. Il ne doit pas laisser Yayi Boni partir, comme le suggèrent certains de ses anciens amis frustrés, mais lui demander des comptes pour le préjudice subi, le désordre et les gâchis causés par son projet criminel.

Aminou Balogun

   

copyright5