L’Ingratitude de Zīo : pourquoi il ne faut pas tromper le Bokɔnɔn

Zīo ( Singe) peut grimper, mais Logozo (Tortue)  ne le peut pas. Les deux n’étaient pas amis. Un jour, pendant une famine, Zīo trouva un champ de maïs où la récolte était bonne. Mais il ne pouvait pas manger le maïs, car les gens chassaient toujours Zīo. Il alla donc voir le Bokɔnɔn ( Logozo) pour demander ce qu’il devait faire.

Logozo dit : « Je suis un grand Bokɔnɔn, mais je ne sors pas de ma maison. Si tu veux quelque chose, tu dois venir chez moi. Je suis là pour les pauvres, pour tous ceux qui veulent entreprendre quelque chose. Si j’allais avec toi, tu ne me nourrirais pas, car tu sais grimper aux arbres et moi pas. »

Logozo ne voulait pas y aller, mais Zīo insista, encore et encore, jusqu’à ce qu’elle accepte finalement de venir avec lui. Elle prit avec elle le sac de Fa.

Quand ils arrivèrent au champ, Zīo commença à manger. Très bien. Alors Kpɔ̀   (Léopard) arriva à l’endroit où se trouvait Logozo. Il dit à Logozo : « J’ai un enfant malade à la maison. Je suis allé deux fois chez toi, mais je ne t’ai pas trouvé. »

Pendant ce temps, Zīo était monté dans un arbre et les observait d’en haut. Logozo dit à Kpɔ̀ de venir avec elle sous l’arbre où se trouvait Zīo. « C’est là que je vais fouiller le Fa pour toi. »

Quand ils furent assis, elle commença la divination. Elle dit : « Nous devons trouver un Zīo pour guérir l’enfant. »

« Dois-je en trouver un tout de suite ? Et où puis-je en trouver un ? » demanda Kpɔ̀.

Logozo répondit : « Oh, ce n’est pas difficile. Tu es fort. Ce dont j’ai besoin, tu ne peux pas manquer de l’obtenir. Je connais leurs habitudes. Quel présent me donneras-tu si je te montre comment trouver ce dont tu as besoin ? »
Elle demanda mille francs.

« Regarde au-dessus de ma tête, dit Logozo, et tu verras un Zīo. »

Kpɔ̀ cria au Zīo : « Ah, tu es tout près ! Tu ne voulais pas descendre pour entendre ce qui se disait ? Tu te moques donc de moi ? Es-tu plus important que mon fils ? La divination te désigne. J’ai besoin de ta tête et de ta queue. Le reste, tu peux le garder. »

En entendant ces paroles, Zīo s’enfuit. Il dit : « Je ne suis pas ici pour te donner ma tête et ma queue. »

Très bien, Zīo courut, et Kpɔ̀ courut après lui. Finalement, Zīo fut attrapé, et Kpɔ̀ l’amena au Bokɔnɔn. Le Bokɔnɔn dit : « Très bien, attachez-le. » Kpɔ̀ lia Zīo.

Alors le Bokɔnɔn dit à Kpɔ̀ de couper la tête et la queue de Zīo. Puis il donna le reste au devin pour qu’il le mange. Très bien. L’enfant malade fut guéri.

C’est pourquoi, chez les Fon, on dit qu’une personne ne doit pas tromper son Bokɔnɔn.

Traduit et adapté par Dr B. P. Kofi APLOGAN

Extrait de Melville J. And Frances Herskovits, Dahomean Narrative : A cross-cultural analysis,

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