Afrique, Éthique de la Discipline et Intelligence Collective

blog1

Dans son célèbre « Voyage au bout de la Nuit », en une analyse psychologique d’une ironie assassine,  Céline dit que ce que le Blanc fait spontanément pour ne pas dire mécaniquement, le Noir n’accepte de le faire qu’à coup de chicotes. Entre autres références explicites, il critiquait la barbarie des colons blancs à l’endroit des Noirs travaillant à la construction du chemin de fer Congo-Océan. Cette référence faisait écho aux révélations d’un autre écrivain Célèbre, André Gide,  qui, dans « Voyage au Congo » stigmatisait l’inhumanité des conditions de travail imposées aux Noirs par les sociétés concessionnaires avec la bénédiction du système colonial.

Céline ramène ces dispositions contraires des Noirs et des Blancs sur le terrain éthique de l’esprit de discipline. Le Blanc serait discipliné, et le Noir ne le serait pas. Au-delà de ses relents racistes, l’Analyse de Céline ne manque pas de pertinence. Aujourd’hui, 60 ans après les indépendances,  en Afrique ou dans la diaspora, quand on observe d’une manière finement éthologique le comportement des Noirs pris dans le marais de l’aliénation, on voit qu’il brille par l’indiscipline ; et celle-ci est souvent tenue par le Noir comme le nec plus ultra de l’intelligence et de la liberté,  de cette égalité universelle qu’il est censé avoir en partage avec le Blanc.

Pourtant, malgré  leur culte de l’individualisme arque-bouté à l’esprit de controverse, les Blancs – toutes nations confondues – sont disciplinés.  Les Asiatiques le sont encore plus. Au Japon, société du conformisme par excellence, le précepte selon lequel  tout clou qui dépasse doit être enfoncé est toujours de rigueur. Le confucianisme qui a imprégné les mentalités de nombres de peuples asiatiques a été longtemps et reste le cadre idéologique et politique de cette idée de discipline.

Sachant que les peuples qui parviennent à tirer leur épingle du jeu se retrouvent comme par hasard parmi ceux qui  valorisent la discipline et en ont fait leur  principe de base, force est d’admettre que la discipline n’est pas seulement un  principe éthique mais il est aussi méthodologique. En clair, la discipline a partie liée à l’intelligence collective. Est-ce par défaut ou insuffisance de cette faculté que les sociétés africaines modernes apparaissent comme les plus indisciplinées du monde ? Est-ce pour cela que les Africains instruits ou aliénés – ce qui revient au même – pour un oui ou pour un non, s’entre-déchirent en invoquant des notions de liberté, d’égalité et d’autres valeurs illusoires du même tonneau que leurs promoteurs originaux, les Blancs, n’ont jamais eu à cœur de respecter ou d’appliquer aux autres, bien qu’ils les qualifient d’universelles  ?

Adenifuja Bolaji

copyright5

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s