
Au Bénin, naguère sous Yayi Boni, c’était la corruption, la fraude et le hold-up électoraux à tous les étages. Maintenant sous le règne révélateur de son successeur Patrice Talon, c’est la nomination tous azimuts des cadres de l’État – ce qui se comprend – mais aussi des députés de l’Assemblée nationale et des conseillers et maire des communes – ce qui se comprend moins.
D’un point de vue éthique, cette évolution marque incontestablement un progrès : le peuple n’est plus dupe, les choses sont claires, tout le monde voit clairement ce qu’il se passe et la supercherie électorale a perdu son lustre et sa royauté d’antan.
Mais subsiste un travers navrant à ces deux approches vicieuses de la démocratie : c’est le fait de dépenser l’argent public pour faire des élections en apparence mais dont les issues n’ont rien à voir avec la volonté du peuple, mis hors jeu en permanence.
Par-dessus tout, le cynisme de ce progrès en trompe l’œil dont le peuple se serait volontiers passé est un révélateur des failles et vices rédhibitoires du Renouveau Démocratique.
Adenifuja Bolaji
