Bénin, Débat: Aux Origines de la Crise

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J’ai prédit ce qui arrive au Bénin actuellement depuis 2001.

Résultat de recherche d'images pour "Christophe Assogba"Ce qui m’a fourni le premier signe indicateur de l’immaturité relative de la conscience populaire de ce peuple, au-delà de toutes les apparences d’infuseur de démocratie en Afrique subsaharienne, c’était les évènements entre le premier et le second tour des élections présidentielles de mars 2001. Soglo et Kerekou, candidat a sa propre succession, venaient en tête et se qualifiaient pour le second tour, conformément à la loi électorale.
Pour le second tour, Soglo a remis sa lettre de désistement à la Cour Constitutionnelle qui venait de rejeter sa requête pour l’annulation du scrutin sur toute l’étendue du territoire national. Le candidat avait à maintes reprises menacé de boycotter le second tour du scrutin si la haute juridiction n’accédait pas à sa demande de clarification des irrégularités liées au gonflement du nombre des inscrits sur les listes électorales, aux disparités entre les chiffres de la Cour et de la CENA et à l’annulation massive de ses suffrages dans les départements de l’Atlantique et du Littoral, son fief.

Soglo fut remplacé par Adrien Houngbedji du PRD, 3eme au premier tour. Houngbedji fit constater les mêmes irrégularités que Soglo, et se retira. Ce fut le cas de presque tous les autres candidats, a l’exception d’Amoussou Bruno, 4eme au premier tour avec 4%, qui accepta de faire le jeu : jouer le match amical avec Kerekou, pour soi-disant, « sauver la démocratie » afin de conserver son poste au sein du gouvernement. On enchaine avec Vivi l’Inter, Neil Oliver, Madou et les autres : « Election, ce n’est pas la guerre, nous sommes tous des frères… ». Et ça y est, c’est la paix. A ceux qui tiennent à la vérité, on reproche de vouloir la guerre. C’est Béninois. On parle toujours d’une paix qui exclut toute notion de vérité. Je n’étais ni du PRD ni de la RB, mais je savais que ça sentait mauvais. Le danger, c’est que conscience sociale assimile ce genre de comportement quitte à reproduire le modèle à tout moment, et souvent de façon très cacophonique. A l’époque, j’étais professeur des lycées et j’ai fait savoir à mes élèves qui voulaient avoir mon avis sur l’actualité politique, que notre drôle de paix, nous prépare un retour de manivelle fatal. Et pour moi, c’était clair. Je voyais la fin du consensus de 90. C’était la première fois que j’ai prié et médité pour le Benin.

10 ans après 2001, 2011, le laboratoire Yayi de la fraude électorale a produit un virus anti-démocratie encore plus nocif. Les thuriféraires du régime l’avaient appelé K.O. Les vautours vociféraient du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, rien que pour faire l’apologie du mal. En 2011, je n’avais même pas de candidat, mais je regardais la mort dans l’âme toutes ces centaines de milliers de Béninois, privées de carte d’électeur, parce qu’ils étaient dans des circonscriptions électorales réputées hostiles aux FCBE. Et après, il y a eu des scènes de violence à Porto Novo le jour du scrutin. Même scenario qu’en 2001 : On enchaine avec Neil Oliver, Vivi l’Inter, Madou et les autres : « Élection, ce n’est pas la guerre, nous sommes tous des frères… ». Et ça y est, c’est la paix. On reproche à ceux qui tiennent à la vérité de vouloir la guerre. C’est Béninois. Aujourd’hui, on est presque tenté de se réjouir de voir Yayi face aux vicissitudes du karma. Mais, ce serait de la diversion. Il vaut mieux se concentrer sur la tragédie d’aujourd’hui.

2019, rien qu’en prélude à la calamité de 2021 (je vous laisse y penser), vous voyez déjà ce qui se passe aujourd’hui. Les jets d’eau ne suffisent plus. Des militaires tirent sur des manifestants qui protestent contre la dictature et l’imposture. Et quand on fait le tour des réseaux sociaux, on tombe sur des postes ahurissants. On accuse tout le monde sauf ceux qui ont retiré au peuple furieux le droit de voter pour leur représentant à l’Assemblée Nationale. On lit des beuglements incroyables. On accuse l’opposition d’incitation à la violence. J’en ai même lu un qui s’en prend aux Béninois de la diaspora qui sont les instigateurs de la violence, comme si c’était eux qui avaient créé le fameux subterfuge du certificat de conformité qui ne figure nulle part dans la loi électorale. On oublie que les vrais instigateurs qui sont au pouvoir sont aussi des Béninois de l’extérieur, puisque la plupart ont double nationalité, y compris le Chef de l’État qui est aussi Français. Ils seront les premiers à vous laisser dans la merde si jamais les seigneurs internationaux de la guerre s’y mêlaient. Ils n’iront pas se mettre dans leur gite pour attendre comme Gbagbo qui n’avait qu’un seul pays.

Nous sommes dans une situation où seule la vérité pourra nous sauver. Ce qui se passe aujourd’hui est révélateur du fait que le mensonge et l’hypocrisie sont en train d’atteindre leur apogée. Notre planète est à l’ère du verseau. Les peuples incapables de vibrer à un niveau de conscience qui valide la vérité vont couler. Le Soudan et l’Algérie tendent actuellement vers ce niveau. Aussi douloureux que cela puisse paraitre, Talon est en train de pousser le Béninois à atteindre ce niveau de conscience, malheureusement dans la douleur extrême. Et le jour où ce peuple aura atteint ce niveau, les citoyens du niveau vibratoire de Talon et Yayi ne seront plus jamais candidats, même pas à une élection locale. Le poste de chef de l’État est d’essence fondamentalement spirituel. Je ne dis pas qu’il nous faut des ascètes, mais il y a le minimum d’élévation spirituelle qu’il faut pour sentir les choses venir, s’élever raisonnablement au-delà de la matière pour comprendre que « mens agitat molem ». En tout cas, cette forme de spiritualité dont je parle, ce n’est pas une affaire de loge maçonnique. Je ne vais pas dire plus.

En conclusion, je suis vraiment peiné de ce qui arrive à notre beau pays, mais je ne suis pas surpris. Je m’y attendais depuis 2001. Mon approche relève totalement du déterminisme social. Je ne crois pas au hasard. Nous l’avons préparé cette crise. Arrêtons de battre l’herbe pendant que la vipère est là devant nous. Pour sauver l’avenir de vos enfants, arrêtez de rechercher cette fausse paix, les quelques millions que vous allez amasser à supporter le mensonge vont partir en fumée, et vous allez passer vos vieux jours à enterrer vos enfants. Nous avons atteint le niveau où cette paix que nous désirons de tous nos vœux, nous ne l’aurons que dans la vérité. Continuer sur cette lancée et installer cette législature de 83 malfrats ne contribuera qu’à briser le Bénin en mille morceaux qu’on ne pourra plus recoller. Si vous n’avez qu’un seul Bénin, sauvez-le dans la vérité. Autrement, vous ne faites qu’administrer du suppositoire à un cancéreux en phase terminale en attendant sa mort certaine. J’ai fini.

Christophe Assogba, Journaliste, Docteur en histoire.

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