Bénin, le Show de Yayi Boni : Ce que je Déteste le Plus

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Ce que je déteste chez Yayi Boni c’est l’obsession et la valorisation du tribalisme qui chez lui confinent au racisme. Un travers qu’il met ostensiblement en scène dans une geste politique aussi surannée que passionnée.
Dans son show de comeback, l’homme qui est de loin ou de près, fût-ce à son corps défendant, responsable de l’accession au pouvoir de Talon que plus d’un Béninois, après s’y être résous, vomissent aujourd’hui, organise le congrès de son parti à Parakou.
Le choix de Parakou n’est pas un hasard. Il figure cette perception idéologique, chère à Yayi,  d’une représentation de la nation clivée entre « eux et nous », ce qu’il appelait naguère « les miens du pays profond ». Parakou, fief politique, domaine identitaire polémique, capitale de ce nord imaginaire et mouvant, à cheval entre ses Collines maternellement nago et les sables chauds de Malanville qui annoncent les rives obscurément paternelles du Niger…
Et deuxième étape dans cette geste tribaliste obsessive placée sous le signe du sang et de la tribu, pour nouer le lien ethnique de cette région imaginaire faite de bric et de broc, le voilà débarquant à Kétou. Kétou, pays nago par excellence où, paraît-il, le Banquier Yayi aurait claqué 20 millions – on imagine honnêtement prélevé des miettes de ce salaire qu’il prétend n’avoir jamais perçu… Le prétexte était tout trouvé :  présenter ses condoléances à la cour royale de Kétou suite à la disparition, il y a plus d’un mois, de Sa Majesté Alaro Aladé Ifè. Mais derrière ce prétexte de circonstance, le choix de Kétou correspond à d’autres résonances plus trivialement politiques.
Concédons même que, pour des raisons logistiques et politiques, l’étape de Parakou soit nécessaire ou inévitable, pourquoi le deuxième périple de Yayi le conduit-il à Kétou, si ce n’est une mise en scène ostensible de son discours confusément régionaliste ? Pourquoi, après le congrès de Parakou n’a-t-il songé, avant l’étape de Kétou, dans un geste d’équilibre, par exemple rendre visite à un roi du Mono ou du Couffo, si tant est que, comme chacun sait, il déteste ceux d’Abomey dont, selon ses propres dires, les ancêtres vendaient les Nago ?
Non, au-delà du prétexte des condoléances, il fallait boucler la boucle tribaliste de la geste régionaliste chère à la représentation de la politique par Yayi Boni. Une politique qui, sous prétexte d’identité ou de mémoire, oppose des Béninois à d’autres Béninois sur la base d’interprétations anachroniques de l’histoire, de la géographie et de la culture ; une représentation qui oppose des Africains à des Africains… Une représentation qui dans ce 21 ème siècle avancé, caresse les plus bas instincts des gens, fait le lit de la division nationale, de l’injustice et du régionalisme comme on a pu le voir tout au long de son règne psychédélique de 10 ans !
C’est un tel personnage d’une bassesse inénarrable, qu’à court de héros, il est vrai dans une situation nationale préoccupante, et comme frappés par une pathétique amnésie, certains applaudissent derechef…

Qu’est-ce que je déteste le plus dans cette histoire ? : Yayi Boni ou ceux qui applaudissent sa résurrection loufoque placée sous le signe glauque de la tribu?

Aminou Balogun

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