Zinsou, Yayi et Talon : le Bon, la Brute et le Truand

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Que retenir de l’accusation d’escroquerie dont Zinsou et Yayi font l’objet de la part du milliardaire burkinabè Mamadou Bonkoungou ?

Selon les termes de l’accusation, il apparaît qu’ayant miroité la vente de ses actions dans une société dont il était actionnaire, Zinsou, épaulé par Yayi, aurait emprunté la bagatelle de 15 milliards CFA chez le plaignant. Et, par la suite, Zinsou qui entre-temps a perdu les élections présidentielles, est devenu miraculeusement insolvable, ou pire, refuse d’honorer sa dette. Refus d’autant plus délibéré que, à en croire le plaignant, les fonds qui devaient servir à rembourser la dette auraient été dissipés.

Dans ces conditions, il s’agit comme le qualifie l’accusation, d’une « escroquerie aggravée » et aussi, puisque Yayi Boni est dans le coup, d’une « complicité d’escroquerie aggravée ». Mais, malgré sa flagrance,  le délit n’est pas prémédité. Cela prouve quoi ? Que le candidat à l’élection présidentielle comptait moins sur une hypothétique vente de ses actions pour rembourser sa dette que sur les facilités du pouvoir que lui conférerait, le cas échéant  son statut de Chef de l’Etat. La méthode n’est pas nouvelle. Son mentor Yayi Boni en avait usé dans son accession spectaculaire au pouvoir présidentiel. Raison pour laquelle il a intercédé en faveur de son poulain auprès du milliardaire burkinabé ; en fait, ce  dernier n’est pour Zinsou que ce que Talon a été pour Yayi Boni lui-même. Avec les conséquences que l’on sait.

Au total Zinsou n’avait nullement l’intention de payer de sa propre poche le coût de la campagne électorale dont il escomptait qu’elle aboutirait à son élection à la Présidence du Bénin. Ce coût, dans sa démarche éthique et politique, c’est le peuple lui-même qui devait le supporter. L’élection de Talon a fait échouer la manœuvre, et les deux compères se retrouvent à nu sinon dos au mur. Si Zinsou, le soi-disant intello, s’entête à ne pas payer des sommes qu’il a empruntées en plein jour et devant témoins, c’est peut-être qu’en son for intérieur il juge que l’addition ne lui incombe pas ; qu’il a bossé pour le peuple béninois, se proposait de bosser pour lui, qu’il s’est offert pour présider à ses destinées, et que dans ces conditions, c’est au peuple de payer le coût de sa bonne volonté, de régler la note de son projet sacrificiel qui a le mérite d’avoir été élaboré.

Cela dit, qu’on n’aille surtout pas penser que le pays, le peuple béninois l’a échappé belle ; car, dans les conditions éthiques et politiques de notre démocratie, quel qu’il soit, le vainqueur des élections en fait toujours payer la note au peuple.

Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir l’esprit et la lettre des actes de gouvernance de M. Talon, l’ex-homme d’affaires devenu Président… Dans cette affaire, les trois héros éponymes du célèbre film de Sergio Leone sont bien représentés ; mais bien malin qui dira qui est le bon, la brute ou le truand…

Adenifuja Bolaji

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