Afrique : Ce dont Ouattara est le Nom.

image

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceux qui réfléchissent – et Dieu merci, il y en a de plus en plus en Afrique– penseront que Ouattara est une honte historique pour l’Afrique. Ce en quoi ils n’auront pas tout à fait tort. Car quel Africain digne de ce nom ne se pincerait le nez au passage de cet invendu de l’histoire, parce que vendu à l’Occident et particulièrement à la Françafrique ? Quel Africain digne de ce nom ne fermerait les yeux pour ne pas voir ce concentré d’ignominie de notre race : notre race, j’entends celle qui, parce qu’elle n’a pas inventé la poudre, a soupé de toutes les violences de ce monde ; celle qui a subi pendant des siècles la traite négrière, traitée en animal, vendue, encaissée dans les soutes obscures des négriers, par tonnes sur les mers implacables et salées de sueurs, de sang et de souffrance ! Notre race, celle qui a ployé l’échine sous le joug inhumain de l’esclavage, aux Amériques et aux Antilles, dans les champs de coton et de cannes à sucre… Notre race, celle qui tout de suite après la fin officielle de l’esclavage, s’est vue soumise au joug dictatorial du colonialisme qui ouvrait l’ère infâme d’une exploitation des ressources et des hommes de notre continent au nom de la Civilisation ! Notre race qui après le simulacre d’indépendance, offerte aux soi-disant nations africaines, devait continuer d’être sous l’oppression politique de l’Occident, la France, sinistre pionnière du néocolonialisme en tête.
Oui, cet homme n’a pas craint de faire arbitrer la dispute qui l’opposait à son frère de race par des hommes de la race qui s’est posée comme son contraire et qui à ce titre nous domina, nous pilla, nous viola et continue encore de le faire.

Comme cela a été le cas tout au long de l’histoire invraisemblable de l’Afrique, C’est à ceux-là que M. Ouattara a fait appel pour arbitrer la dispute qui l’opposait à son frère. Et maintenant il occupe le fauteuil de la présidence de Côte d’Ivoire, lui qui aurait pu tout aussi bien présider le Burkina Faso !
Ainsi raisonnerait tout Africain normal lorsqu’il pense à ce qui s’est passé ces dernières années, et qui a vu la paix revenir en Côte d’Ivoires à la seule condition que Ouattara devienne président de la République et que Gbagbo soit humilié, et placé dans les fers des Blancs !

A priori quelle honte historique constitue celui qui vend la maison pour acheter le champ !
Mais cette première pensée logique qui arrive à l’esprit lorsqu’on pense à Ouattara et à son épopée funeste doit faire place à une pensée plus approfondie. Car à y penser de près, Ouattara est aussi une chance de lumière sur la conscience trop souvent brouillée de l’Afrique. Lumière sur l’ordre des choses obscures ou voilées. Voilà en effet un homme qui à lui seul est l’épitomé de ce que représente tous ces soi-disant chefs d’État africains, francophones surtout. Un homme qui symbolise jusqu’à la caricature ces soi-disant présidents qui président des pays qui n’avancent pas, où la corruption est une culture de base, où tout l’État est dans un état d’impunité, tournant au service des intérêts des anciennes puissances coloniales. Traduction de la continuité de l’État colonial transféré sans solution de continuité. Voilà en effet un homme amené au pouvoir manu militari par la France dans une guerre menée en plein jour, là où souvent la plupart de ses pairs bénéficient d’opération secrètes, de coup d’état, de déstabilisation, de corruption plus ou moins feutrées, plus ou moins cachées à l’ombre des manigances de la Françafrique. Voilà un homme qui en plein jour est marié à une blanche française, source, on l’imagine, de son bonheur, de son équilibre personnel et familial. Que peut-on être de pire ou de mieux pour montrer de qui on tient son pouvoir, contre qui et dans l’intérêt de qui on l’exerce ?
De ce point de vue, Ouattara est l’idéaltype du chef d’État francophone africain. Quelqu’un qui est plus ou moins amené au pouvoir par la Françafrique et qui gouverne dans l’intérêt supérieur de la France et lui permet de continuer sa domination pluriséculaire sur notre race. La plupart de ses pairs qui jouent le même rôle que lui n’atteignent pas ce haut niveau de caricature qui est le sien. Certains épousent des Françaises mais ne sont pas amenés au pouvoir en plein jour par l’Armée française. D’autres le sont plus ou moins par l’Armée, par des coups d’état, par des fraudes, des corruptions ou des manipulations de la part de la Françafrique mais n’épousent pas des Françaises. À lui tout seul Ouattara réunit toutes ces déterminations, et sans se cacher de personne. En cela, il est un rayon de lumière sur la conscience des Africains de ce qui se passe d’ignoble, d’abject, d’innommable, d’irrecevable devant l’histoire en Afrique sur l’orientation que les Blancs imposent à notre race et notre continent pour le dominer, l’aliéner, le piller au nom du racisme et de la supériorité culturelle de l’Occident capitaliste.
Ouattara n’est pas seulement une ombre sur la conscience africaine devant l’histoire ; il est devenu le symbole vivant d’une lumière, prise de conscience de l’indignité, la félonie, la haine de soi, l’aliénation, la traîtrise qui caractérise les dirigeants et la classe politique de l’Afrique dans sa domination perpétuelle par l’Occident.

Aminou Balogun

copyright3

 

Publicités