Hommages à Nestor Hountondji

imageAlors qu’on s’y attendait le moins, l’artiste militaire au matricule 176 s’en est allé, laissant dans l’émoi et la tristesse une génération d’hommes et de femmes, accros des musiques retro. Âgé de 75 ans, ce personnage exceptionnel, que dis-je, cet ancêtre de la musique militaire dahoméenne, est passé de vie à trépas dans l’après-midi du mercredi 30 juillet 2014 des suites d’une courte maladie à l’hôpital de Goho à Abomey. Nestor Hountondji alias Dji-Nesto Babaakè y était hospitalisé pendant des jours dans l’espoir de recouvrer sa santé. Mais le destin en a décidé autrement contre la volonté de tous. L’artiste défunt est le géniteur d’un autre artiste : Otis Newton, et de Pancrace Hountondji, animateur à la radio Urban Fm à Parakou.

Hommage à Dji-Nesto !

« Je suis né dans la musique car mon feu père fut un chanteur de la musique traditionnelle. Je suis venu voir ma mère et mon père ensemble en train de chanter. » Ainsi, s’exprimait Nestor Hountondji alias Dji-Nesto Babaakè dans un focus qui date de juin 2013.

 

   

Dans les années 1939 à 1941, l’artiste réputé suivait son père lors des spectacles. « Quand il composait ses morceaux en chambre, j’étais là. Je lui tenais souvent les queues de chevaux pendant ses voyages pour des prestations », a-t-il confié, très enthousiaste. La musique pour Dji-Nesto est donc un héritage. Son feu père faisait du ‘’Ganhoun’’ qui se jouais comme le ‘’Agbadja’’ dans le Mono. Un art dont il n’a pu se démarquer.

Nestor Hountondji a démarré comme militaire dans l’armée coloniale qui l’a conduite jusqu’en Vietnam. A l’accession du Dahomey à la souveraineté internationale, tous les soldats dahoméens de l’armée coloniale ont été rappelés au pays. Il était titulaire d’un certificat de bonne conduite dans l’armée coloniale. Ce qui suscita sa mutation à la Gendarmerie nationale dès la création de ce corps. Il fut enregistré sous le numéro matricule 176. Il était formé en tant que gendarme mais également aux techniques de la musique.

A l’examen de passage de la formation en musique, Nestor Hountondji est déclaré 4ème sur 50 admis de la fanfare. « Je suis affecté dans l’orchestre de la gendarmerie bien que je voulais aller à la brigade », a-t-il confessé, indiquant que c’est le directeur d’alors, un technicien français qui l’en dissuada. Et comme la discipline militaire oblige à obéir à son supérieur avant toute réclamation, il se mit au garde à vous et fit demi-tour pour se mettre dans les rangs. Il devient d’office membre de l’orchestre de la gendarmerie nationale.

Une fois dans l’orchestre de la gendarmerie, Babaakè eu l’ingénieuse inspiration d’adapter de nombreuses chansons traditionnelles d’Abomey à la musique militaire. Il en a beaucoup composé lui-même surtout pour faire l’éloge du système marxiste léniniste. La plupart de ses morceaux sont ceux qui se chantaient dans les écoles, les casernes, les centres de formations techniques et professionnelles, pendant les défilés civils et militaires sous le parti unique, Parti révolutionnaire et populaire du Bénin (PRPB). Il est membre fondateur du groupe ‘’Les Volcans’’, premier orchestre de la gendarmerie.

Admis à faire valoir ses droits à la retraite en 1987, Nestor Hountondji s’est installé chez lui au quartier Hountondjissramè à Abomey. Cette ville historique qui va certainement accueillir sa dépouille pour l’attachement qu’il manifeste de son vivant à la terre de ses ancêtres.

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