SOS, Qui Défend l’Afrique ?

Derrière le masque des indépendances, les états africains et leurs dirigeants putatifs ont pris le parti de la servilité aux intérêts occidentaux au détriment de ceux des peuples, du mépris de ceux-ci. Le mépris antique des Noirs par les Blancs qui a pris des formes différentes dans l’histoire continue avec le narratif trompeur de l’indépendance, et la subtile bénédiction des organisations comme l’ONU, qui ne sont en vérité que de malicieux machins au service des Occidentaux.

La politique est de tout temps et en tout lieu la résultante d’ambitions personnelles et la volonté de transformer le destin collectif. Dans le meilleur des cas qui a contribué à l’émergence des grandes nations, ces ambitions personnelles se soumettent au bien-être collectif qu’elles font passer avant les intérêts personnels

En Afrique,  à quelques exceptions près, c’est à tout le contraire que nous assistons : des individus, une minorité s’enrichit de façon obscène et scandaleuse au détriment de la quasi-totalité des peuples abandonnés à eux-mêmes, dans la pauvreté, acculés à une implacable déréliction. Même un Nelson Mandela, malgré son héroïque combat contre l’apartheid,   a dû se plier à l’ordre de conformation occidental, complaire aux exigences de leurs desiderata les plus cosmétiques au détriment des intérêts vitaux des Sud-Africains : complaisance et soumission qui ont été le prix même de sa notoriété en tant qu’elle est construite, homologuée et naturalisée par l‘Occident.

Sinon, dans la plupart des cas, la seule possibilité offerte au prétendu leader africain – qui en réalité ne lead rien du tout – est l’anéantissement du destin collectif africain, contre l’enrichissement et le pouvoir démesurés, l’accaparement des richesses nationales par une infirme minorité compradore, pendant que tout est fait pour que les peuples vivotent dans la pauvreté, et même la misère – condition idéale pour que les Blancs plus que jamais continent le pillage des richesses matérielles et humaines africaines comme ils le font depuis plusieurs siècles.

Pour amuser la galerie, ont été crées des organisations internationales et sous-régionales, souvent calquées sur des modèles occidentaux si ce n’est pas sur leur dictée : UA, CEDEAO, UEAC, UEMOA et tutti quanti. Mais cette noria d’institutions de pacotille n’est au mieux que du vent, car elles ne sont que des chevaux de Troie de la domination occidentale. De fait, elles ne sont pas seulement calquées sur le modèle occidental mais, dans une logique de lobbying, elles sont financées de l’étranger – Occident, Chine, etc… L’un des pays les plus acharnés dans cette ingérence crapuleuse en Afrique est la France, qui la tient comme une question de vie ou de mort. Tel un braconnier obstiné et impénitent, la France est sur tous les coups, dans tous les coups bas et tous les coups d’éclat ou d’État qui agite ou ensanglante l’Afrique. De la Côte d’Ivoire à la Libye en passant par le Rwanda, le Congo, le Tchad, la RCA, la France attise le feu de la guerre, des assassinats, et manipule crapuleusement les ficelles du TSAO (Terrorisme Subtilement Assisté par l’Occident) ; elle s’affirme comme le chacal de l’Occident dont elle jouit de la complicité, du silence et de l’appui ethnique pour ne pas dire ethnocentrique.

UA, CEDEAO, UEAC, UEMOA, ces organisations censées gérer l’Afrique reçoivent instructions et ordres de l’Occident qui les finance. Dans cette ingérence, même un pays comme la Chine n’est pas en reste, car fidèle à son instinct mimétique, elle a vite fait d’assimiler la méthode historiquement mise en œuvre par l’Occident pour voler et violer l’Afrique et l’applique sans états d’âme. Ainsi, des pans entier de terres fertiles africaines sont préemptés et vendus aux étrangers – Occidentaux, Chinois, Indiens, etc… —  et soustraits à l’exploitation agricole nourricière, pendant que les Africains meurent de faim. Le plus calamiteux c’est la soumission aux diktats occidentaux dont font montre les dirigeants africains insensibles à la souffrance de leurs peuples, au malheur des nations sœurs lorsque celles-ci sont aux prises avec l’Occident prédateur. Sous ce rapport, les pays anglophones paraissent plus émancipés que leurs homologues francophones, mais souvent, cette émancipation relative reste conditionnée : c’est à condition qu’ils ne bronchent pas pendant que la France, chacal de l’Occident viole jour et nuit leurs nations sœurs francophones.

