
Talon est une caricature de la confiscation de l’économie d’une nation et de la personnalisation du pouvoir politique. En cela, la fameuse formule « l’Etat c’est moi ! » que l’on prête à Louis XIV lui va comme un gant noir mais à l’envers et devient : « la Corruption, c’est moi !»
Dans la même veine de référence à l’histoire de France, le pays de son ancêtre, parodiant Sieyès, à propos du tiers-état, on peut dire : « Qu’est Patrice Talon sans l’Etat ? – Rien ! Qu’est-il grâce à l’Etat ? – Tout ! »
En effet, tout le monde sait la mainmise léonine de ses affaires sur la vie économique du Bénin – du coton au port en passant par les intrants et des kyrielles de sociétés dont en dépit de son statut de Chef d’Etat, il demeure actionnaire unique sinon l’administrateur plus ou moins caché.
Mais curieusement, en tant que chef de gouvernement qui prétend lutter contre la corruption – ce qui en soi est déjà une absurdité – les seules personnes que sa justice aux ordres inquiète, harcèle et poursuit sont ceux qui refusent de lui faire allégeance, s’opposent à sa gouvernance pilleuse, ou l’inquiètent quant à la sécurité présente et à venir de ses affaires.
Mais tout se tient, quoiqu’ils ne soient pas forcément ni toujours des saints, les oiseaux que le grand aigle de haut vol inquiète sont ceux qui ne volent pas dans le même sens que lui…
Aminou Balogun
