Révolte contre le Pouvoir : Du Ras le Bol à l’Exigence de Responsabilité

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Dans les révoltes et révolutions populaires, en Afrique, le discours classique est celui de l’exigence du départ du Président/dictateur/despote… Au cours de ce qu’on a appelé le printemps arabe, le mot « dégage » a été mis à l’honneur. Il exprimait le désir du peuple de voir les autocrates partir du pouvoir.  En Afrique noire aussi, nous ne demandons pas mieux que nos dirigeants suprêmes dégagent, s’en aillent, quittent le pouvoir. Car ils ont tellement investi le pouvoir, y ont mis tout leur grappin dessus, en jouissent et s’ont tellement incrustés que la lutte devient celle de comment faire pour les déraciner, tandis qu’ils font tout pour rester. Et, lorsqu’on parvient à les enlever du pouvoir  on est si fou de joie qu’on ne fait aucun cas du sort des présidents déchus, parce que l’on considère qu’il ont reçu la punition suprême du seul fait qu’il ont été enlevés du pouvoir. Or quand ils étaient au pouvoir nous leur reprochions mille et un crimes, mille et une exactions mille et un vols, mille et un viols, etc. Tout se passe comme si nous serions prêts à laisser filer un criminel.

Sommes-nous vraiment des Démocrates si notre seul souci est de voir partir du pouvoir un homme qui a commis des crimes monstrueux dans l’exercice de son pouvoir ?  Il est permis d’en douter, car l’un des principes de base de la démocratie c’est la responsabilité ce qu’on appelle en anglais « accountability », expression qui dit exactement ce qu’elle signifie, à savoir la nécessité de rendre compte.

Dans la vidéo ci-dessus, prise au cours de la marche de protestation populaire contre  la tentative malicieuse du pouvoir de la Rupture d’éliminer l’opposition des élections législatives du 28 avril 2019, l’intervenant, bien que trépidant de colère, traduit bien par son discours l’exigence d’un vrai démocrate. Il dit que Talon ne peut et ne doit fuir nulle part, que le peuple a bouché toutes les issues et qu’il ira droit en prison. Propos de révolté, certes. Il ne s’agit pas forcément d’aller en prison, mais d’abord et avant tout de faire face à sa responsabilité, et de répondre des crimes éventuels qu’il aurait commis, dans le respect de la présomption d’innocence. En tout cas, cette perspicacité dans la révolte, ce souci de ne plus se suffire du simple « dégage » montre bien que le discours populaire de la révolte contre nos dictateurs est en train de changer. De populaire, la révolte devient de plus en plus démocratique.

Adenifuja Balogun

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