Ainsi, à considérer un pays aussi imposant démographiquement et économiquement comme le Nigeria, que fait-il, qu’a-t-il jamais fait pour mettre en garde ou à distance la France dans ses manœuvres de pillage de l’Afrique de l’Ouest ? La France essaie-t-elle de voler l’Eco, une monnaie mise en chantier par la CEDEAO,  et en faire la nouvelle dénomination de son franc colonial d’Afrique ? Le Nigeria reste les bras croisés, malgré son poids lourd régional, elle ne dit rien et semble même satisfait par la manœuvre française, qui lui enlève une épine du pied quant aux responsabilités financières que la création de l’Eco l’aurait conduit à assumer à son corps défendant.

Voilà le genre de rôle ou d’absence de rôle que joue un pays comme le Nigeria qui n’a de grandeur que de nom à moins que ne ne soit dans la corruption ou la monstruosité phénoménale des inégalités sociales.

On a vu aussi l’attitude invraisemblable de ces pays à l’égard du Mali. Tous les peuples africains, la jeunesse africaine savent que les dirigeants actuels du Mali essaient de mettre en place une refondation de l’État qui garantisse de manière pérenne sa liberté et fasse qu’il fonctionne en faveur du peuple malien plutôt qu’exclusivement des Occidentaux. Au lieu d’accompagner cet effort, mais y voyant plutôt une menace ou un désaveu de leur posture  servile, les dirigeants ouest-africains, du Nigeria à la Côte d’Ivoire en passant par le Togo et le Sénégal, ont, avec une méprisable alacrité, obtempéré à l’ordre français d’étrangler le Mali. Comment comprendre ce choix contre nature impensable sous d’autres cieux, sur d’autres continents en dehors de celui où naguère se pratiqua la traite transatlantique ou transsaharienne des hommes ? Comment accepter d’étrangler son propre frère pour le plaisir d’un sadique étranger ? Pendant combien de temps cette anomalie signe de l’immaturité  morale et mentale, qui avait déjà été au principe de la traite négrière, pendant combien de temps cette anomalie absurde, cette intolérable injustice, cette collusion fratricide avec les autres, cette bêtise sinistre va-t-elle se donner libre cours sous nos cieux africains qui sont hélas l’endroit où la proclamation tapageuse de la fraternité est directement proportionnelle à son reniement, sa trahison, son mépris dans les faits et les actes ? Ce sont de telles choses qui renforcent les Blancs dans la conviction que l’Afrique est une terre de demeurés, peuplée de sous-hommes incapables de se prendre en mains et d’assumer leur destin – d’où leur impénitence et le harcèlement permanent qu’ils exercent contre nous.

Il y a aussi, lié à notre formation mentale perturbée par la prépondérance ou la prise en charge des systèmes symboliques occidentaux ou étrangers – langues, religions, états – la comédie schizophrénique à laquelle nous nous immolons souvent et qui met en conflit nos beaux discours dans la langue du Blanc où nous dénonçons les malheurs de l’Afrique, ses auteurs occidentaux, et nos actes qui, à la première occasion, trahissent la complicité, et la soumission à ceux-ci.

L’exemple récent de cette triste schizophrénie est offert par les agissements pathétiques de Nana Akufo Addo, le président du Ghana. Arrivé au pouvoir, on l’a vu se promener sur les scènes africaines et du monde, faire son show de diseur intelligent et original sur l’absurdité de la situation africaine et les voies et moyens d’en sortir, de dénonciateur de l’exploitation de l’Afrique par l’Occident. Or ce même bonhomme est celui qui, très rapidement, en tant que président de la CEDEAO, deviendra le complice de Ouattara et servira avec alacrité les intérêts  de la France, dont il exécutera et fera exécuter une à une les exigences les plus ruineuses à l’égard du peuple malien. Un chien de garde, en somme ; avec ses beaux discours et ses actes contradictoires, indignes et anti-africains, il a montré qu’il n’était rien moins qu’un chien savant. Que s’est-il passé entre le moment où Nana Akufo Addo faisait ses beaux discours d’homme perspicace sur la nécessité de d’émanciper l’Afrique et le moment où en complicité avec les Ouattara et consort, il s’est mis corps et âme au service de la France ? Est-ce le même homme ? A-t-il été menacé ? A-t-il subi un quelconque chantage ? Si oui, qu’avait-il à cacher ? Combien de millions de dollars ou d’euros ont eu raison de son patriotisme douteux ? Combien de caisses de champagne ou de bons vins français on arrosé ce malheureux reniement de soi, cette livraison de ses frères à l’ennemi ? Nul ne le saura jamais !

C’est pour cela que la question se pose de savoir qui défend l’Afrique. En dehors des Kemi Seba, Nathalie Yamb et autres Franklin Nyamsi Wa Kamerun, qui défend le continent noir ? Qui défendra l’Afrique sinon les peuples africains eux-mêmes ? La jeunesse africaine doit savoir qu’elle est orpheline et se lever pour prendre en main son destin, bouter dehors les renégats et les ludions de l’Occident qui ont juré de le servir au détriment de l’Afrique.

Adenifuja Bolaji

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