Lettre à Pancrace sur le Cri de Détresse des Béninoises Harcelées

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writting5Mon Cher Pancrace,

Dans ta dernière lettre, réagissant à l’actualité du moment qui agite les réseaux sociaux béninois, tu me demandes : « pourquoi  dis-tu que le cri des journalistes sexuellement harcelées, agressées, abusées, voire violées, cri qui, il faut le dire, renvoie aux cris silencieux de milliers d’autres filles et femmes dans tous les secteurs d’activité de la société béninoise – car si le secteur des média a porté ces mœurs phallocratiques au niveau d’un vice esthétisé, il est loin d’en avoir l’apanage – ; pourquoi ce cri, dis-tu, risque-t-il de ne pas avoir plus d’effet qu’un coup d’épée dans l’eau ou un cri dans le désert ? Pourquoi risque-t-il de s’éteindre comme un feu follet ? »

Mon cher Pancrace, je m’en vais te répondre sans tourner autour du pot, ni prendre des gants. Eh bien ce cri risque de s’éteindre bientôt parce que ceux qui doivent l’écouter et l’entendre, ceux qui doivent y donner réponse de par leur situation, rôles et pouvoirs dans la société sont – hommes ou femmes – pour la plupart empêtrés dans ce vice jusqu’au cou. Ils ne sont pas éthiquement fondés ou à l’aise pour ce faire. Le nombre d’hommes politiques qui n’a pas profité de son pouvoir pour attoucher, harceler, saisir, détourner, draguer, courtiser de force, violer des filles ou des femmes même mariées, ce nombre hélas se compte sur les doigts d’une main. Sans parler des hommes de pouvoir dans les administrations ou la direction des sociétés, nous parlons ici de Présidents de ceci ou de cela, de Ministres, de Députés, de Maire, etc… Que ceux qui sont blancs comme neige sous ce rapport se lèvent et sortent des rangs !

Quant aux femmes si la nature ne les a pas faites  instinctivement et anatomiquement violeuses, celles qui sont parvenues à des postes de pouvoir et dont les voix et les positions pourraient servir de renfort ou de relais légitimes à ces cris de détresse et de souffrance, dans leur longue ascension vers le Graal politique ou socioprofessionnel, combien n’ont pas pris leur parti de ce vice ? Combien n’ont pas joué le jeu ?  Combien ne se sont tues sur les harcèlements et les coucheries forcées, combien ne les ont  considérés comme des passages obligés, le prix à payer pour atteindre tel ou tel but ? Combien ne les ont considérés comme un tribut au mâle dominant, une manière de faire l’âne pour avoir le foin et qui, aujourd’hui, de par leur réussite, s’estiment justifiées dans leur choix ?

Là est le problème, et voici au moins deux raisons pour lesquelles le cri de détresse de ces malheureuses femmes risque de s’éteindre comme un feu follet.

Amicalement,

Binason Avèkes

radio3

Les propos de Monsieur NOUROU DINE SAKA SALLEY CONCERNANT LE HARCÈLEMENT SEXUEL

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3 commentaires

  1. Ci Joint le communiqué de l’UPMB
    La pseudo « amical » des femmes de l’ORTB devrait s’en inspiré
    Ce qu’elles ont pondu hier , je me suis abstenue de tout commentaire : c’est absolument indigne !
    Merci Madame Zakiath LATOUNDJI
    #stopharcèlement

    COMMUNIQUE UPMB / 2020

    📣📣L’UPMB condamne le #harcèlement sexuel dans les médias au Bénin et lance une #cellule d’#assistance juridique aux #victimes

    A l’instar de l’opinion publique, l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB) a été informée, par le canal des réseaux sociaux, des dénonciations de cas de harcèlements sexuels dans certaines entreprises de presse du Bénin.

    De ces #dénonciations faites par des femmes journalistes suivis de nombreux autres témoignages ayant traits aux mêmes pratiques, il ressort que nombre de cas de harcèlement et de viols ont été déjà recensés dans le rang des médias béninois et malheureusement passés sous silence par les victimes.

