Harcèlement moral, Harcèlement sexuel, Les viols et les violences intra-familiales.

ameyo

EN FINIR AVEC LA SOUFFRANCE SILENCIEUSE DES FEMMES:

zinsou michèle 1Un Rappel:
Octobre 2019
Des journalistes d’investigation de la BBC Africa’ Eyes, sous la direction de Kiki Modi, femme noire, journaliste émérite, auteure de plusieurs documentaires ont mis à nu le harcèlement sexuel dans le domaine de l’éducation.

Sur la base de plaintes rédigées par des étudiantes ghanéennes et nigérianes, la BBC a appuyé la réalisation d’un documentaire. Au cours d’une année entière d’enquête incluant des enregistrements de caméra cachées sur les professeurs indexés par des jeunes femmes issues de l’université de Legon, Ghana et de l’Université  UNILAG de Lagos. Ces éducateurs organisés en réseaux violaient pendant des années les étudiantes pour leur entrée à l’Université et ce jusqu’à la fin de leur cursus universitaire.
Le pire des cas était celui de Lagos, Prof. Boniface Egbenebo qui avait aménagé un local au sein de l’université à cet effet.

Il a été radié à vie et ceux du Ghana, le Prof. Ransfor Gyampo et le Dr Paul Butakor ont seulement été suspendus pour respectivement 6 et 4 mois sans salaire avec l’obligation de participer à un training sur les procédures de l’université relative au harcèlement sexuel et à la mauvaise conduite. Ils doivent être évalués pendant 5 années successives et n’auront accès à l’Université qu’après une bonne évaluation.. etc…

Minables châtiments pour des crimes en séries.

« Sex for grade » est le titre du Documentaire sur le Net. En français « Sexe pour obtenir des diplômes. »
Sur http://www.bbc.com.

Les journalistes de la BBC ont obtenu un prix à Abuja lors de la Journée Mondiale de la Justice Sociale pour l’exposition de ces pratiques inhumaines et dégradantes : sanctions disciplinaires et des reformes des politiques et procédures dans les deux universités, tolérance zéro pour le harcèlement sexuel à l’Université qui dispose désormais d’une plate forme pour la dénonciation des femmes et aussi des hommes coupables de harcèlement alors que les plaignantes qui n’ont pas été dédommagées au moins moralement (avoir eu le plaisir de voir leurs violeurs payer pour leurs crimes par des peines de réclusion). Elles auraient pu ester en justice également.
Dans les pays développés, la souffrance morale infligée pour harcèlement sexuelle est payée a un prix très fort, des millions de dollars alors que la souffrance morale n’a pas de prix.

Angela, Elvire , Pricille, Pélagie et toutes les autres qui ont été victimes d’abus de toutes sortes aujourd’hui se lèvent pour dénoncer leurs violeurs parce qu’elles ont mal et leur cas est similaire à ceux des étudiantes des universités précitées. Et si les étudiantes de nos universités avaient aussi le courage de parler, la moisson serait abondante.

Ces femmes journalistes dont on a gâché la vie, en embrassant cette profession,  avaient de grandes ambitions. Elles rêvaient de devenir à terme de grandes journalistes comme Amanpour de CNN, Christine Ockrent, France 3, et pourquoi pas une grande dame des médias comme Oprah Winfrey (qui est actuellement la deuxième femme noire la plus riche du monde). Elles étaient aussi sûres de jouir de la libre communication de leurs pensées et de leurs opinions et le respect dû à toute personne humaine. Elles n’ont eu ni l’un ni l’autre.
Alors, au lieu de se taire ou de fuir pour aller faire leur deuil, elles ont eu le courage d’ACCUSER. Elles l’ont fait individuellement, alors que pour être sûre de gagner elles auraient dû s’associer pour peser dans la balance afin de mieux continuer la bataille parce qu’elles viennent volontairement de créer des  » Présumés Coupables » qu’elles invitent l’opinion à Juger Coupables.

Ce faisant, elles sont absolument dans leur rôle puisque le rôle le plus important et irremplaçable de la Presse aujourd’hui, c’est la défense des libertés. Une presse digne de ce nom parle des injustices, révèle les discriminations et les atteintes aux libertés pour mobiliser l’opinion et contraindre les Etats.

Mais chez nous en Afrique francophone, pour nos étudiantes et nos femmes violées, Amnesty International , l’Observatoire des Droits Humains, la Société civile, la Presse, puis les femmes elles-mêmes réagiront certainement. La presse béninoise en fera ses choux gras le lendemain et point final, ces plaintes tomberont dans le domaine les faits divers et la stigmatisation va commencer.

