Le Noir et sa Carcasse : Discours sur le Cannibalisme International

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Si le poisson était égal à l’homme ce serait un péché de le pêcher. Et nous ne l’aurions pas à table à dîner. L’infériorité, ou si l’on veut, l’inégalité parmi les êtres vivants est à la fois la justification morale et le motif mental de la manducation.

C’est ainsi qu’il faut comprendre le discours sur l’inégalité parmi les hommes, ou plus exactement l’idéologie qui le sous-tend et dont la fonction première est de justifier la domination naturelle des uns par les autres, l’exploitation naturelle des uns par les autres.

La sujétion qu’a subie la race noire à travers l’histoire, et qui a permis aux diverses composantes de la race blanche   — Judéo-chrétiens européens et arabo-musulmans du Proche-Orient – de disposer d’elle et de ses richesses sans ménagement et de façon inhumaine ; de même que l’impénitente continuation de cette sujétion par l’Occident capitaliste sous le patronage actif de la France ne vise qu’à faire pitance du Noir dès lors qu’il est posé comme inférieur.

De ce point de vue, le racisme est un discours magique qui justifie le cannibalisme de fait inhérent aux rapports humains sur le mode de la dénégation. Les Noirs sont inférieurs, doivent absolument être inférieurs, c’est pour cela que les Blancs qui sont supérieurs vivent d’eux, par la médiation  matérielle et les rapports de domination imposés. Quand le Noir meurt sans vivre sa liberté et le Blanc vit et prospère dans sa liberté aux dépens du  Noir, comment peut-on qualifier autrement cet état de chose sinon du nom de cannibalisme ?

Cette justification du cannibalisme historicisé des rapports humains  n’est pas de même nature que le concept marxiste de rapport de production ; en effet, celui-ci est appelé à être balayé par la Révolution tandis-que celui-là s’insère dans un cycle stabilisé d’évolution proprement darwinien. En outre, la justification du cannibalisme est à usage mental car d’elle dépend la possibilité psychique de nier l’humaine égalité du Noir par le Blanc, du consommé par le consommateur ; la possibilité de réduire le Noir à l’état d’un être inférieur dont l’infériorité justifie la sujétion, la réduction et la réification dans l’indifférence générale et permanente.

Dans le monde tel qu’il tourne, le Noir cumule deux impédimentas qui l’acculent dans la condition d’objet idéal du cannibalisme historicisé introduit par l’Occident : ses faiblesses  – militaires, technologiques et sociologiques – et sa nette différence morphologique qui fonctionne comme un discriminant visuel, un indicateur de ségrégation et de mise à distance en tant qu’objet naturalisé de consommation.

C’est dire qu’en ce 21ème siècle où nous vivons et en dépit des grandes proclamations sur les Droits de l’homme dont les Blancs sont à la fois les promoteurs tonitruants  et les spécialistes infatigables, l’infériorité de ceux qui sont morphologiquement différents d’eux – et dans la mesure où leur faiblesse le permet – est le ferment du parti-pris cannibaliste de ces pseudo-humanistes qui mènent le monde, avec leurs instruments pièges internationaux comme l’ONU, l’OMS, l’UNESCO, la BANQUE MONDIALE, le FMI, l’OIT, etc.. Qu’on le veuille ou non, le racisme, c’est-à-dire en clair le discours qui pose objectivement  les Noirs comme des sous-hommes, a de beaux jours devant lui dans la mesure où il constitue la superstructure même de l’infrastructure du cannibalisme historicisé qui définit les rapports internationaux.

L’horizon philosophique, culturel et éthique du capitalisme occidental est le matérialisme ; et la cupidité est son moteur. Dans la mesure où la question de l’inégalité des richesses implique, comme c’est le cas dans le règne animal, que les plus grands mangent les plus petits, le système dominant du monde, a besoin d’une solution de continuité morale ; l’élection du Noir comme objet du cannibalisme historicisé va donc de pair avec le discours sur son infériorité dont les Blancs ont absolument besoin pour continuer de manger le Noir  — le manger c’est-à-dire, le dominer, le violer, le voler, piller ses terres et ses richesses, l’exploiter sexuellement, physiquement, et intellectuellement. Bref, exploiter en lui et chez lui tout ce qui peut l’être et ne lui laisser que des miettes ou la carcasse vide.

Adenifuja Bolaji

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