Patrice Talon : Confessions et Critiques d’un Électeur Déçu

VENDEUR D’ILLUSIONS !

En 2016, j’ai soutenu pour la première fois de ma vie mon premier candidat à une élection politique. Ce candidat n’était rien d’autre que Patrice Talon. J’étais pratiquement le seul dans ma famille à trouver en lui le candidat idéal. Pourquoi ? Parce que j’ai suivi la plupart de ses sorties médiatiques où il affichait son attachement avant et après tout à la DÉMOCRATIE. Il disait s’être embrouillé avec son ami Yayi parce que celui ci voulait aller contre la démocratie en souhaitant son aide pour un troisième mandat. Ça, il l’avait dit devant moi à Savalou lors de la campagne électorale de 2016.

Je m’attendais à un président dynamique, sérieux, rigoureux et surtout très démocratique. Après le lancement de son PAG, je m’attendais à une réalisation de plus de 70% avant la fin de son mandat.

Mais j’ai rapidement su qu’il n’était pas tant que ça un président extraordinaire. Il avait simplement la langue mielleuse pour dire aux Béninois dans le temps ce qu’ils rêvaient d’entendre et cela lui a fort marché. Une fois au pouvoir, il nous a montré son vrai visage et pour quelqu’un comme moi ayant encore une conviction, il m’est impossible de défendre un régime pareil.

Pour un Monsieur qui est arrivé au pouvoir principalement par des voies démocratiques comme par exemple les grèves dans plusieurs secteurs (dans les revendications à l’époque les syndicalistes mettaient  le retour des exilés politiques, et même quand les revendications concernant directement leur secteur étaient satisfaites, la grève continuait pour ces exilés politiques dont PT). Aujourd’hui, le droit de grève est retiré aux travailleurs par quelqu’un qui se disait attaché à la démocratie et qui a pu bénéficier de celle-ci pour mettre la pression et retourner dans son pays.

– Organisation d’une élection législative sans opposition, ce que Yayi ne pouvait jamais oser faire pendant son mandat parce qu’il aurait ceux qui ont cautionné ça aujourd’hui sur le dos avec des marches de mercredi rouge à n’en point finir. Même dans les pays les plus reconnus comme dictatoriaux, il y a au moins un opposant à l’Assemblée nationale.

Le jour de l’élection, on nous coupé internet pendant 24 heures, sous Patrice Talon, s’il vous plaît, c’est juste incroyable quand on se rappelle ce qu’il disait avant d’être élu !

Pour une première fois depuis 90, on organise une élection avec des violences conduisant à des pertes en vie humaine, et il y a des gens qui soutiennent ça. Moi, non, jamais!

Après les élections, des militaires ont osé tirer à balles réelles sur des manifestants et ceci sous un Patrice Talon qui se disait attaché à la démocratie. Ce monsieur jouait définitivement à la comédie lorsqu’il parlait et critiquait le yayisme. Il faut le rappeler, il était pendant plusieurs années l’un des soutiens de ce système. On s’est vraiment fait avoir.

On a enfermé chez lui pendant 50 jours un ancien chef d’État sous Patrice Talon, chers lecteurs, ça en dit tout.

-On vote un code du numérique pour mieux intimider les activistes et journalistes qui ne dansent pas au son de la même musique que le régime. Les cas Ignace, Casimir, Habib et autres sont là.

-On a, sur des  motifs bizarres, fermé  une radio qui a d’ailleurs contribué à l’avènement de Patrice Talon au pouvoir grâce à ses analyses souvent contre le yayisme. Les auditeurs de Soleil FM savent très bien de quoi je parle.

-Le journal La Nouvelle Tribune est encore interdit de parution malgré une décision de justice ordonnant le contraire et ceci sous Patrice Talon, lui qui, sous Yayi tirait à boulets rouges sur le non respect de notre justice.

Il y a plusieurs autres atteintes graves à notre démocratie sous ce régime (on ne peut même pas tout citer dans un article) qui font très mal, pas parce que ça été fait forcément mais parce que ça été fait sous  Patrice Talon qui condamnait pour moins que ça sous Yayi et qui promettait mieux. C’est décevant de noter si tant d’incohérences entre ce que disait un leader avant sa prise de pouvoir et ce qu’il fait une fois à son ascension. On aurait dit un Alpha Condé bis.

