Black Friday : Question de Prix et de Mépris du Noir

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Un Jeune Noir Africain débouté de sa demande d’exil en France a fait une tentative de suicide en direct au tribunal de la porte de Clichy à Paris. L’événement n’a pas connu un grand écho dans le pays.  Rien dans la presse ou presque, en dehors de Libé qui en a fait état brièvement. Les autres journaux : le Monde, le Figaro, le Parisien, etc. observent sur ce drame un silence de mort. Certains chiens écrasés produisent parfois plus d’effet. Un jeune juif excédé par l’antisémitisme grandissante en France aurait tenté de se suicider que la nouvelle aurait été plus digne d’être mise sur la place publique. Elle aurait suscité un tollé générale. Toute la presse et ses ténors en auraient fait leur une et leur cause humanitaire bien pensante.

Dans le même ordre d’idée, le système consumériste capitaliste, dans sa folie d’abrutissement de l’humain, et au mépris de l’inégalité criante sur laquelle elle se fonde, vient de célébrer ce qu’ils appellent sans vergogne ni prudence « Black Friday » en dépit des origines douteuses de cet événement, qui n’est pas sans rappeler l’étymologie tragique d’une autre tradition consumériste qui porte le nom de pic-nique. Certes, par rapport à l’origine du Black Friday, pour ne pas culpabiliser les foules de consommateurs qui ne demandent qu’à consommer en paix, les hérauts du système sont envoyés au front pour donner des explications historiques rassurantes, et renvoyer dans le délire et la théorie du soupçon toute référence à la traite négrière. Comme si cette référence n’était pas plausible et ne renvoyait pas logiquement à la noirceur historique  du système capitaliste occidental, dont la traite négrière et l’esclavage des Noirs dans les Amériques étaient à la fois l’un des piliers forts et le rouage principal. Comme si, pendant le black Friday où les capitalistes vendaient les « produits normaux » en discount, des vendeurs d’esclaves ne pouvaient pas aussi vendre leurs nègres en surnombre. Bref, une explication spécieuse qui s’inscrit dans la culture de dénégation  de l’horreur négrière et du mépris des Noirs.

On aurait eu une manifestation qui célébrerait la nuit de cristal sous une forme cyniquement commerciale que ce serait le tollé, le crime de lèse-humanité par excellence.

En fait, comme du temps de l’esclavage, et en raison du fait que le Noir continue à être la viande que le Blanc mange dans son assiette cannibale,  le Noir continue d’être repoussé en dehors des frontières de l’humanité. Ce qui suscite l’émoi ou le respect pour le Blanc dans toutes ses variétés ( Européens, Arabes, Asiatiques…) ne suscite qu’indifférence ou mépris quand c’est le Noir qui est concerné. Pire encore, on espère que l’animalité attribuée au Noir sans demander son avis le conduirait à être dupe de la falsification de certains aspects de son histoire douloureuse.

En conclusion, l’enfer pluriséculaire du Noir continue. Qu’attendons-nous que les Blancs, nos saigneurs historiques, disent dans leur presse la vérité sur notre malheur dont ils sont la cause ! A nous de construire notre propre valeur, et le respect suivra !

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Adenifuja Bolaji

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