Ouattara et Zinsou : Essai sur une Source Idiote des Désordres Africains

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Bien de désordres et conflits inutiles mais fratricides en Afrique sont provoqués par les chefs d’Etat pour des raisons tenant  à leur fantaisie, à la griserie du pouvoir solitaire et autocratique, à ce sentiment  de toute puissance les conduisant à agir au mépris de toute mesure ou norme.

Par exemple, en Côte d’Ivoire, Houphouët Boigny nomme Premier ministre le burkinabè Ouattara sous prétexte qu’il est un technocrate ouest-africain capable d’insuffler un dynamisme nouveau à l’économie ivoirienne, à l’époque  où le FMI et la Banque Mondiale  faisaient la pluie et le beau temps politique en Afrique.

On sait où a conduit cette fantaisie du prince. La montée en puissance ou en épingle de l’argument de l’exclusion ethnique, les manipulations politiques et coups d’Etat, la guerre civile, et enfin, le recul de l’indépendance ivoirienne qui avec Gbagbo avait commencé à avoir un début de contenu, le retour en force de la France, qui a plus que jamais remis le grappin sur son pré-carré ivoirien.

De même au Bénin, sous prétexte qu’il s’appelle Zinsou, Yayi Boni nomme Premier ministre un Français nostalgique de la Conférence de Berlin qui  pendant ses exercices d’inspiration idéologique les plus délirantes disait volontiers que l’Afrique – donc aussi le pays dont il sera Premier Ministre —  appartient à l’Europe. Ce faisant, Yayi Boni a pris le risque de faire regarder le Bénin d’un œil curieux par ses voisins africains et par le monde entier.  Au moment où Kadhafi venait de payer de sa vie l’indépendance de l’Afrique, quel est ce pays qui se plaît à exhiber un Français comme son Premier ministre, se disaient beaucoup d’Africains perplexes et inquiets. Nombre de Béninois qui n’ont pas été nourris au lait de l’aliénation, déboussolés se demandaient si leur pays était le même où naquit  Béhanzin, ce grand héros de la résistance à la conquête coloniale.

De fil en aiguille, ayant goûté au vin délicieux du pouvoir, à l’instar de Ouattara, le Français voulut s’enivrer davantage. Soutenu par son mentor et inventeur politique, il se présenta à l’élection présidentielle sous les couleurs de son parti, au mépris de tous ceux qui, qualifiés, étaient en droit et en capacité de le faire avant lui. Préférence impaire et humiliante, s’il en est.

Par cette décision arbitraire découlant du bon vouloir d’un homme au mépris de la concertation politique dans son camp, Yayi Boni a poussé la majorité des Béninois épris de leur indépendance dans les bras douteux de Talon. A tort ou à raison, la figure de néo-gouverneur de Zinsou leur rappelait trop le spectre de la colonisation pour qu’ils s’aventurent à l’élire à la tête de leur pays.

La suite de cette fantaisie du prince, nous le savons : le Bénin est tombé dans le piège de la mafia de Talon, un homme d’affaires prédateur qui aspirait au pouvoir présidentiel afin de restaurer et parachever méthodiquement sa main basse sur les secteurs les plus juteux de l’économie du pays. Les Béninois regrettent leur choix et se culpabilisent, mais le vrai coupable se sait et se terre. Comme Houphouët Boigny en son temps, Monsieur Yayi Boni n’était pas obligé d’amener Zinsou à ce niveau élevé de la vie politique de son pays. Le rôle de conseiller financier du président qu’assumait Zinsou était largement suffisant à l’expert financier qu’il était.

L’hubris du pouvoir et le mépris des normes par nos dirigeants sont souvent à l’origine de nos malheurs en Afrique. Pour mettre fin à ces dérives, la démocratie en Afrique doit être plus collective et participative dans tous les secteurs et aspects de la vie publique.

Adenifuja Bolaji

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2 commentaires

  1. Vous annoncez un essai, vous écrivez une petite dissertation. Ne méprisez pas le lecteur en lui servant une réflexion dont on retrouve trace ailleurs dans vos articles précédents. C’est décevant.

    • Je comprends votre déception, bien qu’elle évite soigneusement son étiologie idéologique, trahie sous le refuge commode de la critique formelle. Le mot essai ici est à prendre au sens anglo-saxon du terme. Et le fait que ces idées ont été plus ou moins évoquées auparavant sur ce Blog n’y change rien car un essai n’est pas une nouvelle, pour rester dans le registre des formes de production littéraire qui est la raison de votre curieuse déception…

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