Afrique : Démocratie et Education

Sans un peuple éduqué la Démocratie n’est qu’un vain mot, sinistre bal masqué pour aveugles et sourds-muets. Or en Afrique, le problème de l’éducation se pose à plus d’un titre.

Il se pose en raison de la pauvreté paradoxale de l’Afrique sollicitée à son corps défendant par les autres continents, races et nations, notamment les Occidentaux, et de nos jours les Chinois qui ne se gênent plus sur ce terrain du pillage où les Européens les ont précédés depuis plusieurs siècles. Cette pauvreté induit le manque de moyen pour financer l’éducation, réduite à la portion congrue selon l’adage qui dit que « ventre affamé n’a point d’oreille ».

Il se pose aussi en raison du parti-pris aliénant du semblant d’éducation qui est dispensé à une classe souvent urbaine minoritaire dans la continuité des pratiques et choix coloniaux d’antan. Ainsi dans ce cadre et pour une éducation tout ce qu’il y a de plus basique, les enfants africains sont forcés à découvrir le monde dans la langue non seulement des étrangers, mais parmi ceux-ci, celle de leurs pires prédateurs depuis plusieurs siècles. Qu’est-ce que la gazelle peut apprendre d’édifiant dans la langue du lion ?

En plus de cela, et fidèle à la logique d’extraversion sous laquelle elle ploie lamentablement, l’éducation africaine ne fait preuve d’aucune originalité pour se mettre en adéquation avec les besoins des sociétés africaines.

Pour toutes ces raisons, non seulement l’éducation lettrée et la culture en tant qu’elle implique l‘esprit critique, susceptible de rendre les hommes et les femmes aguerris et dotés d’une représentation objective du monde font cruellement défaut, mais aussi et surtout l’éducation active de qualité exclut la grande majorité de la population. Même ceux qui ont été à l’école manquent de nourriture culturelle et d’outils intellectuels pour exercer leur pleine citoyenneté, dans la mesure où l’éducation, en Afrique, se limite uniquement au versant basique d’une scolarité étique au détriment du versant nourricier de la culture qui n’existe pour ainsi dire pas. On comprend pourquoi le débat politique en Afrique se réduit au fétichisme électoral et à des considérations religieuses et ethniques, source de tensions, de violence et de guerres civiles.

Dès lors, comment peut-on sérieusement parler de Démocratie en Afrique ? Comme Diogène, on chercherait longtemps la Démocratie en Afrique avec une lanterne en plein jour, et au mieux on ne trouverait rien qu’un sinistre bal masqué pour aveugles et sourds-muets, organisé par une tourbe infecte de profiteurs à la solde des intérêts étrangers. Un bal masqué qui dégénère souvent en échauffourées plus ou moins meurtrières.

Prof. Cossi Bio Ossè

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