
Ce qui me gêne, et me révulse dans le rôle que s’est donné le Bénin dans la crise du Niger, ce n’est pas le fait que le Bénin s’en prenne au Niger. Le Bénin a le droit de s’en prendre au Niger, comme deux frères ont le droit d’en découdre l’un avec l’autre. On pourrait alors tenter de les réconcilier, leur prêcher l’amour au lieu de la guerre.
Non, ce qui est affligeant dans le rôle que s’est donné aveuglément le Bénin dans cette affaire ce n’est pas le fait d’étrangler le Niger ou de se dire prêt à l’envahir. Le problème c’est de faire ces choses ineptes et injustes, de proférer ces rodomontades et menaces insensées sur ordre d’un tiers, sur ordre de la France pour ne pas la nommer. Comme quand un maître sadique dit à son chien « Attaque! » en pointant du doigt un passant inconnu et le chien attaque l’innocent qui ne leur a rien fait.
C’est ça qui est révoltant, à la frontière de l’impardonnable ! Parce que, si on peut comprendre ça de la part d’un chien, on ne peut l’accepter de la part d’un humain.
Aminou Balogun