    Ces faits, d’une extrême #gravité pour l’expression du potentiel des femmes des médias et pour leur plein épanouissement dans la corporation, ne saurait laisser l’UPMB indifférente d’autant plus que, saisissant l’occasion de la célébration de l’édition 2020 de la Journée internationale de la femme, elle avait organisé avec le soutien technique de l’Ambassade des Pays-Bas au Bénin, un atelier de réflexion sur le leadership dans les médias au Bénin le 12 Avril 2020 ; ladite séance avait d’ailleurs permis de faire des recommandations portant entre autre sur la prévention et la lutte contre les violences à caractère sexuel à l’encontre des femmes dans la presse béninoise.

    Aussi, #scandalisée par ces révélations fracassantes de cas qu’elle condamne avec fermeté et pour lesquelles elle exhorte la justice à mener les investigations idoines aux fins de sanctions appropriées, l’Union des Professionnels des Médias du Bénin dont la mission est, entre autres, de soutenir et protéger les professionnels des médias dans l’exercice de leur fonction dans un cadre sécurisé, d’assurer la défense des intérêts matériels et moraux des professionnels des médias et d’œuvrer au respect de l’intégrité physique et morale de ses membres, exprime-t-elle sa compassion et sa solidarité à tous les acteurs des médias victimes de ces actes ignobles et indignes de la profession de journaliste au Bénin.

    Elle invite les #responsables des entreprises de presse concernées par les dénonciations à faire appliquer des sanctions exemplaires aux auteurs des actes de harcèlement et autres sévices sexuels perpétrés mais aussi de mettre en place des mécanismes de prévention de telles déviances dans le milieu des médias au Bénin.

    Pour sa part, l’#UPMB informe tous les professionnels des médias ainsi que l’opinion publique nationale de la mise en place et du lancement prochain d’une Cellule d’aide et d’assistance juridique aux professionnels des médias victimes de tout type d’abus (sexuel, judiciaire…) ou attrait devant la justice dans l’exercice de leur profession.

    Fait à Cotonou le 04 Mai 2020

    La Présidente,

    Zakiatou O. LATOUNDJI

  2. Félicitations. !!!

    Merci beaucoup pour cette réaction de l’UPMB.

    Chère Madame, il faut que ça change.

  3. Eh oui, que celui qui n’a jamais désiré et agressé une femme vienne jetter la première pierre aux autres…
    Et que la femme qui n’a jamais été violentée dans son corps vienne jeter la première pierre aux autres…

    Merci Binason Avèkes pour votre réalisme et votre franc parler et pour avoir dit tout haut à Pancrace ce que tout le monde pense bas.

    Ceci laisse un goût très amer à nous autres femmes.

    Mais laissez moi vous dire que je suis très optimiste par rapport à l’issue de cette affaire qui est loin d’être un feu follet et que vous appellez à tort « le cri de détresse de ces malheureuses. »

    Moi, je crois à la VIE. Et la vie reprend toujours ses droits là où on croit qu’elle n’est plus.

    Les viols et autres comportements débridés de la gente masculine vis à vis des femmes existent depuis la nuit des temps. Nos ancêtres, nos grands mères, nos mères, nous mêmes avont été violées. Nos filles et petites filles y compris ceux des violeurs aussi seront violées à leur tour.
    Soit.
    1.
    En observant la planète, ne voyez vous pas que les gens n’hesitent plus à dénoncer les violeurs de tout accabit, même les Présidents en ont pour leur compte. Les condamnations pleuvent avec des dédommagements faramineux à la clé…
    La dénonciation est donc dans l’air du temps.
    Les africaines, avec l’aide des réseaux sociaux commencent à parler, à dénoncer car, nemo censetur ignorare legem, nul n’est censé ignorer la loi.
    Ce faisant, elles atteignent surtout l’honneur de ces délinquants et portent atteinte à leur vie privée.

    2. Observez également que les gens ne se marrient plus, les mariés divorcent, l’homosexualité et toutes les autres tares qui détruisent la sociéte actuelle prennent de l’ampleur.

    3. Les femmes, lasses des assauts criminels des hommes se réfugient dans les bras les unes des autres et ne sont plus disponibles pour les hommes qui en font autant avec leurs semblables. Les lesbiennes et les gays ont maintenant pignon sur rue. Dans certains pays, ils sont mêmes protégés par la loi.

    4. Les couples ne font plus d’enfants comme voulu par le Créateur.
    Dans le futur, qui violera qui ???

    Peu importe la durée de la nuit, le jour finit toujours pas se lever.

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