Nord Sream & Prigojine : deux Actions Désespérées Made in US

La guerre d’Ukraine a été marquée jusqu’ici par deux actions rocambolesques qui, pour militaires qu’elles soient, n’en sont pas a priori une conséquence nécessaire et loyale, même si elles sont, dans leur inspiration, censées affaiblir la Russie voire la mettre en échec. Il s’agit de la destruction des Gazoducs Nord Stream I et Nord Stream II ; et ces jours-ci de l’aventure farfelue de Prigojine, le Chef de la milice privée Wagner de marcher sur Moscou.

La première action annoncée des mois à l’avance et promise par Biden a été fomentée par l’Amérique avec la complicité des États baltes, la Pologne et la Suède. Et sans nier l’autonomie et la responsabilité de Prigojine en tant qu’acteur, il ne serait pas étonnant que les États-Unis soient aussi derrière cette affaire, ne serait-ce que par le caractère rocambolesque, impair et désespéré qu’elle partage avec la première. Les milliards de dollars déversés sans compter et de façon non-stop sur l’Ukraine depuis le début de la guerre peuvent bien servir à tourner la tête à un chef mercenaire sans foi ni loi, avide d’entrer dans l’histoire et qui se rêve en calife à la place du calife.

Il est tout à parier que la folle équipée de Prigogine soit liée à l’impossible issue de la soi-disant contre-offensive ukrainienne qui apparaît non seulement comme un échec militaire mais surtout comme une tragédie humaine en raison de la stratégie russe de broyage qui décime ce qu’il en reste  des troupes ukrainiennes.

De ce point de vue, l’invraisemblable tentative de Prigogine de faire un coup d’État alors que son pays est en guerre apparaît pour ses commanditaires américains au mieux comme une pirouette, une manière inversée de gagner la guerre, de faire faire le sale boulot à l’ennemi lui-même ; au pire un écran de fumée ou le tombeau politico-médiatique de l’échec d’une contre-offensive qui a été plus rhétorique et médiatique que militaire, plus imaginaire que réel.

Alan Basilegpo