
Trump est un fou qui joue les fous et qui, à force, se retrouve piégé dans sa propre folie.
Dans la guerre contre l’Iran qu’il a déclenchée sans que rien ni personne ne l’y oblige — à l’exception peut-être de Netanyahu —, il se trouve désormais dans une impasse où il ne peut ni trop avancer, ni trop s’arrêter, ni trop reculer. Avancer serait pire que de rester sur place. Rester sur place serait pire que de reculer. Et tout est venu de fil en aiguille.
D’abord, il y a eu cet acte de prédateur : l’enlèvement du président d’un pays souverain, le Venezuela. Un homme humilié, un État bafoué, un pays entier mis à mal, sans état d’âme. Pire encore : l’administration s’en est vantée. Les Occidentaux, ces vieux professeurs des droits de l’homme, ses cousins historiques, n’en ont été que bien peu émus.
Fort de ce succès d’impunité, Trump a laissé libre cours à ses appétits. Annexion ou conquête : Cuba, le Groenland, le Mexique… Nul n’est censé lui résister. Il est le maître du monde, et tout dépend de sa volonté. Tout est tributaire de ses instincts, de ses désirs, de ses caprices. Son style fait même des émules : certaines puissances néocoloniales en déclin se mettent à menacer de « trumper » les États africains qui osent encore leur résister.
C’est dans cet état d’ivresse de puissance que Trump, trompé par Benjamin Netanyahu — pour qui tout ce qui affaiblit le musulman du Proche-Orient est bon à prendre —, s’est rué sur l’Iran, tel un rhinocéros fou.
Il l’a fait avec un tel mépris du droit et de la parole donnée qu’il en a découragé, par avance, toutes les bonnes volontés diplomatiques. Deux offensives successives. D’abord ce qu’on a appelé la « guerre des douze jours », destinée à masquer l’inquiétude — et la vulnérabilité — d’un duo israélo-américain à court de munitions. Puis une seconde charge, plus décisive, plus radicale, qui visait, dit-on, un « regime change ».
Mais ce régime change a plutôt pris la forme d’un « Ayatollah change » : le père remplacé par un fils plus radical encore, plus déterminé. Un résultat qui, loin de servir les intérêts d’Israël et des États-Unis, les enferre un peu plus dans un bourbier qu’ils ont eux-mêmes creusé.
Ainsi, après avoir joué au souverain absolu, après avoir cru que tout lui était permis, Trump se retrouve prisonnier du rôle qu’il s’est donné. Parce que la folie, quand elle n’est plus un masque mais une mécanique, finit toujours par se retourner contre celui qui l’actionne.
Alan Basilegpo
