Supplique à Monsieur Talon Pour une Dictature sans Théâtre

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Monsieur Talon, jusqu’à preuve du contraire, je suis Béninois. Ne me prenez pas pour le le citoyen d’un pays de cons. Nous sommes un pays pauvre où vous êtes en train d’étrangler la Démocratie chèrement conquise, au prix parfois de lourds sacrifices. Un pays pauvre sans grandes ressources, vivant en partie de l’aide étrangère, c’est-à-dire des contribuables des pays donateurs.

Des élections vont avoir lieu, où vous avez pris soin d’interdire bureaucratiquement et non moins politiquement les partis qui ne dansent pas au son de votre musique totalitaire. Comme l’a dit récemment Monsieur  Dossou l’ancien Président de la Cour Constitutionnelle, votre action a le mérite de la clarté : vous assumez l’assassinat de la Démocratie.

Mais eu égard à la pauvreté de notre pays, que dis-je, la misère qui saute aux yeux dans nos villes et campagnes, pourquoi gaspiller nos maigres ressources pour un tel théâtre ? Est-ce vraiment nécessaire de faire des élections sans enjeu et sans suspens ?

Si les deux clubs électoraux siamois qui vous tiennent lieu de partis n’ont pas voulu faciliter  le consensus censé rendre les élections inclusives – avoir même à supplier pour l’inclusivité d’élections législatives, n’est-ce déjà pas le comble de l’absurdité politique ? – ils peuvent sans aucun doute voter une loi spéciale de nomination directe des membres de la future Assemblée. Cette mesure n’est pas plus contraire à l’esprit de la constitution que l’exclusion pure et simple des partis de l’opposition des élections législatives. Tout peut se faire au parlement en une journée. Et le pays n’en sortira pas moins grandi que dans l’opération à laquelle vous vous préparez et que pince sans rire vous appelez élections. A la différence de taille que le pays conservera les milliards que vous avez déjà commencé à dépenser en pure perte au nom d’une supercherie électorale qui n’a d’élection que de nom.

S’il vous plaît, Monsieur Talon, arrêtez la comédie. Il y a de part le monde des théâtres pour la Divine Comédie, mais un pays pauvre d’Afrique n’a pas les moyens de se payer un théâtre pour la Diabolique Comédie Antidémocratique. Elle coûte trop chère pour des résultats ineptes et sans enjeu.  Si vous assumez la dictature que vous abattez sur le pays, allez plus loin  encore, assumez votre volonté de faire du parlement mono-colore que vous préparez activement la caisse de résonance de votre gouvernement.  Nommez les membres de la future assemblée comme vous nommez les préfets et autres délégués du gouvernement.

Avec l’argent ainsi économisé, nous pouvons construire ou réparer des écoles et hôpitaux, pour le plus grand bien du pays. Une Dictature dans théâtre vaut mieux qu’une dictature qui se drape dans les oripeaux onéreux de la Démocratie…

Aminou Balogun

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