Dans le cas des étudiantes, les Universités ont saisi cette occasion pour redorer son blason, et UNILAG a radié le Professeur criminel, mais quid de ces filles ? Qui s’occupe de ce qu’elles ressentent, de ce qu’elles vivent, de la Loi du Silence à laquelle elles sont soumises surtout chez nous en Afrique, où le patriarcat sévit toujours.

Par ailleurs, les prédateurs se soutiennent toujours entre eux. Ils opèrent dans toutes les sphères de la vie publique et privée, pas seulement sur les lieux de travail. On traitera ces dames qui ont osé, de Putes parce que non soumises ou alors de paranoïaques qui ont inventé ces faits pour justifier pourquoi elles ont échoué professionnellement ou alors on va considérer qu’elles auraient été prises d’un délire passager.

Espérons que nos plaignantes que les criminels vont attaquer en bonne et due forme pour mieux les détruire, sauront réunir les preuves irréfutables de ce dont elles se sont plaintes, parce que personne ne leur fera de cadeau.

Cette affaire pose le sempiternel problème des libertés individuelles : Droit à la sûreté, liberté d’aller et de venir, l’inviolabilité du domicile, liberté du mariage, Droit au respect de la vie privée etc….et illuminant ces libertés, le respect du Principe de la Dignité de la personne humaine. La DIGNITÉ est ce qui reste aujourd’hui à l’Homme, au Citoyen pour défendre ses libertés violées et bafouées dans ce qui lui est le plus cher, son corps.
De plus en plus, il faut noter que les langues se délient, les victimes reprennent la parole, mais les écoute t-on, et même si on le fait, quelles en sont les conséquences ?

Rappelons que la plupart des Constitutions mentionnent que la Personne humaine est inviolable et sacrée et que dans tous nos pays des lois existent avec leurs garanties juridictionnelles et institutionnelles, des Lois qui peuvent assurer la sécurité juridique des femmes, mais les connaissent-elles pour y avoir recours ?
Celles-ci sont rarement appliquées et pour cause: les femmes par peur des représailles en milieu professionnel et en famille et même dans le mariage ne vont pas ester en justice, ce problème est connu et existe depuis des lustres et sur tous les continents. C’est une véritable institution et que de larmes et de sang ont été versées, que de crimes impunis !!!
Ce n’est même pas une question de culture.

J’espère que les personnes indexées n’oublieront jamais de dire à leurs propres filles de ne pas aller chercher du travail à l’ORTB et sur autres télévisions béninoises parce que là-bas les prédateurs rôdent.

Et tant que les hommes harceleurs et adorateurs du sexe tous azimuts n’auront pas compris que c’est un signe de Grande Faiblesse et un Crime de lèse humanité que de baisser son pantalon devant une personne sans défense à la recherche de diplômes, d’emploi ou de savoir faire en entreprise, ils seront toujours comparables à des animaux que l’on devrait ramener dans les zoo auxquels ils appartiennent et d’oú ils n’auraient jamais dû sortir, ou alors il faut les punir très sévèrement, puis les castrer en cas de récidive.

JF.Kennedy a dit : « La vie est faite de victoires et de tragédies ».  J’ai l’espoir que Justice sera faite.

Bon courage à nos Amazones, ou plutôt à nos Héroïnes parce que l’Histoire du Bénin rapporte que au royaume d’Abomey, tout Homme qui bravait l’interdit suivant « ne jamais coucher avec une AGODJIE sous peine de mort immédiate » passait de vie à trépas naturellement, et rien ne pouvait le sauver.
Agodjié (ne me touche pas) est le vrai nom des amazones du royaume d’ Abomey.

Il faut croire que nos ancêtres savaient mettre de l’ordre chez eux et défendaient mieux la femme qu’ils punissaient également en cas d’adultère.

SAUVEGARDONS LA DIGNITÉ DE NOS FEMMES ET DE NOS FILLES.

NON A LA TORTURE PHYSIQUE ET MENTALE DES FEMMES.

NON A LA DÉGRADATION DE NOS VALEURS.

OUI A TOUTE RÉSISTANCE ACTIVE ET EFFECTIVE DES FEMMES A TOUTE OPPRESSION D’OÙ QUELLE SOIT.

Michèle Abègnonhou

copyright5

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s