Il peut transformer Cotonou en New York (sur ce plan, c’est encore une catastrophe), il ne pourra plus jamais réussir à guérir les blessures qu’il a par ses actes causées à des millions de Béninois qui croyaient en lui. Son mandat est un échec cuisant, il n’y a que ceux qui profitent de son système et ceux qui refusent de voir qui puissent dire le contraire.

Si seulement tout ce que j’ai cité plus haut, nous avait permis de sortir de l’extrême pauvreté et de joindre tous ensemble les deux bouts, le degré du désordre ferait peut-être moins mal. Mais non, non seulement nos poches souffrent mais l’on n’a pas peur de nous cribler de taxes de tous genres.

Aujourd’hui, pour faire un bilan, on s’accroche à des classements ridicules d’organisations qui ne vivent pas les mêmes réalités que nous. Celui de la Banque Mondiale a été récemment annulé… C’est vraiment un échec de voir que pour prouver ce que l’on a fait pour ses concitoyens, il faut aller chercher dans des magazines des classements bidons.

Non seulement, ils n’ont rien rompu, ils ont continué le yayisme mais en pire. On a un problème de système.

Si on est sincère envers soi même et que l’on porte un véritable amour pour sa patrie, on ne peut plus continuer à soutenir un tel régime qui va malheureusement de mal en pis. Un régime qui miroite à ceux qui oublient vite, qu’il est encore la solution pour 2021 alors que depuis 2016, il a été majoritairement un gros problème.

Mon souhait est que les Béninois fassent l’erreur de lui renouveler son mandat afin que cette fois ci tout le monde puisse bien percer la dangerosité de ce que certains d’entre nous dénonçons…

Mahussi CAPO-CHICHI ( source facebook du ministre Sylvain AKINDES)

2 commentaires

  1. A le lire, Monsieur Sylvain Akindes aurait donc souhaité que les grèves récurrentes continuent de sévir dans notre pays, avec son cortège funèbre de morts dans les hôpitaux paralysés, l’enseignement à rythmes intermittents…et j’en passe. Merci à lui pour son amour du peuple de notre pays. A bon entendeur…

    • Merci Cher ami pour ta réaction à ces «Confessions et Critiques d’un Électeur Déçu ». Ces confessions ne manquent pas de sens, et méritent que plus d’un Béninois prenne position à leur sujet. C’est ce que tu as fait, et je ne peux que t’en féliciter. Toutefois, dans ton commentaire tu apostrophes (attaques ?) M. Sylvain Akindès, alors qu’il n’est pas l’auteur de ces confessions ; il n’a fait que relayer ce post d’un compatriote qu’apparemment il ne connaît pas, et dont seule la pertinence du témoignage lui paraissait digne d’être partagée. C’est ce que nous avons aussi fait à Babilown…
      Ce que je pense c’est que le pragmatisme de Talon peut paraître nécessaire dans le contexte culturel de nos pays africains, où nous exigeons volontiers la démocratie idéale, sans tenir compte de la réalité, ou des implications néfastes de son application aveugle, parce que cela nous arrange sur le moment, et que cette approche mimétique et formelle, souvent fantasmée parce que n’existant pratiquement nulle part, surtout lorsqu’elle ne vise qu’à paralyser l’adversaire, le pouvoir, peut être stérile et nuisible. Des pays africains où l’alphabétisation est à la peine, où se posent d’urgents problèmes matériels et moraux ne peuvent pas faire de la déification de la démocratie leur préoccupation majeure. Cela étant dit, la confiscation totale du jeu démocratique conçue comme condition sine qua non de la possibilité politique sous nos cieux, si elle est politiquement sujette à caution et moralement embarrassante, peut se discuter si le « confiscateur » est au-dessus de tout soupçon, blanc comme neige. Si sa violence confiscatoire vise un souverain bien, c’est-à-dire si elle n’est pas le moyen d’autre chose, elle peut se comprendre. Ce qui est répugnant et fait problème en l’occurrence c’est que la confiscation de la démocratie à laquelle nous assistons sous le régime dit de la rupture vise d’abord et avant tout la possibilité pour un homme, ou un faisceau d’individus, de consolider et sanctuariser leurs affaires, consolidation et sanctuarisation pour lesquelles la réussite hypothétique de leur action politique ne serait le cas échéant qu’un masque et un prétexte.
      Faut-il brider la démocratie à cette fin ? Je ne le crois pas ! C’est moralement insoutenable
      BA

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