Le Racisme, une Distraction Blanche

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Nous les Africains Noirs, surtout en Occident, nous nous laissons facilement distraire par ce qu’il est convenu d’appeler « racisme ». En gros, ce mot signifie tout acte, discours attitude ou comportement dépréciatif, haineux ou agressif à l’égard d’un Noir pour la seule raison qu’il est un Noir.

Quand les mêmes discours, attitude ou comportement se manifestent à l’égard d’autres catégories ethniques ou culturelles parmi les populations blanches de l’aire européenne, il y a souvent des mots spécifiques pour les désigner. On parle d’antisémitisme lorsqu’il s’agit de juif, d’islamophobie lorsqu’il s’agit de musulmans, ou d’arabophobie lorsqu’il s’agit d’Arabe.

Le fait que le mot racisme soit implicitement réservé au Noir, et qu’en Occident lorsqu’on parle de racisme, instinctivement le spectre du Noir agressé, méprisé, frustré de ses droits  par un Blanc apparaisse est déjà en soi un sujet de méditation. Mais alors pourquoi nous autres Noirs sommes-nous si sensibles, si susceptibles, si à cran chaque fois que les Blancs – qu’ils soient Européens, Arabes ou Juifs du reste – se montrent prétendument racistes à notre égard ? Pourquoi ne nous demandons-nous pas jusqu’à quel  point ces manifestations idiotes socialement endémiques ne sont pas des postures sciemment mises en scène aux fins de pure distraction ?

Implicitement, le racisme du Blanc à l’égard du Noir renvoie au discours de la supériorité culturelle et intellectuelle.  Comme, qu’on le veuille ou non, c’est l’intelligence qui ordonne la chaîne des animaux, le plus intelligent des hommes s’arroge tout naturellement le titre d’homme et les autres sont renvoyés à leurs chères études en sous-humanité.

Mais à y regarder de près, en tant que discours à l’œuvre dans un espace national ou ethnique historiquement constitué aux dépens des autres, le racisme est d’abord et avant tout un discours de réaffirmation de fantasmes et d’impénitence active, et donc en tant que tel une distraction.

La question de la supériorité du Blanc est intéressante, et peut faire l’objet d’un examen approfondi. Mais quel rapport cela a-t-il avec le fait que les Blancs pillent l’Afrique, la violentent, la dominent sous des formes variées depuis un demi-millénaire ? Le discours du racisme – le fait que le Blanc soit éventuellement supérieur au Noir – n’est qu’une distraction, une stratégie pour cacher et déplacer la vérité, à savoir l’inacceptable et non moins permanente spoliation de l’Afrique noire.

Un homme croise un garçon sur une jolie trottinette au coin d’une rue obscure. Sans autre forme de procès, l’homme arrache la trottinette à l’enfant sous prétexte qu’il est supérieur à celui-ci ; supérieur c’est-à-dire plus âgé. Mais quel rapport la supériorité d’âge a-t-il à voir avec l’autoritaire dépossession du jeune garçon par ce voleur ? Parce que,  à ses propres yeux comme aux yeux du monde, il ne veut pas passer pour un voleur ; alors il prend les devants et excipe de sa supériorité…

Telle est l’une des fonctions sociologiques des mille et un scénarii et manifestations de racisme dont  la vie sociale en Occident est si friande…

Arigbabuwo Badejo

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